Éducation Nationale Française · Terminale Technologie
Suites : sommes et moyennes
I
Générer une suite
I.1
La notation d'une suite
Définition — Suite numérique
Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres, appelés termes. On utilise la notation \(u_n\) pour décrire un terme de la suite. - L'indice \(n\) indique la position du terme (commençant souvent à \(n=0\)). L'indice \(n\) prend généralement des valeurs entières : \(0,1,2,\dots\)
- \(u_n\) représente la valeur du terme à cette position spécifique.
| Indice (\(n\)) | 0 | 1 | 2 | \(\dots\) |
| Terme (\(u_n\)) | \(u_0\) | \(u_1\) | \(u_2\) | \(\dots\) |
Exemple
Étant donné la suite définie par le tableau ci-dessous, déterminer la valeur du terme \(u_4\). | \(n\) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | \(\dots\) |
| \(u_n\) | 3 | 5 | 7 | 9 | 11 | 13 | \(\dots\) |
Pour obtenir \(u_4\), on regarde dans le tableau la colonne où l'indice est \(n=4\). La valeur dans la ligne en dessous est \(11\).
Donc \(u_4 = 11\).
Cette suite commence à \(u_0\), donc \(u_4\) est son cinquième terme. Une suite peut aussi commencer à \(u_1\) : son premier terme est alors \(u_1\), et \(u_4\) est son quatrième terme.
Donc \(u_4 = 11\).
Cette suite commence à \(u_0\), donc \(u_4\) est son cinquième terme. Une suite peut aussi commencer à \(u_1\) : son premier terme est alors \(u_1\), et \(u_4\) est son quatrième terme.
Compétences à pratiquer
- Lire les termes d'une suite dans un tableau
I.2
La formule explicite
Définition — Formule explicite
Une formule explicite définit directement le \(n\)-ième terme d'une suite, \(u_n\), en fonction de sa position \(n\).$$u_n = f(n)$$ Exemple
On considère la suite définie par la formule explicite : $$u_n = 3n + 2$$ Calculer \(u_{100}\).
Pour déterminer la valeur de \(u_{100}\), on remplace \(n\) par 100 dans la formule explicite : $$\begin{aligned}[t] u_{100} &= 3(100) + 2 \\
&= 300 + 2 \\
&= \boldsymbol{302} \end{aligned}$$ On n'a pas eu besoin de connaître les termes précédents de la suite.
Compétences à pratiquer
- Calculer des termes avec une formule explicite
I.3
La définition par récurrence
Définition — Définition par récurrence
Une définition par récurrence d'une suite comprend deux parties : - Le premier terme (ou terme initial), noté par exemple \(u_0\) ou \(u_1\). C'est le point de départ.
- La règle de récurrence (ou relation de récurrence), qui est une formule exprimant le terme suivant, \(u_{n+1}\), en fonction du terme courant, \(u_n\), pour tout entier \(n\) concerné (par exemple \(n \ge 0\) ou \(n \ge 1\)).
Exemple
Une suite est définie par récurrence par : - \(u_1 = 5\) (Le premier terme est \(5\)).
- \(u_{n+1} = u_n + 3\) (La règle est d'ajouter \(3\) au terme précédent, pour tout entier \(n \ge 1\)).
On construit la suite étape par étape en utilisant la définition par récurrence. $$5 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\;+3\;}} 8 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\;+3\;}} 11 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\;+3\;}} 14 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\,+3\,}} 17$$ Les cinq premiers termes sont : \(5\) ; \(8\) ; \(11\) ; \(14\) ; \(17\).
- \(1^{\text{er}}\) terme : Le terme de départ est donné : \(\boldsymbol{u_1 = 5}\).
- \(2^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=1\). \(\boldsymbol{u_2} = u_1 + 3 = 5 + 3 = \textbf{8}\).
- \(3^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=2\). \(\boldsymbol{u_3} = u_2 + 3 = 8 + 3 = \textbf{11}\).
- \(4^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=3\). \(\boldsymbol{u_4} = u_3 + 3 = 11 + 3 = \textbf{14}\).
- \(5^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=4\). \(\boldsymbol{u_5} = u_4 + 3 = 14 + 3 = \textbf{17}\).
Compétences à pratiquer
- Calculer des termes avec une relation de récurrence
- Modéliser des situations réelles par des suites
II
Suites arithmétiques et géométriques
II.1
Suites arithmétiques : terme général et moyenne arithmétique
Une suite arithmétique est un type fondamental de suite qui suit une règle de récurrence. Elle est définie par un terme de départ et une variation constante entre deux termes consécutifs.
On considère une suite arithmétique avec un premier terme \(u_1 = 5\) et une raison arithmétique \(r = 3\).
On peut écrire les premiers termes en ajoutant 3 de manière répétée :
On peut écrire les premiers termes en ajoutant 3 de manière répétée :
- \(u_1 = 5\)
- \(u_2 = 5 + 3\)
- \(u_3 = 5 + 3 + 3\)
- \(u_4 = 5 + 3 + 3 + 3\)
- \(u_1 = 5 + \textcolor{colordef}{0} \times 3\)
- \(u_2 = 5 + \textcolor{colordef}{1} \times 3\)
- \(u_3 = 5 + \textcolor{colordef}{2} \times 3\)
- \(u_4 = 5 + \textcolor{colordef}{3} \times 3\)
Définition — Suite arithmétique
Une suite arithmétique est une suite où chaque terme après le premier est obtenu en ajoutant une valeur constante au terme précédent. Cette constante est appelée la raison, notée \(r\). - Définition par récurrence : La règle pour trouver le terme suivant à partir du précédent est :$$u_{n+1} = u_n + r$$
- Formule explicite : On peut aussi trouver n'importe quel terme directement en utilisant sa position, \(n\).
- Si la suite commence par \(u_1\) : $$u_n = u_1 + (n-1)r$$
- Si la suite commence par \(u_0\) : $$u_n = u_0 + nr$$
Exemple
Une suite arithmétique a pour premier terme \(u_1 = 5\) et pour raison \(r = 3\).Déterminer les cinq premiers termes de cette suite.
La règle de récurrence est \(u_{n+1} = u_n + 3\). On commence avec \(u_1 = 5\) et on applique la règle de manière répétée.
- \(u_1 = \boldsymbol{5}\) (donné)
- \(u_2 = u_1 + 3 = 5 + 3 = \boldsymbol{8}\)
- \(u_3 = u_2 + 3 = 8 + 3 = \boldsymbol{11}\)
- \(u_4 = u_3 + 3 = 11 + 3 = \boldsymbol{14}\)
- \(u_5 = u_4 + 3 = 14 + 3 = \boldsymbol{17}\)
Proposition — Terme général d'une suite arithmétique
Soit \((u_n)\) une suite arithmétique de raison \(r\). - Pour tout entier naturel \(n\) : \(u_n = u_0 + nr\).
- Si la suite commence à \(u_1\) : \(u_n = u_1 + (n-1)r\).
- Plus généralement, pour tous entiers naturels \(n\) et \(p\) : \(u_n = u_p + (n-p)r\).
Exemple
Soit \((u_n)\) la suite arithmétique de premier terme \(u_0 = 5\) et de raison \(r = 3\). - Calculer \(u_{20}\).
- Une autre suite arithmétique \((v_n)\) a pour raison \(3\) et vérifie \(v_5 = 17\). Calculer \(v_{12}\).
- D'après la proposition, \(u_{20} = u_0 + 20r = 5 + 20 \times 3 = 65\).
- En partant de \(v_5\) : \(v_{12} = v_5 + (12 - 5) \times 3 = 17 + 21 = 38\).
Dans la suite arithmétique \(5\) ; \(8\) ; \(11\) ; \(14\) ; \(17\), chaque terme est à mi-chemin de ses deux voisins : \(8 = \dfrac{5 + 11}{2}\), \(11 = \dfrac{8 + 14}{2}\). Ce nombre « à mi-chemin » a un nom.
Définition — Moyenne arithmétique de deux nombres
La moyenne arithmétique de deux nombres \(a\) et \(c\) est le nombre \(m = \dfrac{a + c}{2}\). C'est le milieu de \(a\) et \(c\) : il est à la même distance des deux. Proposition — Trois termes consécutifs d'une suite arithmétique
Trois nombres \(a\), \(b\), \(c\), dans cet ordre, sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si \(b\) est la moyenne arithmétique de \(a\) et \(c\) : $$\textcolor{colorprop}{b = \dfrac{a + c}{2}}, \qquad \text{c'est-à-dire} \qquad b - a = c - b.$$ Pour décider, comparer les deux différences \(b - a\) et \(c - b\) : égales, les trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique dont la raison est cette valeur ; différentes, ils ne le sont pas.
Si \(a\), \(b\), \(c\) sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique de raison \(r\), alors \(b = a + r\) et \(c = b + r\), donc \(b - a = r = c - b\) ; en ajoutant \(a + b\) aux deux membres de \(b - a = c - b\), il vient \(2b = a + c\), soit \(b = \dfrac{a+c}{2}\). Réciproquement, si \(b - a = c - b\), on note \(r\) cette valeur commune : alors \(b = a + r\) et \(c = b + r\), ce qui est la règle de récurrence d'une suite arithmétique de raison \(r\) qui commence à \(a\).
Exemple
Les nombres suivants, dans cet ordre, sont-ils des termes consécutifs d'une suite arithmétique ? Si oui, donner sa raison ; quand un terme manque, le déterminer. - \(3\), \(8\), \(13\)
- \(5\), \(11\), \(15\)
- \(2\), \(x\), \(20\) : pour quelle valeur de \(x\) ?
- \(8 - 3 = 5\) et \(13 - 8 = 5\) : les deux différences sont égales, donc \(3\), \(8\), \(13\) sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique de raison \(5\). Contrôle : \(\dfrac{3 + 13}{2} = 8\).
- \(11 - 5 = 6\) et \(15 - 11 = 4\) : les différences diffèrent, donc non.
- \(x\) doit être la moyenne arithmétique de \(2\) et \(20\) : \(x = \dfrac{2 + 20}{2} = 11\). Alors \(2\), \(11\), \(20\) a pour raison \(9\).
Compétences à pratiquer
- Identifier la règle de récurrence
- Étudier une suite arithmétique
- Déterminer le rang d'un terme
- Résoudre un problème de seuil
- Modéliser avec des suites arithmétiques
- Déterminer la formule à partir de deux termes
- Reconnaître et interpréter une suite arithmétique
- Déterminer le terme du milieu de trois termes consécutifs
- Prouver que trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique
II.2
Suites géométriques : terme général et moyenne géométrique
Une suite géométrique est un autre type fondamental de suite qui suit une règle de récurrence. Elle est définie par un terme de départ et un facteur multiplicatif constant : pour passer d'un terme au suivant, on multiplie toujours par le même nombre.
On considère une suite géométrique avec un premier terme \(u_1 = 2\) et une raison géométrique \(q = 3\).
On peut écrire les premiers termes en multipliant par 3 de manière répétée :
On peut écrire les premiers termes en multipliant par 3 de manière répétée :
- \(u_1 = 2\)
- \(u_2 = 2 \times 3\)
- \(u_3 = 2 \times 3 \times 3\)
- \(u_4 = 2 \times 3 \times 3 \times 3\)
- \(u_1 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{0}}\)
- \(u_2 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{1}}\)
- \(u_3 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{2}}\)
- \(u_4 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{3}}\)
Définition — Suite géométrique
Une suite géométrique est une suite dont chaque terme, à partir du deuxième, s'obtient en multipliant le précédent par un même nombre non nul. Ce nombre est appelé la raison de la suite, notée \(q\). - Définition par récurrence : Le terme suivant s'obtient à partir du précédent par :$$u_{n+1} = q \times u_n$$
- Formule explicite : On peut aussi calculer directement n'importe quel terme à partir de son rang \(n\).
- Si la suite commence par \(u_1\) : $$u_n = u_1 \times q^{n-1}$$
- Si la suite commence par \(u_0\) : $$u_n = u_0 \times q^n$$
Exemple
Une suite géométrique a pour premier terme \(u_1 = 2\) et pour raison géométrique \(q = 2\).Déterminer les cinq premiers termes de cette suite.
La règle de récurrence est \(u_{n+1} = u_n \times 2\). On commence avec \(u_1 = 2\) et on applique la règle de manière répétée.
- \(u_1 = \boldsymbol{2}\) (donné)
- \(u_2 = 2 \times u_1 = 2 \times 2 = \boldsymbol{4}\)
- \(u_3 = 2 \times u_2 = 2 \times 4 = \boldsymbol{8}\)
- \(u_4 = 2 \times u_3 = 2 \times 8 = \boldsymbol{16}\)
- \(u_5 = 2 \times u_4 = 2 \times 16 = \boldsymbol{32}\)
Proposition — Terme général d'une suite géométrique
Soit \((u_n)\) une suite géométrique de raison \(q\). - Pour tout entier naturel \(n\) : \(u_n = u_0 \times q^n\).
- Si la suite commence à \(u_1\) : \(u_n = u_1 \times q^{n-1}\).
- Plus généralement, pour tous entiers naturels \(n\) et \(p\) avec \(n \geq p\) : \(u_n = u_p \times q^{n-p}\).
Exemple
Soit \((u_n)\) la suite géométrique de premier terme \(u_0 = 3\) et de raison \(q = 2\). - Calculer \(u_{10}\).
- Une autre suite géométrique \((v_n)\) a pour raison \(2\) et vérifie \(v_4 = 24\). Calculer \(v_7\).
- D'après la proposition, \(u_{10} = u_0 \times q^{10} = 3 \times 2^{10} = 3 \times 1024 = 3072\).
- En partant de \(v_4\) : \(v_7 = v_4 \times 2^{7-4} = 24 \times 8 = 192\).
Dans \(2\), \(4\), \(8\), \(16\), \(32\) ci-dessus, un terme n'est plus à mi-chemin de ses voisins (\(4 \neq \dfrac{2 + 8}{2} = 5\)), mais son carré est leur produit : \(4^2 = 2 \times 8\). C'est l'autre moyenne.
Définition — Moyenne géométrique de deux nombres positifs
La moyenne géométrique de deux nombres positifs \(a\) et \(c\) est le nombre positif \(g = \sqrt{a \times c}\) : le nombre dont le carré est le produit \(ac\). Par exemple, la moyenne géométrique de \(4\) et \(25\) est \(\sqrt{100} = 10\), alors que leur moyenne arithmétique est \(14{,}5\). Proposition — Trois termes consécutifs d'une suite géométrique
Trois nombres strictement positifs \(a\), \(b\), \(c\), dans cet ordre, sont des termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si \(b\) est la moyenne géométrique de \(a\) et \(c\) : $$\textcolor{colorprop}{b = \sqrt{a \times c}}, \qquad \text{c'est-à-dire} \qquad b^2 = a \times c, \qquad \text{ou encore} \qquad \dfrac{b}{a} = \dfrac{c}{b}.$$ Pour décider, comparer les deux quotients \(\dfrac{b}{a}\) et \(\dfrac{c}{b}\) : égaux, les trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite géométrique dont la raison est cette valeur ; différents, ils ne le sont pas.
Si \(a\), \(b\), \(c\) sont des termes consécutifs d'une suite géométrique de raison \(q\), alors \(b = qa\) et \(c = qb\), donc \(\dfrac{b}{a} = q = \dfrac{c}{b}\) ; les produits en croix de \(\dfrac{b}{a} = \dfrac{c}{b}\) donnent \(b^2 = ac\), et comme \(b\) est positif, \(b = \sqrt{ac}\). Réciproquement, si \(\dfrac{b}{a} = \dfrac{c}{b}\), on note \(q\) cette valeur commune : alors \(b = qa\) et \(c = qb\), la règle de récurrence d'une suite géométrique de raison \(q\) qui commence à \(a\).
Exemple
Les nombres positifs suivants, dans cet ordre, sont-ils des termes consécutifs d'une suite géométrique ? Si oui, donner sa raison ; quand un terme manque, le déterminer. - \(4\), \(10\), \(25\)
- \(2\), \(6\), \(20\)
- \(9\), \(x\), \(16\) : pour quelle valeur positive de \(x\) ?
- \(\dfrac{10}{4} = 2{,}5\) et \(\dfrac{25}{10} = 2{,}5\) : les deux quotients sont égaux, donc \(4\), \(10\), \(25\) sont des termes consécutifs d'une suite géométrique de raison \(2{,}5\). Contrôle : \(10^2 = 100 = 4 \times 25\).
- \(\dfrac{6}{2} = 3\) et \(\dfrac{20}{6} \approx 3{,}33\) : les quotients diffèrent, donc non.
- \(x\) doit être la moyenne géométrique de \(9\) et \(16\) : \(x = \sqrt{9 \times 16} = \sqrt{144} = 12\). Alors \(9\), \(12\), \(16\) a pour raison \(\dfrac{12}{9} = \dfrac{4}{3}\).
Compétences à pratiquer
- Étudier une suite géométrique
- Modéliser avec des suites géométriques
- Déterminer le rang d'un terme
- Déterminer la formule à partir de deux termes
- Reconnaître une suite géométrique
- Déterminer le terme du milieu de trois termes consécutifs
- Prouver que trois nombres sont des termes consécutifs d'une suite géométrique
II.3
Croissance et décroissance à taux constant
Une somme d'argent est placée à un taux fixe de \(3\pourcent\) par an : chaque année, les intérêts sont ajoutés au compte, puis génèrent eux-mêmes des intérêts l'année suivante (intérêts composés). Pourquoi une telle situation se modélise-t-elle par une suite géométrique ? Chaque année, la somme n'augmente pas d'un montant fixe, mais d'une fraction fixe d'elle-même :$$\text{nouvelle somme} = \text{ancienne somme} + \frac{3}{100} \times \text{ancienne somme} = \text{ancienne somme} \times 1{,}03.$$ Ainsi, d'une année à la suivante, on multiplie par le même facteur \(1{,}03\). C'est exactement la relation de récurrence d'une suite géométrique, \(u_{n+1} = 1{,}03\,u_n\), dont la forme explicite est \(u_n = u_0 \times 1{,}03^n\). Le même raisonnement vaut pour toute évolution en pourcentage constant de \(t\pourcent\) par période, de facteur \(1 + \dfrac{t}{100}\) — une population croissant à taux constant, une voiture perdant de la valeur chaque année.
Méthode — Modéliser une évolution en pourcentage constant
Pour une grandeur évoluant d'un taux fixe de \(t\pourcent\) à chaque période, à partir de \(u_0\) : - Le taux \(t\) est signé : \(t > 0\) pour une croissance, \(-100 < t < 0\) pour une décroissance (une baisse de \(100\,\pourcent\) ou plus n'est pas une évolution en pourcentage d'une quantité strictement positive).
- Dans tous les cas, la raison est le coefficient multiplicateur \(\;q = 1 + \dfrac{t}{100}\) : \(+5\pourcent\) donne \(t = 5\) et \(q = 1{,}05\) ; \(-15\pourcent\) donne \(t = -15\) et \(q = 1 + \dfrac{-15}{100} = 0{,}85\).
- Après \(n\) périodes : \(\;u_n = u_0\, q^n\).
Exemple — Intérêts composés
Un capital de \(1000~\Euro\) est placé à un taux d'intérêt annuel fixe de \(5\pourcent\). Quelle est sa valeur après \(3\) ans ?
Chaque année, le capital est multiplié par \(1 + 0{,}05 = 1{,}05\) : les montants annuels forment donc une suite géométrique :$$\begin{aligned}[t] u_1 &= 1000 \times 1{,}05 \\
u_2 &= (1000 \times 1{,}05) \times 1{,}05 = 1000 \times 1{,}05^2 \\
u_3 &= 1000 \times 1{,}05^3. \end{aligned}$$ Ainsi \(u_n = u_0\, q^n\) avec \(u_0 = 1000\) et \(q = 1{,}05\), et$$u_3 = 1000 \times 1{,}05^3 = 1000 \times 1{,}157625 \approx 1157{,}63~\Euro.$$
Exemple — Dépréciation
Une voiture achetée \(20\,000~\Euro\) perd \(15\pourcent\) de sa valeur chaque année. Quelle est sa valeur après \(4\) ans ?
La valeur diminue de \(15\pourcent\) chaque année, donc \(t = -15\) et le multiplicateur est \(q = 1 + \dfrac{t}{100} = 1 + \dfrac{-15}{100} = 0{,}85\), d'où \(u_n = 20\,000 \times 0{,}85^n\).$$u_4 = 20\,000 \times 0{,}85^4 = 20\,000 \times 0{,}52200625 \approx 10\,440{,}13~\Euro.$$
Compétences à pratiquer
- Modéliser une croissance ou une décroissance à taux constant
- Résoudre un problème de seuil à taux constant
III
Le sens de variation d'une suite
III.1
Suites croissantes et décroissantes
Définition — Suites croissantes et décroissantes
Soit \((u_n)\) une suite. - La suite \((u_n)\) est croissante à partir du rang \(n_0\) si, pour tout \(n \ge n_0\), on a \(\boldsymbol{u_{n+1} \ge u_n}\).
- La suite \((u_n)\) est décroissante à partir du rang \(n_0\) si, pour tout \(n \ge n_0\), on a \(\boldsymbol{u_{n+1} \le u_n}\).
- Une suite qui est soit croissante, soit décroissante est dite monotone.
Remarque
- Comme pour les fonctions, si l'on remplace les inégalités larges par des inégalités strictes, on parle d'une suite strictement croissante ou strictement décroissante.
- Certaines suites ne sont pas monotones, par exemple la suite \((u_n)\) définie par \(u_n = (-1)^n\), qui alterne entre \(1\) et \(-1\).
Compétences à pratiquer
- Lire le sens de variation sur un graphique
III.2
Sens de variation des suites arithmétiques et géométriques
Proposition — Sens de variation d'une suite arithmétique
Soit \((u_n)\) une suite arithmétique de raison \(r\). - Si \(r \gt 0\), alors \((u_n)\) est strictement croissante.
- Si \(r \lt 0\), alors \((u_n)\) est strictement décroissante.
- Si \(r = 0\), alors \((u_n)\) est constante.
Proposition — Sens de variation d'une suite géométrique
Soit \((u_n)\) une suite géométrique de premier terme \(u_0 > 0\) et de raison \(q > 0\). - Si \(q > 1\), alors \((u_n)\) est strictement croissante.
- Si \(0 < q < 1\), alors \((u_n)\) est strictement décroissante.
- Si \(q = 1\), alors \((u_n)\) est constante.
Exemple
Donner le sens de variation des suites suivantes. - \((u_n)\) arithmétique de raison \(r = -2\).
- \((v_n)\) géométrique de premier terme \(v_0 = 5\) et de raison \(q = 1{,}2\).
- \((w_n)\) géométrique de premier terme \(w_0 = -4\) et de raison \(q = 3\).
- \(r = -2 \lt 0\) : \((u_n)\) est strictement décroissante.
- \(v_0 = 5 \gt 0\) et \(q = 1{,}2 \gt 1\) : \((v_n)\) est strictement croissante.
- \(q = 3 \gt 1\) mais \(w_0 = -4 \lt 0\) : les variations sont inversées, \((w_n)\) est strictement décroissante (\(-4\), \(-12\), \(-36\), …).
Compétences à pratiquer
- Déterminer le sens de variation d'une suite arithmétique ou géométrique
IV
Sommes de termes consécutifs
IV.1
Somme de termes et notation \(\Sigma\)
Alors qu'une suite est une liste de nombres, une somme de termes est ce que l'on obtient en ajoutant ces nombres. On s'intéresse souvent à la somme partielle d'une suite, qui est la somme d'un nombre donné de ses termes, en partant du début.
Pour voir des termes s'ajouter, on prend un carré d'aire \(1\). On peint sa moitié gauche, puis la moitié de ce qui reste, puis encore la moitié de ce qui reste, et ainsi de suite : les pièces peintes ont pour aires \(\frac{1}{2}\) ; \(\frac{1}{4}\) ; \(\frac{1}{8}\) ; …— et chaque nouvelle pièce ajoute un terme de plus à la somme de l'aire peinte :
Chaque nouvelle pièce ajoute un terme de plus à la somme, et les pièces s'enroulent, comme une coquille d'escargot, vers un point du carré, tandis que le rectangle vide continue de s'enrouler vers l'intérieur, de plus en plus petit. Plus on ajoute de termes, plus l'aire peinte se rapproche de l'aire du carré tout entier : $$\frac{1}{2} + \frac{1}{4} + \frac{1}{8} + \frac{1}{16} + \frac{1}{32} + \cdots \; \longrightarrow \; 1.$$ Savoir si une somme sans fin peut vraiment avoir un sens — et atteindre \(1\) — est une autre question ; ici, toute somme s'arrête quelque part.
Pour voir des termes s'ajouter, on prend un carré d'aire \(1\). On peint sa moitié gauche, puis la moitié de ce qui reste, puis encore la moitié de ce qui reste, et ainsi de suite : les pièces peintes ont pour aires \(\frac{1}{2}\) ; \(\frac{1}{4}\) ; \(\frac{1}{8}\) ; …— et chaque nouvelle pièce ajoute un terme de plus à la somme de l'aire peinte :
| | | | |
| \(S_1 = \textcolor{colorprop}{\frac{1}{2}}\) | \(S_2 = \textcolor{colorprop}{\frac{1}{2}} + \textcolor{colordef}{\frac{1}{4}}\) | \(S_3 = \textcolor{colorprop}{\frac{1}{2}} + \textcolor{colordef}{\frac{1}{4}} + \textcolor{olive!80!black}{\frac{1}{8}}\) | \(S_4 = \textcolor{colorprop}{\frac{1}{2}} + \textcolor{colordef}{\frac{1}{4}} + \textcolor{olive!80!black}{\frac{1}{8}} + \textcolor{purple}{\frac{1}{16}}\) | \(S_5 = \textcolor{colorprop}{\frac{1}{2}} + \textcolor{colordef}{\frac{1}{4}} + \textcolor{olive!80!black}{\frac{1}{8}} + \textcolor{purple}{\frac{1}{16}} + \textcolor{orange}{\frac{1}{32}}\) |
Définition — Somme des termes d'une suite
La somme des termes d'une suite jusqu'à un indice \(n\) donné, aussi appelée somme partielle, se note \(\boldsymbol{S_n}\). - Si une suite commence à \(u_0\), la somme partielle \(S_n\) est la somme des \(\textcolor{colordef}{(n+1)}\) premiers termes : $$S_n = u_0 + u_1 + u_2 + \ldots + u_n = \sum_{i=0}^n u_i$$
- Si une suite commence à \(u_1\), la somme partielle \(S_n\) est la somme des \(\textcolor{colordef}{n}\) premiers termes : $$S_n = u_1 + u_2 + u_3 + \ldots + u_n = \sum_{i=1}^n u_i$$
Exemple
On considère la suite définie par \(u_n = 2n + 1\) pour \(n \ge 0\). - Écrire les termes \(u_0\), \(u_1\), \(u_2\) et \(u_3\).
- Calculer la somme partielle \(S_3 = \displaystyle\sum_{i=0}^{3} u_i\).
- \(u_0 = 1\), \(u_1 = 3\), \(u_2 = 5\) et \(u_3 = 7\).
- La suite commence à \(u_0\), donc \(S_3\) est la somme des quatre premiers termes : $$\begin{aligned}[t] S_3 &= u_0 + u_1 + u_2 + u_3 && \text{(définition de } S_3\text{, départ à } u_0\text{)} \\ &= 1 + 3 + 5 + 7 && \text{(termes de la question 1)} \\ &= 16. \end{aligned}$$
Méthode — D'une somme sigma à un algorithme
Une somme écrite avec le symbole \(\Sigma\) se calcule par une boucle. Pour calculer \(S = \displaystyle\sum_{k=a}^{b} f(k)\), pour des entiers \(a \leqslant b\) : - Initialisation : avant la boucle, une variable \(s\), l'accumulateur, reçoit \(0\), la somme d'aucun terme.
- Compteur : une boucle bornée fait prendre au compteur \(k\) les valeurs \(a\), \(a + 1\), …, \(b\) : les bornes de la boucle sont les bornes écrites sous et sur le \(\Sigma\).
- Accumulateur : à chaque tour, le terme \(f(k)\) écrit après le \(\Sigma\) est ajouté à \(s\).
- Sortie de boucle : après le tour \(k = b\), la boucle s'arrête et on lit \(s\) : il contient \(S\).
s ← 0
Pour k allant de a à b
s ← s + f(k)
Fin Pour
Afficher s Exemple
Écrire un algorithme qui calcule \(S = \displaystyle\sum_{k=1}^{4} k^3\), l'exécuter à la main et donner \(S\).
Les bornes sont \(1\) et \(4\) et le terme est \(k^3\) :
La boucle s'arrête après le tour \(k = 4\), la borne supérieure de la somme : \(S = 1^3 + 2^3 + 3^3 + 4^3 = 100\). Après chaque tour \(k\), l'accumulateur contient la somme des cubes de \(1\) à \(k\).
s ← 0
Pour k allant de 1 à 4
s ← s + k^3
Fin Pour
Afficher s | Étape | \(k\) | \(s\) |
| avant la boucle | \(0\) | |
| tour \(k = 1\) | \(1\) | \(0 + 1 = 1\) |
| tour \(k = 2\) | \(2\) | \(1 + 8 = 9\) |
| tour \(k = 3\) | \(3\) | \(9 + 27 = 36\) |
| tour \(k = 4\) | \(4\) | \(36 + 64 = 100\) |
Compétences à pratiquer
- Calculer les termes et les sommes partielles
- Utiliser la notation sigma
- Calculer les sommes partielles à partir d'une formule explicite
- Calculer des sommes en notation Sigma
IV.2
Somme des termes d'une suite arithmétique
Comment calculer efficacement la somme des 20 premiers termes d'une suite arithmétique commençant par \(u_0 = 5\) et de raison \(r=5\) ?$$S_{19} = \overbrace{5 + 10 + 15 + \ldots + 90 + 95 + 100}^{\text{20 termes}}$$ La méthode consiste à écrire la somme deux fois, une fois dans l'ordre normal et une fois dans l'ordre inverse, puis à ajouter les deux lignes terme à terme.$$\begin{array}{l r c c c c c c c}S_{19} & = & 5 & + & 10 & + & \ldots & + & 100 \\
S_{19} & = & 100 & + & 95 & + & \ldots & + & 5 \\
\hline2S_{19} & = & 105 & + & 105 & + & \ldots & + & 105 \\
\end{array}$$ Chaque paire de termes donne la même somme (\(5+100=105\), \(10+95=105\), etc.). Puisqu'il y a 20 termes dans la suite, on a 20 sommes identiques.$$2S_{19} = 20 \times (5+100)$$ La somme est donc :$$S_{19} = 20 \times\frac{5+100}{2} = 1050$$ Cette méthode révèle la formule générale :$$S_n = \frac{\text{Nombre de termes}}{2} \times (\text{Premier terme} + \text{Dernier terme})$$
Proposition — Somme d'une suite arithmétique
La somme des premiers termes d'une suite arithmétique est donnée par la formule :$$S_n = \text{Nombre de termes} \times \frac{(\text{Premier terme} + \text{Dernier terme})}{2}$$ - Si une suite commence à \(u_0\) et se termine à \(u_n\), il y a \(\boldsymbol{n+1}\) termes. La formule est :$$S_n = \frac{n+1}{2}(u_0 + u_n)$$
- Si une suite commence à \(u_1\) et se termine à \(u_n\), il y a \(\boldsymbol{n}\) termes. La formule est :$$S_n = \frac{n}{2}(u_1 + u_n)$$
Exemple
Calculer la somme \(1 + 2 + 3 + \cdots + 100\).
Les termes \(1, 2, 3, \ldots, 100\) forment une suite arithmétique qui commence à \(u_1 = 1\) et se termine à \(u_{100} = 100\) ; il y a donc \(100\) termes : $$\begin{aligned}[t] 1 + 2 + \cdots + 100 &= \frac{100}{2}\,(1 + 100) && \text{(} S_n = \tfrac{n}{2}(u_1 + u_n)\text{)} \\
&= 50 \times 101 && \text{(on simplifie } \tfrac{100}{2}\text{)} \\
&= 5\,050. \end{aligned}$$
Exemple
La suite \((u_n)\) est arithmétique de premier terme \(u_0 = 7\) et de raison \(r = 3\). Calculer la somme de ses \(15\) premiers termes.
La somme des \(15\) premiers termes est \(S_{14} = u_0 + u_1 + \cdots + u_{14}\). D'abord, le dernier terme : $$\begin{aligned}[t] u_{14} &= u_0 + 14\,r && \text{(formule explicite)} \\
&= 7 + 14 \times 3 && \text{(} u_0 = 7,\ r = 3\text{)} \\
&= 49. \end{aligned}$$ Puis la formule pour une suite commençant à \(u_0\) donne : $$\begin{aligned}[t] S_{14} &= \frac{14+1}{2}\,(u_0 + u_{14}) && \text{(} S_n = \tfrac{n+1}{2}(u_0 + u_n)\text{)} \\
&= \frac{15}{2} \times (7 + 49) && \\
&= \frac{15 \times 56}{2} && \\
&= 15 \times 28 && \text{(on divise } 56 \text{ par } 2\text{)} \\
&= 420. \end{aligned}$$
Proposition — Somme à partir du premier terme et de la raison
Soit \((u_n)\) une suite arithmétique de raison \(r\). La somme de ses premiers termes peut aussi s'écrire avec le premier terme et la raison seulement, sans calculer le dernier terme : - Si la suite commence à \(u_1\), la somme de ses \(\boldsymbol{n}\) premiers termes est :$$S_n = \frac{n}{2}\big(2u_1 + (n-1)r\big)$$
- Si la suite commence à \(u_0\), la somme de ses \(\boldsymbol{n+1}\) premiers termes est :$$S_n = \frac{n+1}{2}\big(2u_0 + nr\big)$$
Exemple
Une suite arithmétique a pour premier terme \(u_1 = 3\) et pour raison \(r = 4\). - Calculer la somme \(S_{12}\) de ses \(12\) premiers termes.
- Combien de termes, à partir de \(u_1\), faut-il additionner pour que la somme soit égale à \(210\) ?
- Le dernier terme est inutile. Avec \(u_1 = 3\), \(r = 4\) et \(n = 12\) : $$\begin{aligned}[t] S_{12} &= \frac{12}{2}\big(2u_1 + 11r\big) && \text{(} S_n = \tfrac{n}{2}(2u_1 + (n-1)r)\text{)} \\ &= 6 \times (2 \times 3 + 11 \times 4) \\ &= 6 \times 50 \\ &= 300. \end{aligned}$$
- Ici, l'inconnue est le nombre de termes \(n\). D'abord, \(S_n\) en fonction de \(n\) : $$\begin{aligned}[t] S_n &= \frac{n}{2}\big(2 \times 3 + (n-1) \times 4\big) && \text{(} S_n = \tfrac{n}{2}(2u_1 + (n-1)r)\text{)} \\
&= \frac{n}{2}\,(4n + 2) && \text{(on développe)} \\
&= 2n^2 + n. \end{aligned}$$ On cherche donc le nombre de termes \(n\) tel que \(2n^2 + n = 210\). Les termes \(3 \,;\, 7 \,;\, 11 \,;\, \ldots\) sont strictement positifs, donc chaque terme ajouté fait grandir la somme : \(S_n\) augmente avec \(n\). Un tableau de valeurs donne
\(S_{10} = 210\), et comme \(S_n\) augmente, aucun autre nombre de termes ne donne \(210\) : \(n = \boldsymbol{10}\), il faut donc additionner \(10\) termes.\(n\) \(8\) \(9\) \(10\) \(11\) \(S_n = 2n^2 + n\) \(136\) \(171\) \(210\) \(253\)
Vérification : \(S_{10} = \frac{10}{2}(2 \times 3 + 9 \times 4) = 5 \times 42 = 210\).
Compétences à pratiquer
- Calculer la somme des termes d'une suite arithmétique : Niveau 1
- Calculer la somme des termes d'une suite arithmétique : Niveau 2
- Utiliser la formule de la somme avec le premier terme et la raison
- Calculer la somme des termes d'une suite arithmétique en notation Sigma
- Démontrer les formules de sommes
- Rédiger une somme de termes d'une suite arithmétique
IV.3
Somme des termes d'une suite géométrique
Comment calculer efficacement la somme des 10 premiers termes d'une suite géométrique commençant par \(u_0 = 3\) et de raison \(q=2\) ?$$S_9 = 3 + 6 + 12 + 24 + \ldots + 768 + 1536$$ L'astuce consiste à multiplier toute la somme par la raison \(q=2\), puis à soustraire la somme de départ de cette nouvelle somme.
On écrit la somme de départ :$$S_9 = 3 + 6 + 12 + \ldots + 768 + 1536$$ On multiplie ensuite chaque terme par la raison \(2\) :$$2S_9 = 6 + 12 + 24 + \ldots + 1536 + 3072$$ On remarque que la plupart des termes de \(S_9\) et de \(2S_9\) sont identiques. En soustrayant la première égalité de la deuxième, ces termes s'éliminent :$$\begin{array}{lrccccccccc} 2S_9 & = & & & 6 & + & 12 & + \ldots + & 1536 & + & 3072 \\ -\, S_9 & = & -(3 & + & 6 & +&12 & + \ldots + & 1536) \\ \hline(2-1)S_9 & = & -3 & + & 0 & + &0&+\ldots + & 0 & + & 3072 \\ \end{array}$$ Il reste une égalité beaucoup plus simple :$$S_9 = 3072 - 3 = 3069$$ Cette méthode donne la formule générale de la somme des termes d'une suite géométrique de raison \(q \neq 1\) (pour pouvoir diviser par \(1 - q\)) :$$\begin{aligned}S_n - qS_n &= u_0 - u_0 \times q^{n+1}\\ S_n(1-q) &= u_0(1-q^{n+1})\\ S_n &= u_0 \left( \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\right)\\ \end{aligned}$$
On écrit la somme de départ :$$S_9 = 3 + 6 + 12 + \ldots + 768 + 1536$$ On multiplie ensuite chaque terme par la raison \(2\) :$$2S_9 = 6 + 12 + 24 + \ldots + 1536 + 3072$$ On remarque que la plupart des termes de \(S_9\) et de \(2S_9\) sont identiques. En soustrayant la première égalité de la deuxième, ces termes s'éliminent :$$\begin{array}{lrccccccccc} 2S_9 & = & & & 6 & + & 12 & + \ldots + & 1536 & + & 3072 \\ -\, S_9 & = & -(3 & + & 6 & +&12 & + \ldots + & 1536) \\ \hline(2-1)S_9 & = & -3 & + & 0 & + &0&+\ldots + & 0 & + & 3072 \\ \end{array}$$ Il reste une égalité beaucoup plus simple :$$S_9 = 3072 - 3 = 3069$$ Cette méthode donne la formule générale de la somme des termes d'une suite géométrique de raison \(q \neq 1\) (pour pouvoir diviser par \(1 - q\)) :$$\begin{aligned}S_n - qS_n &= u_0 - u_0 \times q^{n+1}\\ S_n(1-q) &= u_0(1-q^{n+1})\\ S_n &= u_0 \left( \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q}\right)\\ \end{aligned}$$
Proposition — Somme d'une suite géométrique
La somme des premiers termes d'une suite géométrique est donnée par la formule :$$S_n = \text{Premier terme} \times \frac{1 - (\text{raison})^{\text{Nombre de termes}}}{1 - \text{raison}}$$ - Si une suite commence à \(u_0\) et a pour raison \(q\), la somme des \(\boldsymbol{n+1}\) premiers termes est :$$S_n = u_0 \left( \frac{1 - q^{n+1}}{1 - q} \right)$$
- Si une suite commence à \(u_1\) et a pour raison \(q\), la somme des \(\boldsymbol{n}\) premiers termes est :$$S_n = u_1 \left( \frac{1 - q^{n}}{1 - q} \right)$$
Le cas \(q \equal 1\)
Si \(q = 1\), tous les termes sont égaux à \(u_0\), donc la formule ci-dessus (qui divise par \(1-q\)) ne s'applique pas. La somme vaut alors simplement$$S = \underbrace{u_0 + u_0 + \cdots + u_0}_{n+1 \text{ termes}} = (n+1)\,u_0.$$
Exemple
La suite \((u_n)\) est géométrique de premier terme \(u_0 = 5\) et de raison \(q = 3\). Calculer la somme de ses \(6\) premiers termes.
La suite commence à \(u_0\), donc la somme des \(6\) premiers termes est \(S_5\), et \(q = 3 \neq 1\) : $$\begin{aligned}[t] S_5 &= u_0\left(\frac{1 - q^{5+1}}{1 - q}\right) && \text{(} S_n = u_0\,\tfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\text{)} \\
&= 5 \times \frac{1 - 3^6}{1 - 3} && \\
&= 5 \times \frac{1 - 729}{-2} && \text{(} 3^6 = 729\text{)} \\
&= 5 \times \frac{-728}{-2} && \\
&= 5 \times 364 && \\
&= 1\,820. \end{aligned}$$
Une autre écriture de la somme géométrique
Lorsque \(q > 1\) et \(n \ge 1\), le numérateur et le dénominateur de \(\dfrac{1 - q^n}{1 - q}\) sont tous deux strictement négatifs. Les multiplier par \(-1\) ne change pas la fraction, et donne une écriture équivalente de la somme, pour \(q \neq 1\) :
- à partir de \(u_1\), la somme des \(n\) premiers termes est \(S_n = u_1 \left( \dfrac{q^{n} - 1}{q - 1} \right)\) ;
- à partir de \(u_0\), la somme des \(n+1\) premiers termes est \(S_n = u_0 \left( \dfrac{q^{n+1} - 1}{q - 1} \right)\).
Définition — Valeur acquise
Un compte d'épargne rapporte des intérêts composés à un taux fixe de \(t\pourcent\) par période, avec \(t \gt 0\) : à la fin de chaque période, son solde est multiplié par \(q = 1 + \dfrac{t}{100}\) (un taux de \(3\pourcent\) donne \(t = 3\) et \(q = 1{,}03\)). Lorsque la même somme \(D\) est versée au début de chaque période, le solde du compte juste après le \(n\)-ième versement s'appelle la valeur acquise (ou valeur future) par les \(n\) versements ; on la note \(V_n\). Proposition — Valeur acquise par des versements réguliers
Avec des versements de \(D\) au début de chaque période et un taux de \(t\pourcent\) par période (\(t \gt 0\)), la valeur acquise juste après le \(n\)-ième versement est la somme des \(n\) premiers termes de la suite géométrique de premier terme \(D\) et de raison \(q = 1 + \frac{t}{100}\) : $$V_n = D + Dq + Dq^2 + \cdots + Dq^{n-1} = D\,\frac{q^n - 1}{q - 1}.$$ Exemple
Un épargnant verse \(1\,000\) euros le 1\textsuperscript{er} janvier de chaque année sur un compte rémunéré à \(3\pourcent\) par an, à intérêts composés annuels. Déterminer la valeur acquise par le compte juste après le \(10\)\textsuperscript{e} versement, au centime près, et la part de cette somme qui vient des intérêts.
Ajouter \(3\pourcent\) revient à multiplier par \(1{,}03\). Juste après le \(10\)\textsuperscript{e} versement, le dernier versement vaut \(1\,000\), celui d'avant \(1\,000 \times 1{,}03\), et ainsi de suite jusqu'au premier, resté \(9\) ans : \(1\,000 \times 1{,}03^9\). La valeur acquise est la somme des \(10\) premiers termes de la suite géométrique de premier terme \(1\,000\) et de raison \(1{,}03\) : $$\begin{aligned}[t] V_{10} &= 1\,000 + 1\,000 \times 1{,}03 + \cdots + 1\,000 \times 1{,}03^9 && \text{(un terme par versement)} \\
&= 1\,000 \times \frac{1{,}03^{10} - 1}{1{,}03 - 1} && \text{(somme d'une suite géométrique, } 10 \text{ termes)} \\
&\approx 11\,463{,}88 \text{ euros.} \end{aligned}$$ L'épargnant a versé \(10 \times 1\,000 = 10\,000\) euros ; les intérêts représentent donc environ \(11\,463{,}88 - 10\,000 = 1\,463{,}88\) euros.
Compétences à pratiquer
- Calculer la somme des termes d'une suite géométrique : Niveau 1
- Calculer la somme des termes d'une suite géométrique : Niveau 2
- Calculer la somme des termes d'une suite géométrique en notation Sigma
- Rédiger une somme de termes d'une suite géométrique
IV.4
Sommes et algorithmes (sauf STD2A)
Définition — L'accumulateur
Un accumulateur est une variable créée avant la boucle et lue après elle, que les tours construisent peu à peu. Sa valeur de départ est la réponse pour zéro tour : 0 pour une somme, 1 pour un produit. Quand zéro tour n'a pas de réponse, comme pour le plus grand de plusieurs nombres (le plus grand d'aucun nombre n'est pas un nombre), l'accumulateur part de la première valeur lue, et la boucle traite celles qui restent. Oublier de le créer avant la boucle, ou le lire à l'intérieur de la boucle au lieu de l'après, sont les deux erreurs à éviter. Méthode — Exécuter une boucle à la main
- Écrire les lignes d'avant la boucle comme d'habitude : l'accumulateur y reçoit sa valeur de départ.
- Écrire une ligne par tour, repérée par la valeur du compteur, et non une ligne par instruction du corps quand celui-ci tient sur une ligne.
- Calculer avec les valeurs de la ligne précédente, tour après tour, sans jamais sauter en avant.
- Compter les tours et vérifier ce compte sur les bornes avant de lire la réponse.
- Écrire les lignes d'après la boucle : l'accumulateur y est lu, avec la valeur du dernier tour.
Exemple
Exécuter à la main l'algorithme suivant et donner ce qu'il affiche. s ← 0
Pour k allant de 1 à 4
s ← s + k
Fin Pour
Afficher s | Instruction | \(s\) | \(k\) | Affichage |
| \(s \leftarrow 0\) | \(0\) | ||
| tour \(k = 1\) | \(1\) | \(1\) | |
| tour \(k = 2\) | \(3\) | \(2\) | |
| tour \(k = 3\) | \(6\) | \(3\) | |
| tour \(k = 4\) | \(10\) | \(4\) | |
| Afficher \(s\) | \(10\) | \(4\) | \(10\) |
10, la somme \(1 + 2 + 3 + 4\). Quatre tours, comme l'annoncent les bornes \(1\) et \(4\). Après le tour \(k\), s retient la somme des entiers de \(1\) à \(k\) : la colonne \(s\) le dit à chaque ligne, et c'est pourquoi la valeur lue après la boucle est la somme des quatre. L'accumulateur part de 0 parce que c'est la somme d'aucun nombre, et il est lu après la boucle, quand les quatre tours sont faits. Le faire partir de \(1\) ajouterait un de trop ; le lire dans la boucle afficherait quatre nombres au lieu d'un. Exemple
Qu'affiche le programme suivant, et que calcule-t-il ? L'écrire aussi en pseudo-code. total = 0
for k in range(1, 6):
total = total + k * k
print(total) 55 Il calcule la somme des carrés des entiers de \(1\) à \(5\). total ← 0
Pour k allant de 1 à 5
total ← total + k × k
Fin Pour
Afficher total Le compteur prend les valeurs \(1\), \(2\), \(3\), \(4\), \(5\), et l'accumulateur ajoute le carré de chacune : \(1 + 4 + 9 + 16 + 25 = 55\). Lire un programme dans l'autre sens se fait en deux temps : dire en une phrase ce qu'il calcule, puis écrire cette phrase en pseudo-code, ligne à ligne. La seule ligne à surveiller est la boucle : Python écrit range(1, 6), dont la seconde borne est la première valeur non prise, là où le pseudo-code écrit la dernière valeur prise. Le même algorithme, deux écritures des mêmes bornes.
Les deux bornes ne s'écrivent pas de la même façon
Pour k allant de 1 à n prend la valeur n ; range(1, n) s'arrête juste avant. L'écriture Python de la même boucle est donc range(1, n + 1), et ce décalage est l'erreur la plus fréquente du passage d'un registre à l'autre. La vérification sûre est de compter les tours sur un petit cas : allant de 1 à 3 fait trois tours, et range(1, 4) donne 1, 2, 3, trois valeurs.
Compétences à pratiquer
- Exécuter et traduire une boucle bornée
- Programmer la somme des \(n\) premiers termes
V
Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
- Raisonner et résoudre des problèmes
- Problèmes
- Quiz
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