Éducation Nationale Française · Terminale Complémentaire
Limites et continuité
I
La fonction exponentielle
I.1
Définition de la fonction exponentielle
Définition — Fonction exponentielle
Il existe une unique fonction \(f\) dérivable sur \(\mathbb{R}\), appelée fonction exponentielle et notée \(\exp\), telle que : - \(f'(x) = f(x)\) pour tout \(x \in \mathbb{R}\) (la fonction est égale à sa propre dérivée).
- \(f(0) = 1\).

Compétences à pratiquer
- Appliquer la définition de la fonction exponentielle
I.2
Sens de variation de la fonction exponentielle
Proposition — Variations
La fonction exponentielle est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\). 
Compétences à pratiquer
- Étudier le signe et les variations de fonctions avec l'exponentielle
II
Limite en l'infini
II.1
Limite finie en l'infini et asymptote horizontale
Les limites à l'infini décrivent le comportement à l'infini d'une fonction. Lorsque \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = L\) (ou \(\displaystyle\lim_{x \to -\infty} f(x) = L\)), la droite \(y=L\) est une asymptote horizontale de la courbe.
Définition — Limite à l'infini
Une fonction \(f\) a pour limite \(L\) lorsque \(x\) tend vers \(+\infty\) si les valeurs de \(f(x)\) sont aussi proches que l'on veut du réel \(L\) dès que \(x\) est suffisamment grand. On écrit :$$ \textcolor{colordef}{\lim_{x \to +\infty} f(x) = L}\quad\text{ou}\quad\textcolor{colordef}{f(x) \xrightarrow[x \to +\infty]{} L}. $$ 
Définition — Asymptote horizontale
La droite \(y=L\) est une asymptote horizontale de la courbe de la fonction \(f\) si l'une des deux conditions suivantes est vérifiée :$$ \lim_{x \to +\infty} f(x) = L \quad \text{ou} \quad \lim_{x \to -\infty} f(x) = L $$ 
Exemple
La courbe \(\mathcal{C}\) ci-dessous est celle d'une fonction \(f\) définie sur \(]-\infty\,;\,0[ \cup ]0\,;\,+\infty[\). Lire les limites de \(f\) en \(+\infty\) et en \(-\infty\), et donner l'asymptote horizontale de \(\mathcal{C}\).
Lorsque \(x\) prend des valeurs de plus en plus grandes, les points de \(\mathcal{C}\) se rapprochent de plus en plus de la droite en pointillés \(y = 1\), par au-dessus : les valeurs \(f(x)\) sont aussi proches que l'on veut de \(1\) dès que \(x\) est assez grand. Donc \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} f(x) = 1\). De même, lorsque \(x\) prend des valeurs de plus en plus petites, les points de \(\mathcal{C}\) se rapprochent de plus en plus de la même droite, par au-dessous : \(\displaystyle \lim_{x \to -\infty} f(x) = 1\). La droite \(y = 1\) est asymptote horizontale à \(\mathcal{C}\) en \(+\infty\) et en \(-\infty\).
Compétences à pratiquer
- Conjecturer une limite en l'infini
II.2
Limite infinie en l'infini
Définition — Limite infinie en l'infini
Soit \(f\) une fonction définie sur un intervalle \([a\,;\,+\infty[\). La fonction \(f\) a pour limite \(+\infty\) lorsque \(x\) tend vers \(+\infty\) si tout intervalle \(]A\,;\,+\infty[\) (avec \(A\) un réel) contient toutes les valeurs \(f(x)\) pour \(x\) assez grand, c'est-à-dire pour tous les \(x\) supérieurs à un certain réel \(x_A\). Autrement dit, \(f(x)\) peut être rendu aussi grand que l'on veut en prenant \(x\) assez grand. On note : $$\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.$$
Compétences à pratiquer
- Étudier numériquement des limites infinies en l'infini
III
Limite en un réel
III.1
Limite finie en un réel
Le philosophe grec Zénon d'Élée a soutenu que le mouvement était impossible. Dans son paradoxe d'Achille et de la Tortue, Achille, le héros rapide, ne peut jamais rattraper une tortue lente partie avec de l'avance, car le temps qu'Achille atteigne le point de départ de la tortue, celle-ci a déjà avancé un peu plus loin. Quand Achille parcourt cette nouvelle distance, la tortue a de nouveau avancé. Ce processus se répète indéfiniment, ce qui semble suggérer qu'Achille ne peut jamais combler l'écart.
Ce paradoxe soulève un problème mathématique profond : comment traiter l'infiniment petit et l'idée de « s'approcher » d'une valeur ? Il a fallu plus de deux millénaires à des mathématiciens comme Augustin-Louis Cauchy et Karl Weierstrass pour formaliser la réponse avec la notion de limite. Une limite décrit la valeur dont une fonction « s'approche » lorsque sa variable se rapproche d'un certain point. C'est une notion fondamentale de l'analyse : elle permet de définir les dérivées et les intégrales.
Ce paradoxe soulève un problème mathématique profond : comment traiter l'infiniment petit et l'idée de « s'approcher » d'une valeur ? Il a fallu plus de deux millénaires à des mathématiciens comme Augustin-Louis Cauchy et Karl Weierstrass pour formaliser la réponse avec la notion de limite. Une limite décrit la valeur dont une fonction « s'approche » lorsque sa variable se rapproche d'un certain point. C'est une notion fondamentale de l'analyse : elle permet de définir les dérivées et les intégrales.
Définition — Limite
Une fonction \(f\) a pour limite \(L\) en \(a\) lorsque les valeurs de \(f(x)\) sont aussi proches que l'on veut du réel \(L\) dès que \(x\) est suffisamment proche de \(a\), avec \(x \neq a\), des deux côtés. On écrit :$$ \textcolor{colordef}{\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = L}\quad\text{ou}\quad\textcolor{colordef}{f(x) \xrightarrow[x \to a]{} L}\quad\text{ou}\quad\textcolor{colordef}{\text{quand } x \to a,\ f(x)\to L}$$
L'essentiel : une limite décrit le comportement d'une fonction au voisinage d'un point, et non en ce point. La valeur de \(f(a)\), et même son existence, n'ont aucune influence sur la limite.
On considère la fonction \(f(x) = \dfrac{x^2-1}{x-1}\). En \(x=1\), la fonction n'est pas définie. Cependant, pour tout \(x \neq 1\), on peut simplifier :$$ f(x) = \dfrac{(x-1)(x+1)}{x-1} = x+1. $$ La courbe de \(f\) est la droite \(y=x+1\) privée du point d'abscisse \(1\) (un « trou »). Lorsque \(x\) se rapproche de \(1\), des deux côtés, \(f(x)\) se rapproche de \(2\). Donc \(\displaystyle\lim_{x \to 1} f(x) = 2\), bien que \(f(1)\) ne soit pas défini. 
On considère la fonction \(f(x) = \dfrac{x^2-1}{x-1}\). En \(x=1\), la fonction n'est pas définie. Cependant, pour tout \(x \neq 1\), on peut simplifier :$$ f(x) = \dfrac{(x-1)(x+1)}{x-1} = x+1. $$ La courbe de \(f\) est la droite \(y=x+1\) privée du point d'abscisse \(1\) (un « trou »). Lorsque \(x\) se rapproche de \(1\), des deux côtés, \(f(x)\) se rapproche de \(2\). Donc \(\displaystyle\lim_{x \to 1} f(x) = 2\), bien que \(f(1)\) ne soit pas défini.

Compétences à pratiquer
- Étudier numériquement une limite en un réel
III.2
Limites à gauche et à droite
Définition — Limite à gauche, limite à droite
- La limite à droite, \(\displaystyle\lim_{x \to a^+} f(x)\), est la valeur dont \(f(x)\) s'approche lorsque \(x\) tend vers \(a\) par valeurs supérieures.
- La limite à gauche, \(\displaystyle\lim_{x \to a^-} f(x)\), est la valeur dont \(f(x)\) s'approche lorsque \(x\) tend vers \(a\) par valeurs inférieures.
Proposition — Existence d'une limite
Lorsque \(f\) est définie de part et d'autre de \(a\), la limite \(\displaystyle\lim_{x \to a} f(x)\) existe si et seulement si les limites à gauche et à droite existent et sont égales :$$ \displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = L \iff \displaystyle\lim_{x \to a^-} f(x) = L \text{ et } \displaystyle\lim_{x \to a^+} f(x) = L $$ Exemple
On considère la fonction définie par morceaux \(f(x) = \begin{cases} x, & x < 1 \\ x^2, & x \ge 1 \end{cases}\). La limite \(\lim_{x \to 1} f(x)\) existe-t-elle ?
Pour savoir si la limite existe, on calcule les limites à gauche et à droite et on vérifie si elles sont égales. 
- Limite à gauche : Quand \(x \to 1^-\), on utilise l'expression valable pour \(x<1\).$$ \lim_{x \to 1^-} f(x) = \lim_{x \to 1^-} (x) = 1 $$
- Limite à droite : Quand \(x \to 1^+\), on utilise l'expression valable pour \(x \ge 1\).$$ \lim_{x \to 1^+} f(x) = \lim_{x \to 1^+} (x^2) = 1^2 = 1 $$

Exemple
On considère la fonction définie par morceaux \(f(x) = \begin{cases} x+1, & x < 1 \\ x^2, & x \ge 1 \end{cases}\). La limite \(\lim_{x \to 1} f(x)\) existe-t-elle ?
Pour savoir si la limite existe, on calcule les limites à gauche et à droite et on vérifie si elles sont égales. 
- Limite à gauche : Quand \(x \to 1^-\), on utilise l'expression valable pour \(x<1\).$$ \lim_{x \to 1^-} f(x) = \lim_{x \to 1^-} (x+1) = 1+1 = 2 $$
- Limite à droite : Quand \(x \to 1^+\), on utilise l'expression valable pour \(x \ge 1\).$$ \lim_{x \to 1^+} f(x) = \lim_{x \to 1^+} (x^2) = 1^2 = 1 $$

Compétences à pratiquer
- Lire des limites à gauche et à droite sur une courbe
III.3
Limite infinie et asymptote verticale
Une fonction peut aussi avoir une limite infinie en un réel : ses valeurs deviennent aussi grandes que l'on veut en valeur absolue, en tendant vers \(+\infty\) ou vers \(-\infty\), lorsque \(x\) tend vers \(a\). Ces limites ne sont pas des nombres, mais la notation de limite décrit précisément ce comportement non borné, qui correspond à une asymptote verticale de la courbe.
Définition — Limite infinie
La notation \(\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = +\infty\) signifie que \(f(x)\) est aussi grand que l'on veut dès que \(x\) est suffisamment proche de \(a\), avec \(x \neq a\) (des deux côtés).De même, pour \(\displaystyle\lim_{x \to a} f(x) = -\infty\).
On dit alors que \(f\) diverge vers \(+\infty\) ou \(-\infty\) : la limite n'est pas un réel.
Définition — Asymptote verticale
La droite \(x=a\) est une asymptote verticale de la courbe de la fonction \(f\) si \(f(x)\) tend vers \(+\infty\) ou \(-\infty\) lorsque \(x\) tend vers \(a\), par valeurs inférieures ou par valeurs supérieures. 

Exemple
Étudier \(\displaystyle\lim_{x \to 0} \dfrac{1}{x^2}\).
L'expression \(\dfrac{1}{x^2}\) n'est pas définie en \(x=0\) ; cela ne suffit pas à conclure (voir \(\dfrac{x^2-1}{x-1}\) en \(1\)), on étudie donc les limites à gauche et à droite : 
- Quand \(x \to 0^+\), \(x^2\) est positif et proche de \(0\), donc \(\dfrac{1}{x^2} \to +\infty\).
- Quand \(x \to 0^-\), \(x^2\) est aussi positif et proche de \(0\), donc \(\dfrac{1}{x^2} \to +\infty\).

Compétences à pratiquer
- Étudier numériquement des limites infinies en un réel
- Lire des limites infinies sur une courbe : QCM
IV
Calculer une limite
IV.1
Limites de référence et opérations
Proposition — Limites de référence
Les limites suivantes des fonctions usuelles servent de base aux calculs : | Fonction | \(\mathbf{x \to -\infty}\) | \(\mathbf{x \to +\infty}\) | \(\mathbf{x \to 0^-}\) | \(\mathbf{x \to 0^+}\) |
| \(1/x\) | \(0\) | \(0\) | \(-\infty\) | \(+\infty\) |
| \(x^n\) (\(n \in \mathbb{N}^*\)) | \(+\infty\) (pair) / \(-\infty\) (impair) | \(+\infty\) | \(0\) | \(0\) |
| \(e^x\) | \(0\) | \(+\infty\) | \(1\) | \(1\) |
| \(\sqrt{x}\) | non définie | \(+\infty\) | non définie | \(0\) |
| \(1/\sqrt{x}\) | non définie | \(0\) | non définie | \(+\infty\) |
Les tableaux de valeurs et les graphiques aident à comprendre la notion de limite, mais ne sont pas un moyen efficace de la calculer. Les limites obéissent à des règles algébriques, les opérations sur les limites, qui permettent de les calculer directement.
La notation \(0^+\) et \(0^-\)
Lorsqu'un dénominateur tend vers \(0\), le savoir ne suffit pas pour conclure : la limite de \(\dfrac{1}{x}\) en \(0\) vaut \(+\infty\) à droite et \(-\infty\) à gauche. Lorsque le numérateur a une limite non nulle, c'est le signe du dénominateur au voisinage du point qui décide. On note $$g(x) \to \mathbf{0^+} \qquad \text{(resp. } g(x) \to \mathbf{0^-}\text{)}$$ lorsque \(g(x)\) tend vers \(0\) en restant strictement positif (resp. strictement négatif) au voisinage du point considéré. Alors, si \(f(x) \to L\) avec \(L > 0\) : \(\dfrac{f(x)}{g(x)} \to +\infty\) si \(g(x) \to 0^+\) et \(\dfrac{f(x)}{g(x)} \to -\infty\) si \(g(x) \to 0^-\) (et les signes opposés pour \(L < 0\)). C'est le sens de la règle des signes de la propriété « Opérations sur les limites ». Lorsque le dénominateur change de signe au point, on étudie séparément les limites à gauche et à droite, pourvu que son signe soit constant de chaque côté.
Proposition — Opérations sur les limites
Soient \(L\) et \(L'\) des nombres réels. Les tableaux suivants résument les règles de calcul des limites de sommes, de produits et de quotients, y compris avec l'infini. - Somme et produit :
\(\lim f(x)\) \(\lim g(x)\) \(\lim (f(x)+g(x))\) \(\lim (f(x) \times g(x))\) \(L\) \(L'\) \(L+L'\) \(L \times L'\) \(L\neq 0\) \(\pm \infty\) \(\pm \infty\) \(\pm \infty\) (règle des signes) \(\pm \infty\) \(\pm \infty\) \(\pm \infty\) (si même signe) \(\pm \infty\) (règle des signes) \(0\) \(\pm \infty\) \(\pm \infty\) Forme indéterminée \(+\infty\) \(-\infty\) Forme indéterminée \(-\infty\) - Quotient :
\(\lim f(x)\) \(\lim g(x)\) \(\lim \dfrac{f(x)}{g(x)}\) \(L\) \(L' \neq 0\) \(\dfrac{L}{L'}\) \(L\) \(\pm \infty\) \(0\) \(L \neq 0\) \(0^+\) ou \(0^-\) (dénominateur de signe constant) \(\pm \infty\) (règle des signes) \(\pm \infty\) \(L' \neq 0\) \(\pm \infty\) (règle des signes) \(0\) \(0\) Forme indéterminée \(\pm \infty\) \(\pm \infty\) Forme indéterminée
Limite en un réel où la fonction est définie
Pour les fonctions usuelles énumérées dans la méthode « Évaluation des limites » (fonctions polynômes et rationnelles, racine carrée, exponentielle, et les fonctions construites à partir d'elles par les opérations), la limite en un réel \(a\) de l'ensemble de définition est la valeur \(f(a)\). Cette propriété est admise ici : elle traduit que ces fonctions sont continues, notion étudiée avec la continuité.
Pour de telles fonctions, les seuls réels qui demandent une étude particulière sont ceux où la fonction n'est pas définie (un zéro du dénominateur, par exemple). En un bord de l'ensemble de définition, comme \(0\) pour la fonction racine carrée, la limite s'étudie du côté de l'ensemble de définition seulement.
Pour de telles fonctions, les seuls réels qui demandent une étude particulière sont ceux où la fonction n'est pas définie (un zéro du dénominateur, par exemple). En un bord de l'ensemble de définition, comme \(0\) pour la fonction racine carrée, la limite s'étudie du côté de l'ensemble de définition seulement.
Compétences à pratiquer
- Calculer des limites par opérations : QCM
- Calculer une limite en un réel où la fonction est définie
- Justifier des limites par les opérations
IV.2
Déterminer une limite et les asymptotes
Méthode — Évaluation des limites
- Calcul direct (lorsque \(a\) est un réel) : Lorsque \(a\) est un réel, on commence par remplacer \(x\) par \(a\) dans \(f(x)\) (en \(\pm\infty\), on utilise plutôt les opérations sur les limites et les termes dominants).
- Si l'expression est définie en \(x=a\) (pas de division par \(0\), pas de racine carrée d'un nombre négatif, etc.) et si la fonction est continue en \(a\) (cas des polynômes, des fonctions rationnelles dont le dénominateur ne s'annule pas, de \(e^x\), etc.), alors : $$ \lim_{x\to a} f(x)=f(a). $$
- Si l'expression n'est pas définie, ou si la fonction peut présenter une discontinuité, le calcul direct ne suffit pas : il faut transformer l'expression ou étudier les limites à gauche et à droite.
- Transformation de l'expression : Si le calcul direct aboutit à une forme indéterminée comme \(\dfrac{0}{0}\), on transforme l'expression en :
- factorisant et en simplifiant les facteurs communs (quand c'est autorisé) ;
- utilisant la quantité conjuguée (pour les expressions avec des racines carrées) ;
- réécrivant l'expression (mise au même dénominateur, mise en facteur des termes dominants, etc.).
Exemple
Calculer les limites suivantes : - \(\displaystyle\lim_{x \to 2} \frac{x^2-5x+6}{x-2}\) ;
- \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \frac{2x^2+5x}{3x^2-1}\) ;
- \(\displaystyle\lim_{x \to 0} \frac{\sqrt{x+4}-2}{x}\).
Chaque limite est une forme indéterminée : on transforme d'abord l'expression (la limite n'existe peut-être pas encore !), et on ne passe à la limite qu'une fois l'indétermination levée.
- Factoriser et simplifier (forme \(\frac{0}{0}\)) : pour \(x \neq 2\), $$\frac{x^2-5x+6}{x-2} = \frac{(x-2)(x-3)}{x-2} = x-3 \xrightarrow[x \to 2]{} -1.$$
- Termes prépondérants (forme \(\frac{\infty}{\infty}\)) : en factorisant par le terme prépondérant \(x^2\) en haut et en bas, puis en simplifiant, pour \(x \neq 0\), $$\frac{2x^2+5x}{3x^2-1} = \frac{x^2\left(2+\frac{5}{x}\right)}{x^2\left(3-\frac{1}{x^2}\right)} = \frac{\cancel{x^2}\left(2+\frac{5}{x}\right)}{\cancel{x^2}\left(3-\frac{1}{x^2}\right)} \xrightarrow[x \to +\infty]{} \frac{2+0}{3-0} = \frac{2}{3}.$$
- Quantité conjuguée (forme \(\frac{0}{0}\)) : en multipliant par \(\frac{\sqrt{x+4}+2}{\sqrt{x+4}+2}\), pour \(x \neq 0\), $$\frac{\sqrt{x+4}-2}{x} = \frac{(x+4)-4}{x\left(\sqrt{x+4}+2\right)} = \frac{1}{\sqrt{x+4}+2} \xrightarrow[x \to 0]{} \frac{1}{2+2} = \frac{1}{4}.$$
Attention : Le calcul direct est fiable pour les fonctions continues. En revanche, si une fonction présente une discontinuité (un « saut »), un trou, ou des formules différentes de chaque côté d'un point (comme une fonction définie par morceaux, par exemple \(f(x) = x + 1\) pour \(x < 1\) et \(f(x) = x^2\) pour \(x \geq 1\)), le calcul direct peut être trompeur. Il faut alors étudier les limites à gauche et à droite, ou transformer l'expression avant de conclure.
Méthode — Déterminer les asymptotes d'une courbe
Soit \(f\) une fonction construite à partir des fonctions usuelles et \(\mathcal{C}\) sa courbe. - Asymptote horizontale. Déterminer la limite de \(f\) en \(+\infty\) et en \(-\infty\), lorsque l'ensemble de définition s'y étend. Si \(f(x) \xrightarrow[x \to +\infty]{} \ell\) (un réel), la droite \(y = \ell\) est asymptote horizontale à \(\mathcal{C}\) en \(+\infty\) ; de même en \(-\infty\).
- Asymptote verticale. Déterminer la limite de \(f\) en chaque réel \(a\) où \(f\) n'est pas définie mais que l'on peut approcher depuis l'ensemble de définition (un zéro du dénominateur, par exemple), à gauche et à droite lorsque les deux côtés sont dans l'ensemble de définition. Si l'une de ces limites est \(+\infty\) ou \(-\infty\), la droite \(x = a\) est asymptote verticale à \(\mathcal{C}\).
- Position de la courbe. Étudier le signe de \(f(x) - \ell\) pour savoir si \(\mathcal{C}\) est au-dessus ou au-dessous de son asymptote horizontale.
Exemple
Soit \(f(x) = \dfrac{3x + 2}{x - 1}\) pour tout réel \(x \neq 1\), et \(\mathcal{C}\) sa courbe. Déterminer les asymptotes de \(\mathcal{C}\), puis la position de \(\mathcal{C}\) par rapport à son asymptote horizontale. - En \(+\infty\) et \(-\infty\). Le numérateur et le dénominateur tendent tous deux vers \(+\infty\) en \(+\infty\) (resp. vers \(-\infty\) en \(-\infty\)) : forme indéterminée. Pour \(x \neq 0\), on factorise par le terme dominant \(x\) : $$\begin{aligned} f(x) &= \frac{3x + 2}{x - 1} \\ &= \frac{x\left(3 + \frac{2}{x}\right)}{x\left(1 - \frac{1}{x}\right)} && \text{(on factorise par } x\text{)} \\ &= \frac{\cancel{x}\left(3 + \frac{2}{x}\right)}{\cancel{x}\left(1 - \frac{1}{x}\right)} && \text{(on simplifie)} \\ &= \frac{3 + \frac{2}{x}}{1 - \frac{1}{x}}. \end{aligned}$$ Comme \(\dfrac{2}{x} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 0\) et \(\dfrac{1}{x} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 0\), la règle du quotient donne \(f(x) \xrightarrow[x \to +\infty]{} \dfrac{3}{1} = 3\), et de même \(f(x) \xrightarrow[x \to -\infty]{} 3\). La droite \(y = 3\) est asymptote horizontale à \(\mathcal{C}\) en \(+\infty\) et en \(-\infty\).
- En \(1\). Le numérateur tend vers \(3 \times 1 + 2 = 5 > 0\). Le dénominateur \(x - 1\) tend vers \(0\) : il est strictement positif pour \(x > 1\) et strictement négatif pour \(x < 1\). Par la règle du quotient (règle des signes), $$\lim_{x \to 1^+} f(x) = +\infty \qquad \text{et} \qquad \lim_{x \to 1^-} f(x) = -\infty.$$ La droite \(x = 1\) est asymptote verticale à \(\mathcal{C}\).
- Position. Pour \(x \neq 1\), $$\begin{aligned} f(x) - 3 &= \frac{3x + 2}{x - 1} - 3 \\ &= \frac{3x + 2}{x - 1} - \frac{3(x - 1)}{x - 1} && \text{(même dénominateur)} \\ &= \frac{3x + 2 - 3x + 3}{x - 1} && \text{(on développe)} \\ &= \frac{5}{x - 1}. \end{aligned}$$ Ce quotient a le signe de \(x - 1\) : \(\mathcal{C}\) est au-dessus de la droite \(y = 3\) pour \(x > 1\) et au-dessous pour \(x < 1\).
Compétences à pratiquer
- Calculer des limites par simplification algébrique
- Calculer des limites en l'infini par simplification algébrique
- Lever des formes indéterminées
- Déterminer des asymptotes
IV.3
Composée et exponentielle en contexte
Proposition — Limites de la fonction exponentielle
Les deux lignes du tableau des limites de référence concernant la fonction exponentielle sont des énoncés démontrés : $$\lim_{x \to +\infty} e^x = +\infty \qquad \text{et} \qquad \lim_{x \to -\infty} e^x = 0.$$
Limite en \(+\infty\). Soit \(\varphi\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(\varphi(x) = e^x - x\). Elle est dérivable et \(\varphi'(x) = e^x - 1\). Comme la fonction exponentielle est croissante et \(e^0 = 1\) : \(\varphi'(x) \le 0\) pour \(x \le 0\) et \(\varphi'(x) \ge 0\) pour \(x \ge 0\). Donc \(\varphi\) est décroissante sur \(]-\infty\,;\,0]\) et croissante sur \([0\,;\,+\infty[\) : son minimum est \(\varphi(0) = e^0 - 0 = 1\). Ainsi, pour tout réel \(x\), \(\varphi(x) \ge 1 > 0\), donc \(e^x - x > 0\), c'est-à-dire $$e^x > x.$$ Comme \(x \xrightarrow[x \to +\infty]{} +\infty\) et \(e^x > x\), le théorème de comparaison donne \(\displaystyle \lim_{x \to +\infty} e^x = +\infty\). Limite en \(-\infty\). Pour tout réel \(x\), \(e^x = \dfrac{1}{e^{-x}}\). Quand \(x \to -\infty\), \(-x \to +\infty\), donc \(e^{-x} \xrightarrow[x \to -\infty]{} +\infty\) d'après la première partie. Par la règle du quotient (un quotient de numérateur constant et de dénominateur tendant vers \(+\infty\) tend vers \(0\)), \(\dfrac{1}{e^{-x}} \xrightarrow[x \to -\infty]{} 0\), c'est-à-dire \(\displaystyle \lim_{x \to -\infty} e^x = 0\).
Proposition — Limite d'une fonction composée
Soient \(a, L\) et \(M\) des nombres réels ou \(\pm\infty\).Si \(\displaystyle\lim_{x \to a} g(x) = L\) et si \(\displaystyle\lim_{X \to L} f(X) = M\), alors :$$ \lim_{x \to a} f(g(x)) = M. $$ Ce théorème est admis.
En pratique, pour déterminer la limite de \(f(g(x))\), on regarde d'abord vers quoi tend la partie « intérieure » \(g(x)\), puis on cherche la limite de \(f\) en ce résultat.
Exemple
Calculer \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} e^{\frac{1}{x}}\).
On décompose la fonction en une partie intérieure \(g(x)\) et une partie extérieure \(f(X)\) :
- Limite intérieure : \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{1}{x} = 0\).
- Limite extérieure : \(\displaystyle\lim_{X \to 0} e^X = e^0 = 1\).
Compétences à pratiquer
- Calculer des limites de fonctions composées
- Déterminer des limites avec l'exponentielle
IV.4
Comparaison et gendarmes
Pour montrer qu'une fonction tend vers \(+\infty\), il n'est pas nécessaire de l'encadrer par deux fonctions : il suffit de la minorer par une fonction plus simple dont la limite est déjà connue égale à \(+\infty\) (ou de la majorer, vers \(-\infty\)).
Proposition — Théorème de comparaison
Soient \(f\) et \(g\) deux fonctions définies au voisinage de \(+\infty\) telles que \(f(x) \geq g(x)\) pour tout \(x\) assez grand. - Si \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} g(x) = +\infty\), alors \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty\).
- Si \(f(x) \leq h(x)\) pour tout \(x\) assez grand et \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} h(x) = -\infty\), alors \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty\).
Exemple
Déterminer \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \left(x + \sin x\right)\).
Le calcul direct échoue : \(\sin x\) n'a pas de limite en \(+\infty\). Mais pour tout réel \(x\), \(\sin x \geq -1\), donc $$x + \sin x \geq x - 1.$$ Comme \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} (x-1) = +\infty\), le théorème de comparaison donne $$\lim_{x \to +\infty} \left(x + \sin x\right) = +\infty.$$
Certaines limites, en particulier avec des fonctions oscillantes comme \(\sin(1/x)\), ne se calculent ni directement ni par transformation de l'expression. On peut alors utiliser le théorème des gendarmes (ou théorème d'encadrement) : on encadre la fonction par deux fonctions plus simples ; si ces deux fonctions tendent vers la même limite, la fonction encadrée tend aussi vers cette limite.
Proposition — Théorème des gendarmes
On suppose que, pour tout \(x\) d'un intervalle ouvert contenant \(a\) (sauf peut-être en \(a\)) :$$ g(x) \le f(x) \le h(x) $$ et que :$$ \lim_{x \to a} g(x) = \lim_{x \to a} h(x) = L. $$ Alors :$$ \lim_{x \to a} f(x) = L. $$ Le même énoncé vaut lorsque \(x \to +\infty\) (resp. \(x \to -\infty\)), les inégalités étant exigées pour tout \(x\) assez grand (resp. assez petit). Exemple
Calculer \(\displaystyle\lim_{x \to 0} x^2 \sin\left(\dfrac{1}{x}\right)\).
Le calcul direct est impossible : \(\sin(1/0)\) n'est pas défini. La fonction \(f(x) = x^2 \sin(1/x)\) est le produit de \(x^2\), qui tend vers \(0\), et de \(\sin(1/x)\), qui oscille sans fin entre \(-1\) et \(1\) lorsque \(x \to 0\) : on pense au théorème des gendarmes.
On commence par l'encadrement connu de la fonction sinus :$$ -1 \le \sin\left(\dfrac{1}{x}\right) \le 1. $$ Comme \(x^2 \ge 0\), on peut multiplier cet encadrement par \(x^2\) sans changer le sens des inégalités :$$ -x^2 \le x^2 \sin\left(\dfrac{1}{x}\right) \le x^2. $$ La fonction est encadrée par \(g(x)=-x^2\) et \(h(x)=x^2\), dont on calcule les limites en \(0\) :$$ \lim_{x \to 0} (-x^2) = 0 \quad \text{et} \quad \lim_{x \to 0} (x^2) = 0. $$ Les deux fonctions qui encadrent \(f\) tendent vers \(0\) : d'après le théorème des gendarmes, \(f\) tend aussi vers \(0\) :$$ \lim_{x \to 0} x^2 \sin\left(\dfrac{1}{x}\right) = 0. $$ 
On commence par l'encadrement connu de la fonction sinus :$$ -1 \le \sin\left(\dfrac{1}{x}\right) \le 1. $$ Comme \(x^2 \ge 0\), on peut multiplier cet encadrement par \(x^2\) sans changer le sens des inégalités :$$ -x^2 \le x^2 \sin\left(\dfrac{1}{x}\right) \le x^2. $$ La fonction est encadrée par \(g(x)=-x^2\) et \(h(x)=x^2\), dont on calcule les limites en \(0\) :$$ \lim_{x \to 0} (-x^2) = 0 \quad \text{et} \quad \lim_{x \to 0} (x^2) = 0. $$ Les deux fonctions qui encadrent \(f\) tendent vers \(0\) : d'après le théorème des gendarmes, \(f\) tend aussi vers \(0\) :$$ \lim_{x \to 0} x^2 \sin\left(\dfrac{1}{x}\right) = 0. $$

Compétences à pratiquer
- Appliquer le théorème de comparaison
- Appliquer le théorème des gendarmes
V
Continuité
V.1
Continuité en un point et sur un intervalle
Définition — Continuité en un point
Soit \(f\) une fonction et soit \(a\) un nombre réel. La fonction \(f\) est continue en \(a\) lorsque $$\lim_{x \to a} f(x) = f(a).$$ Cette seule égalité porte trois exigences à la fois : que \(f(a)\) ait un sens, que la limite de \(f\) en \(a\) existe, et que les deux coïncident. Si l'une d'elles manque, \(f\) n'est pas continue en \(a\) — en particulier lorsque \(f\) n'est pas définie en \(a\). Intuitivement, la courbe d'une fonction continue se trace sans lever le crayon : la valeur dont la fonction s'approche au voisinage de \(a\) est la valeur qu'elle prend en \(a\). Une fonction est continue sur un intervalle lorsqu'elle est continue en chacun de ses points, la limite étant prise d'un seul côté à une borne. Proposition — Les fonctions continues de référence
Une courte liste de fonctions de référence porte l'essentiel du travail. Chacune des suivantes est continue en tout nombre de son ensemble de définition : - Les fonctions polynômes, dont les fonctions affines et \(x \mapsto x^n\) (ex. \(x \mapsto x^3 - 2x + 5\)), continues sur \(\mathbb{R}\) ;
- Les fonctions rationnelles (ex. \(x \mapsto \dfrac{x+1}{x-2}\)), continues sur tout intervalle où le dénominateur ne s'annule pas ;
- La fonction racine carrée \(x \mapsto \sqrt{x}\), continue sur \([0\,;\,+\infty[\) ;
- Les fonctions sinus et cosinus, continues sur \(\mathbb{R}\) ;
- La fonction exponentielle, continue sur \(\mathbb{R}\) ;
- La fonction valeur absolue \(x \mapsto |x|\), continue sur \(\mathbb{R}\).
Exemple
Soit \(f\) définie par $$f(x) = \begin{cases} x^2 + k & \text{si } x < 2, \\
3x - 1 & \text{si } x \geq 2. \end{cases}$$ Déterminer la valeur de \(k\) pour laquelle \(f\) est continue en \(2\).
Chaque branche est polynomiale, donc continue sur son intervalle : seul le raccord en \(x = 2\) est en jeu.
- À gauche du raccord : pour \(x < 2\), \(f(x) = x^2 + k\), et \(x^2 + k \xrightarrow[x \to 2^-]{} 4 + k\).
- Au raccord et à droite : \(f(2) = 3 \times 2 - 1 = 5\), et \(3x - 1 \xrightarrow[x \to 2^+]{} 5\).
Compétences à pratiquer
- Identifier graphiquement la continuité
- Calculer une limite par continuité
- Rendre une fonction continue
V.2
Continuité et dérivabilité
Théorème — Continuité et dérivabilité
Si une fonction \(f\) est dérivable en un point \(a\), alors \(f\) est continue en \(a\).Si une fonction \(f\) est dérivable sur un intervalle \(I\), alors \(f\) est continue sur \(I\).
Remarque
La réciproque de ce théorème est fausse. Une fonction peut être continue en un point sans y être dérivable.
L'exemple classique est la fonction valeur absolue \(x \mapsto |x|\) en 0 : 
L'exemple classique est la fonction valeur absolue \(x \mapsto |x|\) en 0 :
- Elle est continue en 0 car \(\displaystyle\lim_{x \to 0} |x| = 0 = f(0)\).
- Elle n'est pas dérivable en 0 car la pente à gauche est \(-1\) et la pente à droite est \(+1\).

Compétences à pratiquer
- Analyser le lien entre continuité et dérivabilité
VI
Continuité et équations
VI.1
Le théorème des valeurs intermédiaires
Résoudre sans résoudre
Soit l'équation \(x^3 + x - 1 = 0\). Aucune factorisation, aucun discriminant, aucune formule connue jusqu'ici n'en produit la solution, et une calculatrice n'en rend jamais qu'une valeur approchée. Trois questions se traitent pourtant complètement : cette équation admet-elle une solution, combien en admet-elle, et entre quels deux décimaux se situe chacune ? Les trois réponses viennent de la même hypothèse sur la fonction \(x \mapsto x^3 + x - 1\), sa continuité, associée à ce que disent les variations. L'existence vient du théorème des valeurs intermédiaires, l'unicité de la stricte monotonie, et la localisation d'un algorithme qui coupe un intervalle en deux autant de fois que la précision demandée l'exige. Résoudre est remplacé par démontrer et situer, et cela suffit.
Théorème — Théorème des valeurs intermédiaires
Soit \(f\) une fonction continue sur un intervalle \([a ; b]\).Pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), l'équation \(f(x) = k\) admet au moins une solution \(c\) dans l'intervalle \([a ; b]\).

Théorème — Corollaire : Théorème de la bijection
Si \(f\) est continue et strictement monotone sur \([a\,;\,b]\), alors pour tout nombre réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), l'équation \(f(x) = k\) admet une unique solution \(c\) dans \([a\,;\,b]\). Le mot bijection est ici un nom d'usage des manuels. Le résultat s'étend à un intervalle ouvert ou semi-ouvert, borné ou non, les images des bornes étant alors remplacées par les limites de \(f\) en ces bornes, \(k\) étant alors strictement compris entre ces limites à une borne ouverte. 
Exemple
L'équation \(x^3 = 2\) admet une unique solution sur \(]-\infty ; +\infty[\) car la fonction cube \(x \mapsto x^3\) est strictement croissante et continue sur \(\mathbb{R}\), et 2 est compris entre \(\displaystyle\lim_{x \to -\infty} x^3 = -\infty\) et \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} x^3 = +\infty\). 
Méthode — Étudier les solutions de \(f(x) \equal k\)
Pour déterminer le nombre de solutions de l'équation \(f(x) = k\) sur un intervalle \(J\), et situer chacune d'elles : - Continuité : préciser l'intervalle d'étude et justifier que \(f\) y est continue, en nommant les fonctions du catalogue et les opérations qui construisent \(f\). C'est ce sur quoi repose l'existence d'une solution ; sans elle ni le théorème des valeurs intermédiaires ni son corollaire ne peuvent être invoqués.
- Variations : sur chaque intervalle où \(f\) est dérivable, calculer \(f'\) et déterminer son signe — ou utiliser les variations des fonctions de référence lorsque \(f\) n'est pas dérivable partout, comme \(x \mapsto |x|\) en \(0\). Dresser le tableau de variations sur \(J\), en portant à chaque borne la valeur de \(f\) en cette borne, ou sa limite lorsque la borne est ouverte ou infinie.
- Dénombrement : sur chaque ligne du tableau où \(f\) est strictement monotone, le corollaire s'applique. Comparer \(k\) aux deux extrémités de cette ligne : l'équation y admet exactement une solution lorsque \(k\) est compris entre elles — au sens large à une borne où \(f\) prend sa valeur, mais au sens strict à une borne qui ne porte qu'une limite, puisqu'une limite n'est pas atteinte ; sinon la ligne ne donne aucune solution. Additionner les lignes, en prenant garde de ne compter qu'une fois une solution située à une borne partagée par deux lignes, ce qui se produit lorsque \(k\) est la valeur de \(f\) en cette borne.
- Localisation : pour chaque solution \(\alpha\), calculer les images de valeurs qui l'encadrent de plus en plus finement, ou dérouler l'algorithme exposé par la méthode « Méthode de dichotomie », jusqu'à la précision demandée. Conclure par un encadrement \(a \le \alpha \le b\).
Exemple
Déterminer le nombre de solutions de l'équation \(x^3 - 12x = 4\) sur \(\mathbb{R}\), puis donner une valeur approchée à \(0{,}1\) près de la plus grande d'entre elles. - Continuité. Soit \(f(x) = x^3 - 12x\) sur \(\mathbb{R}\). La fonction \(f\) est polynomiale, donc continue sur \(\mathbb{R}\). L'équation à étudier est \(f(x) = 4\).
- Variations. Pour tout réel \(x\), \(f'(x) = 3x^2 - 12 = 3(x-2)(x+2)\), positif à l'extérieur de \([-2\,;\,2]\) et négatif à l'intérieur. De plus \(f(-2) = 16\), \(f(2) = -16\), et, le terme \(x^3\) imposant sa limite, \(f(x) \xrightarrow[x \to -\infty]{} -\infty\) et \(f(x) \xrightarrow[x \to +\infty]{} +\infty\).
- Dénombrement. Sur \(]-\infty\,;\,-2]\), \(f\) est continue et strictement croissante, de \(-\infty\) à \(16\), et \(4\) est compris entre ces deux extrémités : l'équation y admet exactement une solution \(\alpha_1\). Sur \([-2\,;\,2]\), \(f\) est continue et strictement décroissante, de \(16\) à \(-16\), et \(4\) est compris entre elles : une solution \(\alpha_2\). Sur \([2\,;\,+\infty[\), \(f\) est continue et strictement croissante, de \(-16\) à \(+\infty\), et \(4\) est compris entre elles : une solution \(\alpha_3\). Aucune solution ne se situe à une borne partagée, puisque \(4\) ne vaut ni \(16\) ni \(-16\). L'équation admet donc trois solutions sur \(\mathbb{R}\).
- Localisation. La plus grande est \(\alpha_3\), dans \([2\,;\,+\infty[\). Comme \(f(3) = 27 - 36 = -9 < 4\) et \(f(4) = 64 - 48 = 16 > 4\), on obtient \(3 < \alpha_3 < 4\). Puis \(f(3{,}6) = 46{,}656 - 43{,}2 = 3{,}456 < 4\) et \(f(3{,}7) = 50{,}653 - 44{,}4 = 6{,}253 > 4\), donc $$3{,}6 < \alpha_3 < 3{,}7.$$ Les deux bornes diffèrent de \(0{,}1\), donc \(3{,}6\) est une valeur approchée de \(\alpha_3\) à \(0{,}1\) près.
Compétences à pratiquer
- Appliquer le théorème des valeurs intermédiaires : QCM
- Démontrer l'existence et l'unicité d'une solution
- Compter les solutions à l'aide d'une fonction auxiliaire
VI.2
Approcher une solution : balayage et dichotomie
Méthode — Approcher une solution par balayage
Soit \(f\) continue sur \([a\,;\,b]\) avec \(f(a)\) et \(f(b)\) de signes contraires, de sorte que l'équation \(f(x) = 0\) admet au moins une solution dans \([a\,;\,b]\). Pour encadrer l'une d'elles à une précision donnée : - Choisir un pas \(h\) égal à la précision demandée, par exemple \(h = 0{,}1\) pour une décimale.
- Balayer : calculer \(f(a)\), \(f(a + h)\), \(f(a + 2h)\), …, avec un tableau de valeurs à la calculatrice ou une boucle en Python, jusqu'à ce que le signe de \(f\) change entre deux valeurs consécutives \(x\) et \(x + h\).
- Conclure : l'équation admet une solution dans \([x\,;\,x + h]\) ; si un \(f(x)\) vaut exactement \(0\), ce \(x\) est une solution. Les deux bornes diffèrent de \(h\), donc chacune est une valeur approchée de la solution à \(h\) près.
- Affiner au besoin : balayer de nouveau \([x\,;\,x + h]\) avec le pas \(\dfrac{h}{10}\).
def balayage(f, a, b, pas):
x = a
while x < b:
y = round(min(x + pas, b), 12)
if f(x) == 0:
return x, x
if f(x) * f(y) < 0:
return x, y
x = y
return None Le balayage teste chaque pas et coûte \(\dfrac{b - a}{h}\) calculs ; la méthode de dichotomie, présentée ci-dessous, atteint la même précision avec bien moins. Exemple
Soit \(f(x) = x^3 + x - 1\). L'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(\alpha\) dans \([0\,;\,1]\), car \(f\) est continue et strictement croissante sur \(\mathbb{R}\), avec \(f(0) = -1 < 0\) et \(f(1) = 1 > 0\). Encadrer \(\alpha\) à \(10^{-2}\) près par balayage.
Pas \(0{,}1\). Un tableau de valeurs sur \([0\,;\,1]\) donne :
Le signe change entre \(0{,}6\) et \(0{,}7\) : \(\alpha \in [0{,}6\,;\,0{,}7]\). Pas \(0{,}01\). En balayant de nouveau \([0{,}6\,;\,0{,}7]\) : \(f(0{,}68) = 0{,}314432 + 0{,}68 - 1 \approx -0{,}006 < 0\) et \(f(0{,}69) = 0{,}328509 + 0{,}69 - 1 \approx 0{,}019 > 0\). Donc $$0{,}68 < \alpha < 0{,}69,$$ et \(0{,}68\) est une valeur approchée de \(\alpha\) à \(10^{-2}\) près. En Python,
| \(x\) | \(0\) | \(0{,}1\) | \(0{,}2\) | \(0{,}3\) | \(0{,}4\) | \(0{,}5\) | \(0{,}6\) | \(0{,}7\) |
| \(f(x)\) | \(-1\) | \(-0{,}899\) | \(-0{,}792\) | \(-0{,}673\) | \(-0{,}536\) | \(-0{,}375\) | \(-0{,}184\) | \(0{,}043\) |
balayage(f, 0, 1, 0.1) renvoie (0.6, 0.7) et balayage(f, 0.6, 0.7, 0.01) renvoie (0.68, 0.69). Méthode — Méthode de dichotomie
Soit \(f\) continue sur \([a ; b]\) avec \(f(a)\) et \(f(b)\) de signes contraires (le TVI garantit donc une solution de \(f(x) = 0\) dans \([a ; b]\)). Pour l'approcher : - Calculer le milieu \(m = \dfrac{a+b}{2}\) et le signe de \(f(m)\).
- Garder la moitié sur laquelle le signe change : si \(f(a) \cdot f(m) \leq 0\), remplacer \(b\) par \(m\) ; sinon remplacer \(a\) par \(m\).
- Recommencer. Après \(n\) étapes, l'intervalle a pour longueur \(\dfrac{b-a}{2^n}\) : quel que soit le point de l'intervalle pris comme valeur approchée, l'erreur est au plus \(\dfrac{b-a}{2^n}\).
def dichotomie(f, a, b, n):
for k in range(n):
m = (a + b) / 2
if f(a) * f(m) <= 0:
b = m
else:
a = m
return a, b Exemple
Soit \(f(x) = x^3 + x - 3\). Montrer que l'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(c\) dans \([1 ; 2]\), puis effectuer trois étapes de la méthode de dichotomie et donner la majoration de l'erreur obtenue.
Existence et unicité. \(f\) est polynomiale, donc continue, et ici strictement croissante (somme des fonctions strictement croissantes \(x^3\) et \(x\), moins une constante). Comme \(f(1) = -1 < 0\) et \(f(2) = 7 > 0\), le corollaire du TVI (cas strictement monotone) donne une solution unique \(c \in\, ]1 ; 2[\).
Trois étapes de dichotomie.
Trois étapes de dichotomie.
- \(m = 1{,}5\) : \(f(1{,}5) = 3{,}375 + 1{,}5 - 3 = 1{,}875 > 0\) ; le signe change sur \([1 ; 1{,}5]\).
- \(m = 1{,}25\) : \(f(1{,}25) = 1{,}953125 + 1{,}25 - 3 = 0{,}203125 > 0\) ; le signe change sur \([1 ; 1{,}25]\).
- \(m = 1{,}125\) : \(f(1{,}125) \approx 1{,}4238 + 1{,}125 - 3 = -0{,}4512 < 0\) ; le signe change sur \([1{,}125 ; 1{,}25]\).
dichotomie(f, 1, 2, 3) renvoie exactement cet intervalle.) Compétences à pratiquer
- Approcher des solutions par balayage
- Approcher des solutions par dichotomie
VI.3
Réciproque d'une fonction continue strictement monotone
Proposition — Existence de la fonction réciproque
Soit \(f\) continue et strictement monotone sur \([a ; b]\). D'après le théorème de la bijection, chaque valeur de l'intervalle image est atteinte exactement une fois — précisément la condition sous laquelle la fonction réciproque \(f^{-1}\) existe. Donc \(f\) admet une fonction réciproque, définie sur l'intervalle image : $$y = f(x) \iff x = f^{-1}(y).$$ Exemple
On considère \(f(x) = x^2\) sur \([0 ; +\infty[\). - Justifier que \(f\) admet une fonction réciproque, et l'identifier.
- Illustrer la symétrie des deux courbes par rapport à la droite \(y = x\).
- Sur \([0 ; +\infty[\), la fonction carré est continue (polynôme) et strictement croissante, avec \(f(0) = 0\) et \(x^2 \to +\infty\) : chaque \(y \geq 0\) est atteint exactement une fois. Sa fonction réciproque associe à \(y\) l'unique \(x \geq 0\) tel que \(x^2 = y\) : c'est la racine carrée, $$f^{-1}(y) = \sqrt{y}.$$ Vérification : \(\sqrt{x^2} = x\) pour \(x \geq 0\), et \(\left(\sqrt{y}\right)^2 = y\) pour \(y \geq 0\).
- Chaque point \((x ; y)\) d'une courbe correspond au point \((y ; x)\) de l'autre — les deux courbes sont symétriques l'une de l'autre par rapport à la droite \(y = x\) :
Les courbes de \(f\) et de \(f^{-1}\) sont symétriques par rapport à la droite \(y = x\), par exemple l'exponentielle et sa réciproque, le logarithme népérien :
Compétences à pratiquer
- Comprendre les fonctions réciproques : QCM
- Justifier et déterminer des fonctions réciproques
VII
Compléments de dérivation
VII.1
Dérivée de \(x \mapsto g(ax+b)\)
Proposition — Dérivée de \(x \mapsto g(ax+b)\)
Soit \(g\) une fonction dérivable sur un intervalle \(J\), et \(a\), \(b\) deux réels. La fonction \(f\) définie par \(f(x) = g(ax+b)\) est dérivable en tout \(x\) tel que \(ax+b \in J\), et $$ f'(x) = a \times g'(ax+b). $$ Exemple
Déterminer la dérivée de chaque fonction. - \(f(x) = (3x-1)^2\) sur \(\mathbb{R}\).
- \(f(x) = \sqrt{2x+1}\) sur \(\left]-\dfrac{1}{2}\,;\,+\infty\right[\).
- \(f(x) = \dfrac{1}{4x+2}\) pour \(x \neq -\dfrac{1}{2}\).
- \(f(x) = g(3x-1)\) avec \(g(X) = X^2\), \(g'(X) = 2X\) et \(a = 3\) : $$ f'(x) = 3 \times 2(3x-1) = 6(3x-1) = 18x - 6. $$ Vérification : en développant, \(f(x) = 9x^2 - 6x + 1\), dont la dérivée est bien \(18x - 6\).
- \(f(x) = g(2x+1)\) avec \(g(X) = \sqrt{X}\), \(g'(X) = \dfrac{1}{2\sqrt{X}}\) (pour \(X > 0\)) et \(a = 2\) : $$ f'(x) = 2 \times \dfrac{1}{2\sqrt{2x+1}} = \dfrac{1}{\sqrt{2x+1}}. $$
- \(f(x) = g(4x+2)\) avec \(g(X) = \dfrac{1}{X}\), \(g'(X) = -\dfrac{1}{X^2}\) (pour \(X \neq 0\)) et \(a = 4\) : $$ f'(x) = 4 \times \left(-\dfrac{1}{(4x+2)^2}\right) = -\dfrac{4}{(4x+2)^2}. $$
Compétences à pratiquer
- Dériver \(g(ax+b)\)
VII.2
Dérivées de \(e^u\) et de \(u^2\)
Proposition — Dérivées de \(e^u\) et de \(u^2\)
Soit \(u\) une fonction dérivable sur un intervalle \(I\), de dérivée \(u'\). Alors les fonctions \(u^2\) et \(e^u\) sont dérivables sur \(I\), et $$\left(u^2\right)' = 2\,u'\,u \qquad \text{et} \qquad \left(e^u\right)' = u'\,e^u.$$ La première formule est la règle du produit appliquée à \(u \times u\) : \((u \times u)' = u'u + uu' = 2u'u\). La seconde est admise. Lorsque \(u\) est affine, \(u(x) = ax + b\), la dérivée \(u'\) est la constante \(a\), et les deux formules redonnent la dérivée de \(x \mapsto g(ax + b)\) : \(\left((ax+b)^2\right)' = 2a(ax + b)\) et \(\left(e^{ax+b}\right)' = a\,e^{ax+b}\). Exemple
Déterminer la dérivée de chaque fonction, définie sur \(\mathbb{R}\) : - \(f(x) = e^{-2x+1}\) ;
- \(g(x) = \left(x^2 + 1\right)^2\) ;
- \(h(x) = x\,e^{x^2}\).
Chaque fonction est construite à partir d'une fonction \(u\) dérivable, donc elle est dérivable sur \(\mathbb{R}\).
- \(f = e^u\) avec \(u(x) = -2x + 1\) et \(u'(x) = -2\) : $$f'(x) = u'(x)\,e^{u(x)} = -2\,e^{-2x+1}.$$
- \(g = u^2\) avec \(u(x) = x^2 + 1\) et \(u'(x) = 2x\) : $$g'(x) = 2\,u'(x)\,u(x) = 2 \times 2x \times \left(x^2 + 1\right) = 4x\left(x^2 + 1\right).$$
- \(h\) est le produit de \(x \mapsto x\) et de \(e^u\) avec \(u(x) = x^2\), \(u'(x) = 2x\) : $$\begin{aligned} h'(x) &= 1 \times e^{x^2} + x \times \left(2x\,e^{x^2}\right) &&\text{(règle du produit, puis } (e^u)' = u'e^u\text{)} \\ &= e^{x^2}\left(1 + 2x^2\right). &&\text{(factorisation par } e^{x^2}\text{)} \end{aligned}$$
Exemple
Soit \(k\) la fonction définie sur \(\mathbb{R}\) par \(k(x) = e^{-x^2}\). Déterminer \(k'(x)\), étudier son signe et dresser le tableau de variations de \(k\).
Avec \(u(x) = -x^2\) et \(u'(x) = -2x\), la fonction \(k = e^u\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et $$k'(x) = -2x\,e^{-x^2}.$$ Comme \(e^{-x^2} > 0\) pour tout réel \(x\), le signe de \(k'(x)\) est celui de \(-2x\) : positif pour \(x < 0\), nul en \(0\), négatif pour \(x > 0\). La fonction \(k\) est donc croissante sur \(]-\infty\,;\,0]\) et décroissante sur \([0\,;\,+\infty[\), de maximum \(k(0) = e^0 = 1\). En \(+\infty\) et en \(-\infty\), \(-x^2 \to -\infty\), donc \(e^{-x^2} \to 0\) par composition avec la limite de la fonction exponentielle en \(-\infty\).
Compétences à pratiquer
- Dériver \(e^u\) et \(u^2\)
VIII
Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
- Diagnostiquer et corriger
- Problèmes
- Type bac
- Quiz
Contrôle du chapitre
4 exercices, sur 20 points. Durée indicative : 1 h 30.
À traiter sur papier, puis à photographier : la correction est automatique, par IA.
Ce contrôle ne modifie pas la maîtrise du chapitre, quelle que soit la note.
Aucun exercice composé.
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