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Éducation Nationale Française · Terminale Spécialité

Succession d'épreuves indépendantes, schéma de Bernoulli, loi binomiale

I Succession d'épreuves indépendantes
I.1 Arbres pondérés et probabilités totales
Définition — Arbre pondéré
Un arbre pondéré (ou diagramme en arbre des probabilités conditionnelles) représente les probabilités d’une succession d’événements :
  • Chaque branche issue d’un nœud indique soit une probabilité non conditionnelle (par exemple, \(P(E)\)), soit une probabilité conditionnelle (par exemple, \(\PCondFr{F}{E}\)).
  • Les événements sont indiqués à la fin de chaque branche.
  • Les probabilités des branches issues d’un même nœud ont pour somme \(1\) (règle de la somme) : par exemple \(\PCondFr{\overline{F}}{E} = 1 - \PCondFr{F}{E}\).
  • La probabilité de l’intersection des événements rencontrés le long d’un chemin est le produit des probabilités le long de ce chemin (règle du produit).
Illustration
Méthode — Calculer \(P(E \cap F)\) à l'aide d'un arbre pondéré
  1. Repérer le chemin qui réalise à la fois \(E\) et \(F\).
  2. Multiplier les probabilités le long de ce chemin.
$$P(E \cap F) = \textcolor{colorprop}{P(E) \PCondFr{F}{E}}.$$
Illustration
Théorème — Formule des probabilités totales
Pour des événements \(E\) et \(F\) avec \(0 < P(E) < 1\) : $$P(F) = P(E) \PCondFr{F}{E} + P(\overline{E}) \PCondFr{F}{\overline{E}}.$$ Ce résultat utilise la partition de l’univers formée par \(E\) et son contraire \(\overline{E}\). Plus généralement, si \((E_1,\dots,E_n)\) forme une partition de l’univers en événements de probabilités non nulles, alors $$P(F) = \sum_{i=1}^n P(E_i)\PCondFr{F}{E_i}.$$
Méthode — Calculer \(P(F)\) à l'aide d'un arbre
  1. Repérer tous les chemins qui mènent à \(F\).
  2. Calculer le produit des probabilités le long de chaque chemin, puis additionner ces produits.
$$P(F) = \textcolor{colordef}{P(E) \PCondFr{F}{E}} + \textcolor{colorprop}{P(\overline{E}) \PCondFr{F}{\overline{E}}}.$$
Illustration
Compétences à pratiquer
  • Calculer des probabilités avec des arbres
I.2 Événements indépendants
Définition — Événements indépendants
Deux événements \(A\) et \(B\) sont indépendants quand la probabilité que les deux se produisent (c’est-à-dire \(P(A\cap B)\) ou \(P(A \text{ et } B)\)) est le produit de leurs probabilités individuelles. On parle alors de règle de multiplication pour des événements indépendants : $$P(A \text{ et } B) = P(A) \times P(B)$$
Compétences à pratiquer
  • Multiplier les probabilités d'événements indépendants
I.3 Épreuves, arbres et modèle du produit
La même urne, deux tirages
Une urne contient trois boules rouges et deux boules bleues, indistinguables au toucher. On tire une boule, on note sa couleur, puis on tire une seconde boule.
Illustration
Une urne : trois boules rouges, deux boules bleues
  • Avec remise, la première boule revient dans l'urne : le second tirage a les mêmes probabilités que le premier, \(\frac{3}{5}\) pour rouge et \(\frac{2}{5}\) pour bleu, quel que soit le premier résultat. Les deux tirages ne s'influencent pas : ils sont indépendants. La probabilité de l'issue (rouge, rouge) est \(\frac{3}{5} \times \frac{3}{5} = \frac{9}{25}\).
    Illustration
  • Sans remise, la première boule reste dehors : les probabilités du second tirage dépendent du premier résultat, \(\frac{2}{4}\) pour rouge après une boule rouge, \(\frac{3}{4}\) après une bleue. Les deux tirages ne sont pas indépendants ; les branches portent des probabilités conditionnelles, et la probabilité de (rouge, rouge) est \(\frac{3}{5} \times \frac{2}{4} = \frac{3}{10}\).
    Illustration
Même arbre, deux façons de le pondérer. Cette section donne son nom à la première situation, une succession d'épreuves indépendantes, et montre comment l'arbre calcule les probabilités dans les deux cas.
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Définition — Succession d'épreuves
Une succession de \(n\) épreuves est une expérience aléatoire formée de \(n\) expériences aléatoires réalisées l'une après l'autre, d'ensembles d'issues \(E_1, E_2, \dots, E_n\). Une issue de la succession est la liste \((x_1\,;\,x_2\,;\,\dots\,;\,x_n)\) des résultats, avec \(x_i \in E_i\) ; l'univers est le produit cartésien \(E_1 \times E_2 \times \dots \times E_n\) de toutes ces listes. La succession se représente par un arbre à \(n\) niveaux, un par épreuve : un chemin de la racine à une feuille est une issue.
Définition — Épreuves indépendantes : le modèle du produit
Les \(n\) épreuves sont indépendantes quand le résultat de chacune ne dépend pas des résultats des autres : sur l'arbre, chaque issue d'une épreuve garde la même probabilité quels que soient les résultats des épreuves précédentes, donc, à un niveau donné de l'arbre, les branches qui mènent à une même issue portent le même poids quel que soit le nœud d'où elles partent (les poids des différentes issues d'une épreuve n'ont pas à être égaux). Dans ce modèle, la probabilité d'une issue est le produit des probabilités de ses composantes : $$P\bigl((x_1\,;\,x_2\,;\,\dots\,;\,x_n)\bigr) = P_1(x_1) \times P_2(x_2) \times \dots \times P_n(x_n),$$ où \(P_i(x_i)\) est la probabilité du résultat \(x_i\) dans la \(i\)-ième épreuve. Pour deux épreuves, c'est la règle du produit des événements indépendants.
Un modèle, pas un théorème
L'indépendance est une hypothèse sur la situation, choisie quand les épreuves ne s'influencent pas : tirages avec remise, lancers répétés d'une pièce, tirs répétés d'un joueur dont la forme ne change pas. Dans une situation donnée, c'est un choix de modélisation, qui s'énonce et ne se déduit pas des données : la formule du produit définit alors le modèle probabiliste de la succession. L'indépendance est mutuelle : elle porte sur toutes les épreuves ensemble, pas seulement deux à deux.
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Méthode — Calculer avec un arbre
  1. Dessiner l'arbre, un niveau par épreuve, et écrire la probabilité de chaque branche ; les probabilités des branches issues d'un même nœud ont pour somme \(1\).
  2. Probabilité d'un chemin : multiplier les probabilités le long du chemin, de la racine à la feuille.
  3. Probabilité d'un événement : additionner les probabilités des chemins qui le réalisent (deux chemins différents sont des issues disjointes).
  4. « Au moins un » : passer par le contraire « aucun », qui a bien moins de chemins (un seul quand chaque épreuve est réduite à « l'issue se produit ou non »).
Exemple
On lance trois fois un dé équilibré à six faces. Les lancers sont indépendants. Calculer la probabilité d'obtenir trois six, exactement un six, et au moins un six.

Chaque lancer a deux issues utiles, « \(6\) » de probabilité \(\frac{1}{6}\) et « \(\overline{6}\) » de probabilité \(\frac{5}{6}\) ; l'arbre a \(2^3 = 8\) chemins.
Illustration
Trois six : un chemin, \(\left(\frac{1}{6}\right)^3 = \frac{1}{216}\). Exactement un six : trois chemins (\(6\overline{6}\overline{6}\), \(\overline{6}6\overline{6}\), \(\overline{6}\overline{6}6\)), chacun de probabilité \(\frac{1}{6} \times \frac{5}{6} \times \frac{5}{6} = \frac{25}{216}\), donc \(3 \times \frac{25}{216} = \frac{75}{216} = \frac{25}{72}\). Au moins un six : le contraire de « aucun six », le chemin \(\overline{6}\overline{6}\overline{6}\) de probabilité \(\left(\frac{5}{6}\right)^3 = \frac{125}{216}\), donc \(1 - \frac{125}{216} = \frac{91}{216}\).

Méthode — Deux ou trois épreuves quelconques
Quand les épreuves ne sont pas indépendantes (tirages sans remise, seconde étape dont les chances dépendent de la première), l'arbre fonctionne encore : les branches du second niveau portent des probabilités conditionnelles, la probabilité du second résultat sachant le premier.
  • La probabilité d'un chemin est toujours le produit des poids le long du chemin : \(P(A \cap B) = P(A) \times P_A(B)\) pour deux épreuves, et pour trois, \(P(A \cap B \cap C) = P(A) \times P_A(B) \times P_{A \cap B}(C)\), le troisième poids étant conditionné par tout le chemin qui le précède (les événements conditionnants étant de probabilité non nulle).
  • La probabilité d'un événement réalisé par plusieurs chemins est la somme de leurs probabilités (formule des probabilités totales).
L'indépendance se reconnaît sur l'arbre : chaque issue garde le même poids sur toutes les branches de son niveau.
Exemple
Dans l'urne ci-dessus (trois rouges, deux bleues), on tire deux boules sans remise. Quelle est la probabilité que la seconde boule soit rouge ? Comparer avec des tirages avec remise.

Sans remise, deux chemins finissent par une boule rouge : (rouge, rouge) de probabilité \(\frac{3}{5} \times \frac{2}{4} = \frac{3}{10}\) et (bleu, rouge) de probabilité \(\frac{2}{5} \times \frac{3}{4} = \frac{3}{10}\). Par la formule des probabilités totales, \(P(\text{seconde rouge}) = \frac{3}{10} + \frac{3}{10} = \frac{3}{5}\). Avec remise, les tirages sont indépendants et le second tirage est rouge avec la probabilité \(\frac{3}{5}\) sur chaque branche : la même valeur, pour une autre raison.

Compétences à pratiquer
  • Modéliser une succession d'épreuves par un arbre
II Épreuve, loi et schéma de Bernoulli
II.1 Épreuve et loi de Bernoulli
Définition — Épreuve de Bernoulli
Une épreuve de Bernoulli est une expérience aléatoire à exactement deux issues, appelées succès et échec. La probabilité du succès se note \(p\), un nombre strictement compris entre \(0\) et \(1\) — un succès ni impossible ni certain ; la probabilité de l'échec est \(1 - p\). Lancer une pièce, tirer sur une cible, tirer une boule rouge ou non : toute expérience devient une épreuve de Bernoulli dès qu'un événement ni impossible ni certain est choisi comme « succès » et que l'on ne note que sa réalisation, sa non-réalisation étant l'échec.
Une épreuve de Bernoulli produit une variable aléatoire : \(X = 1\) si l'épreuve est un succès, \(X = 0\) si c'est un échec. Sa loi est la loi de Bernoulli de paramètre \(p\), la probabilité de succès.
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Définition — Loi de Bernoulli
Une variable aléatoire \(X\) suit une loi de Bernoulli de paramètre \(p\) si :
  • Les valeurs possibles sont 0 et 1.
  • \(P(X = 1) = p\) et \(P(X = 0) = 1 - p\).
On écrit \(X \sim \mathcal{B}(p)\).
Exemple
Un joueur de basketball a 80\(\pourcent\) de chances de réussir un lancer franc. Soit \(X = 1\) si le tir est réussi, et \(X = 0\) s'il est manqué.
  1. \(X\) suit-elle une loi de Bernoulli ?
  2. Déterminer la probabilité de succès.

  1. Oui, les valeurs possibles de \(X\) sont 0 et 1. Donc elle suit une loi de Bernoulli.
  2. Probabilité de succès : \(P(X = 1) = 80\pourcent = 0{,}8\).

Proposition — Espérance et variance d’une loi de Bernoulli
Si \(X\) suit la loi de Bernoulli de paramètre \(p\), alors :
  • L'espérance est \(E(X) = p\),
  • La variance est \(V(X) = p(1 - p)\),
  • L’écart-type est \(\sigma(X) = \sqrt{p(1 - p)}\).

  • \(\begin{aligned}[t]E(X)&=0\times P(X=0)+1\times P(X=1)\\&=0\times(1-p)+1\times p\\&=p\end{aligned}\)
  • \(\begin{aligned}[t] V(X) &= (0-p)^2(1-p) + (1-p)^2 p \\ &= p^2(1-p) + p(1-p)^2 \\ &= p(1-p) [p + (1-p)] \\ &= p(1-p) \\ \end{aligned} \)

Compétences à pratiquer
  • Reconnaître une loi de Bernoulli
  • Déterminer une probabilité de succès
  • Identifier et définir une épreuve de Bernoulli
II.2 Le schéma de Bernoulli
On suppose qu’un joueur de basketball effectue \(n\) lancers francs, et que l’on compte le nombre de tirs réussis. La probabilité de réussir un lancer franc est la même à chaque tentative, et chaque tir est indépendant des autres tirs. C'est un schéma de Bernoulli.
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Définition — Schéma de Bernoulli
Un schéma de Bernoulli de paramètres \(n\) et \(p\) est la succession de \(n\) épreuves de Bernoulli identiques (même probabilité de succès \(p\)) et indépendantes : la même épreuve répétée \(n\) fois, sans qu'aucune influence les autres. On le reconnaît à quatre conditions :
  1. un nombre fixé \(n\) d'épreuves ;
  2. chaque épreuve a deux issues, succès et échec ;
  3. la probabilité de succès \(p\) est la même à chaque épreuve ;
  4. les épreuves sont indépendantes.
Une issue est une liste de \(n\) résultats, telle que \(\text{SES} \dots \text{S}\) ; l'arbre du schéma a \(2^n\) chemins, et par le modèle du produit la probabilité d'un chemin à \(k\) succès et \(n - k\) échecs est \(p^k (1-p)^{n-k}\). Un schéma de Bernoulli s'appelle aussi une expérience binomiale.
Illustration
Compétences à pratiquer
  • Modéliser avec un schéma de Bernoulli
III La loi binomiale
III.1 La loi du nombre de succès
Définition — Loi binomiale
Dans un schéma de Bernoulli de paramètres \(n\) et \(p\), soit \(X\) le nombre de succès. \(X\) prend les valeurs \(0, 1, \dots, n\) ; sa loi de probabilité est appelée loi binomiale de paramètres \(n\) et \(p\), notée \(\mathcal{B}(n\,;\,p)\), et on écrit \(X \sim \mathcal{B}(n\,;\,p)\).
Proposition — Probabilité de \(k\) succès
Soit \(X \sim \mathcal{B}(n\,;\,p)\). La loi de probabilité de \(X\) est :
Illustration
Pour tout entier \(k\) de \(0\) à \(n\), \(P(X = k) = \dbinom{n}{k} p^k (1-p)^{n-k}\), où le coefficient binomial \(\dbinom{n}{k}\) est le nombre de chemins de l'arbre à \(k\) succès.

Soit \(0 \leq k \leq n\). Une issue du schéma est un chemin de l'arbre à \(n\) niveaux, une liste de \(n\) résultats S ou E.
  1. Probabilité d'un chemin à \(k\) succès. Les épreuves sont indépendantes, donc la probabilité d'un chemin est le produit des probabilités de ses \(n\) branches : \(k\) facteurs \(p\) et \(n - k\) facteurs \(1 - p\), quelles que soient les positions des succès. Tout chemin à exactement \(k\) succès a pour probabilité \(p^k (1-p)^{n-k}\).
  2. Nombre de ces chemins. Un chemin à \(k\) succès est déterminé par les positions de ses succès parmi les \(n\) épreuves : une partie à \(k\) éléments de l'ensemble des \(n\) positions. Il y a \(\dbinom{n}{k}\) telles parties, donc \(\dbinom{n}{k}\) chemins.
  3. Conclusion. L'événement \((X = k)\) est réalisé par ces \(\dbinom{n}{k}\) chemins, issues deux à deux disjointes de même probabilité ; par le principe additif, $$P(X = k) = \binom{n}{k} p^k (1-p)^{n-k}.$$
Pour \(n = 3\), l'arbre de la définition ci-dessus montre les huit chemins : les trois chemins à exactement un succès, \(\text{SEE}\), \(\text{ESE}\), \(\text{EES}\), ont chacun pour probabilité \(p(1-p)^2\) et \(\dbinom{3}{1} = 3\), donc \(P(X = 1) = 3p(1-p)^2\).

Exemple
Un joueur de basketball a 80\(\pourcent\) de chances de réussir un lancer franc et effectue 5 tirs, supposés indépendants les uns des autres. Soit \(X\) le nombre de tirs réussis.
  1. \(X\) suit-elle une loi binomiale ?
  2. Déterminer la probabilité de réussir 4 tirs.

  1. Oui, \(X\) suit une loi binomiale car elle compte le nombre de succès (tirs réussis) dans 5 épreuves indépendantes (lancers francs), chacune avec la même probabilité de succès \(0{,}8\).
  2. Comme \(X \sim \mathcal{B}(5 ; 0{,}8)\), $$ \begin{aligned} P(X = 4) &= \binom{5}{4} (0{,}8)^4 (1-0{,}8)^1 \\ &= 5 \times 0{,}4096 \times 0{,}2 \\ &= 0{,}4096 \end{aligned} $$ La probabilité de réussir 4 tirs sur 5 est \(0{,}4096=40{,}96\pourcent\).

Compétences à pratiquer
  • Reconnaître une loi binomiale
  • Calculer une probabilité avec la loi binomiale
  • Modéliser et calculer avec la loi binomiale
III.2 Espérance et variance
Proposition — Espérance et variance d'une loi binomiale
Pour \(X \sim \mathcal{B}(n ; p)\) :
  • \(E(X) = n p\) (espérance),
  • \(V(X) = n p (1 - p)\) (variance),
  • \(\sigma(X) = \sqrt{n p (1 - p)}\) (écart-type).
Exemple
Un joueur de basketball a 80\(\pourcent\) de chances de réussir un lancer franc et effectue 5 tirs, supposés indépendants les uns des autres. Déterminer l'espérance et l'écart-type du nombre de tirs réussis.

Soit \(X\) le nombre de tirs réussis. Les tirs étant indépendants, de même probabilité de succès \(0{,}8\), on a \(X \sim \mathcal{B}(5 ; 0{,}8)\).$$\begin{aligned}E(X) &= 5 \times 0{,}8 = 4, \\ V(X) &= 5 \times 0{,}8 \times (1 - 0{,}8) = 5 \times 0{,}8 \times 0{,}2 = 0{,}8, \\ \sigma(X) &= \sqrt{0{,}8} \approx 0{,}89.\end{aligned}$$ L'espérance est de 4 tirs réussis, l'écart-type d'environ \(0{,}89\).

Le schéma comme somme de variables aléatoires
Pour \(i = 1, \dots, n\), soit \(X_i = 1\) si la \(i\)-ième épreuve est un succès et \(X_i = 0\) sinon : \(X_i\) suit la loi de Bernoulli de paramètre \(p\), et les \(X_i\) sont indépendantes puisque les épreuves le sont. Le nombre de succès est leur somme : $$X = X_1 + X_2 + \dots + X_n.$$ Cette écriture est la clé de l'espérance et de la variance de \(X\) : \(E(X) = np\) par linéarité de l'espérance, et \(V(X) = np(1-p)\) par additivité de la variance pour des variables indépendantes, résultats démontrés dans le chapitre sur les sommes de variables aléatoires.
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Compétences à pratiquer
  • Calculer une espérance
IV Calculer avec la loi binomiale
IV.1 Probabilités cumulées et algorithme
Méthode — Probabilités binomiales cumulées
Pour calculer des probabilités binomiales, on utilise une calculatrice graphique : sa fonction de probabilité donne \(P(X = k)\), et sa fonction de probabilité cumulée (ou fonction de répartition) donne les probabilités de la forme \(P(X \leq k)\).
  • Sur TI : Utiliser binomFdp(n, p, k) pour \(P(X = k)\) et binomfrép(n, p, k) pour \(P(X \leq k)\).
  • Sur Casio : Utiliser BinomialPD(k, n, p) et BinomialCD(k, n, p).
  • Sur NumWorks : Application Probabilités, choisir Binomiale.
Pour les autres inégalités, on utilise les règles suivantes, où \(k\), \(a\) et \(b\) sont des entiers avec \(a \leq b\) :
  • \(P(X < k) = P(X \leq k-1)\)
  • \(P(X \geq k) = 1 - P(X \leq k-1)\)
  • \(P(X > k) = 1 - P(X \leq k)\)
  • \(P(a \leq X \leq b) = P(X \leq b) - P(X \leq a-1)\)
Exemple
On considère une variable aléatoire \(X\) qui suit la loi binomiale de paramètres \(n = 100\) et \(p = 0{,}78\). Calculer les probabilités suivantes. Arrondir les résultats au millième. $$P(X < 75), P(X > 79), P(X \geq 74), P(73 < X \leq 81)$$

Avec \(X \sim \mathcal{B}(100 ; 0{,}78)\), on utilise la fonction de répartition de la calculatrice :
  1. \(P(X<75) = P(X\leq 74) \approx \mathbf{0{,}197}\).
  2. \(P(X>79) = 1 - P(X\leq 79) \approx \mathbf{0{,}366}\).
  3. \(P(X\geq 74) = 1 - P(X\leq 73) \approx \mathbf{0{,}861}\).
  4. \(P(73

Méthode — Calculer des probabilités binomiales par un algorithme
La formule \(P(X = k) = \dbinom{n}{k} p^k (1-p)^{n-k}\) tient en une ligne de Python ; la probabilité cumulée \(P(X \leq k)\) est la somme de ces termes pour \(j = 0, \dots, k\) ; et un seuil se trouve par une boucle. La fonction capacity renvoie le plus petit entier \(k\) tel que \(P(X > k) \leq \alpha\) : avec \(n\) réservations, chacune honorée avec la probabilité \(p\) indépendamment, \(k\) places suffisent avec un risque au plus \(\alpha\) de refuser un client.
from math import comb

def binomial_pmf(n, p, k):
    """P(X = k) for X ~ B(n, p)"""
    return comb(n, k) * p**k * (1 - p)**(n - k)

def binomial_cdf(n, p, k):
    """P(X <= k)"""
    return sum(binomial_pmf(n, p, j) for j in range(k + 1))

def capacity(n, p, alpha):
    """smallest k such that P(X > k) <= alpha"""
    k = 0
    while 1 - binomial_cdf(n, p, k) > alpha:
        k = k + 1
    return k

print(binomial_pmf(10, 0.3, 4))      # 0.2001...
print(binomial_cdf(10, 0.3, 4))      # 0.8497...
print(capacity(105, 0.95, 0.05))     # 103
Pour la question inverse, une capacité donnée et le nombre de réservations à accepter, le risque \(P(X > \text{capacité})\) croît avec \(n\) et, quand \(p > 0\), tend vers \(1\) : une boucle augmente \(n\) tant que le risque reste au plus \(\alpha\) et garde la dernière valeur admissible ; elle s'arrête pour tout \(\alpha < 1\).
Compétences à pratiquer
  • Utiliser la calculatrice pour des probabilités binomiales cumulées
  • Modéliser des situations réelles avec la loi binomiale
IV.2 Chercher un seuil ou un intervalle
Méthode — Chercher un seuil
Pour déterminer le plus petit entier \(k\) tel que \(P(X \leq k) \geq 1-\alpha\) (où \(\alpha\) est un seuil, par exemple \(0{,}05\)), on utilise la fonction binomiale inverse ou un tableau de valeurs sur la calculatrice.
Exemple
Soit \(X \sim \mathcal{B}(50 ; 0{,}4)\). Déterminer le plus petit entier \(k\) tel que \(P(X \leq k) \geq 0{,}95\).

D'après le tableau de valeurs de la calculatrice :
  • \(P(X \leq 24) \approx 0{,}9022\)
  • \(P(X \leq 25) \approx 0{,}9427\)
  • \(P(X \leq 26) \approx 0{,}9686\)
Comme \(0{,}9686 \geq 0{,}95\), le plus petit entier recherché est \(k = 26\).

Méthode — Chercher un intervalle de probabilité
Pour chercher un intervalle \(I=[a ; b]\) tel que \(P(X \in I) \geq 1-\alpha\) :
  1. On cherche le plus petit entier \(a\) tel que \(P(X \leq a) > \frac{\alpha}{2}\).
  2. On cherche le plus petit entier \(b\) tel que \(P(X \leq b) \geq 1 - \frac{\alpha}{2}\).
Exemple
Soit \(X \sim \mathcal{B}(50 ; 0{,}4)\). Déterminer l'intervalle centré \([a ; b]\) tel que \(P(a \leq X \leq b) \geq 0{,}95\).

Ici, \(1-\alpha = 0{,}95\), donc \(\alpha = 0{,}05\) et \(\dfrac{\alpha}{2} = 0{,}025\).
  1. On cherche \(a\) tel que \(P(X \leq a) > 0{,}025\).
    D'après la table : \(P(X \leq 12) \approx 0{,}013\) et \(P(X \leq 13) \approx 0{,}028\). Donc \(\mathbf{a = 13}\).
  2. On cherche \(b\) tel que \(P(X \leq b) \geq 0{,}975\).
    D'après la table : \(P(X \leq 26) \approx 0{,}969\) et \(P(X \leq 27) \approx 0{,}984\). Ainsi \(\mathbf{b = 27}\).
L'intervalle est \([13\,;\,27]\).

Compétences à pratiquer
  • Déterminer un seuil
  • Déterminer un seuil de probabilité supérieure ou un intervalle
  • Optimiser des quantités à l'aide de seuils binomiaux
V Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
  • Problèmes
  • Type bac
  • Quiz

Contrôle du chapitre

4 exercices, sur 20 points. Durée indicative : 1 h 30.

À traiter sur papier, puis à photographier : la correction est automatique, par IA.

Ce contrôle ne modifie pas la maîtrise du chapitre, quelle que soit la note.

Aucun exercice composé.