Éducation Nationale Française · Terminale Spécialité
Combinatoire et dénombrement
I
Compter avec une urne
I.1
L'urne et les deux questions
Trois tirages, trois comptes
Une urne contient quatre boules numérotées de \(1\) à \(4\), indistinguables au toucher. On tire deux boules. Combien de tirages sont possibles ? Cela dépend de la façon de tirer. 
Une urne de quatre boules

Une urne de quatre boules
- Avec ordre et avec remise : on tire une boule, on note son numéro, on la remet dans l'urne, puis on tire une seconde boule. L'arbre liste les issues : \(4 \times 4 = 16\) tirages, et \((1\,;\,3)\) n'est pas \((3\,;\,1)\).
- Avec ordre et sans remise : la première boule reste dehors. L'arbre ne garde que les branches à deux numéros différents : \(4 \times 3 = 12\) tirages.
- Sans ordre et sans remise : les deux boules sont tirées ensemble, d'une seule poignée. Un tirage est un ensemble : \(\{1\,;\,2\}\), \(\{1\,;\,3\}\), \(\{1\,;\,4\}\), \(\{2\,;\,3\}\), \(\{2\,;\,4\}\), \(\{3\,;\,4\}\), et \(\{1\,;\,3\} = \{3\,;\,1\}\) : \(6\) tirages, la moitié des \(12\) tirages avec ordre, puisque chaque ensemble est obtenu par deux d'entre eux.
Méthode — Modélisation d'un tirage aléatoire dans une urne
Un problème d'urne représente un tirage aléatoire de boules dans une urne. L'urne contient \(n\) boules, numérotées de 1 à \(n\), indistinguables au toucher, ce qui rend le tirage aléatoire. 
Urne avec 4 boules
- L’ordre dans lequel les boules sont tirées. Si l’ordre compte, c’est un « tirage avec ordre » ; sinon, c’est un « tirage sans ordre ». Par exemple, tirer les boules 7, 33 et 24 s’écrit \((7,33,24)\) avec ordre et \(\{7,33,24\}\) sans ordre. On remarque que \(\{7,33,24\} = \{33,24,7\}\), mais \((7,33,24) \neq (33,24,7)\).
- La remise. Si chaque boule est remise dans l'urne avant le tirage suivant, c’est un « tirage avec remise » ; sinon, c’est un « tirage sans remise ».
Méthode — Nommer le tirage avant de compter
- Écrire une issue. Une liste \((x_1\,;\,\dots\,;\,x_k)\) si l'ordre compte, un ensemble \(\{x_1\,;\,\dots\,;\,x_k\}\) sinon (alors sans répétition : dans ce chapitre, un tirage sans ordre est toujours sans remise).
- Poser les deux questions. L'ordre compte-t-il (\((1\,;\,3)\) est-il une issue différente de \((3\,;\,1)\)) ? Y a-t-il remise (la même boule peut-elle apparaître deux fois) ?
- Nommer l'objet dans le tableau.
avec remise sans remise avec ordre \(k\)-uplet \(k\)-uplet d'éléments distincts sans ordre (non étudié) partie à \(k\) éléments - Compter. Avec un arbre ou un tableau à double entrée quand les nombres sont petits, avec la formule de l'objet sinon (les sections suivantes).
Exemple
Nommer l'objet compté dans chaque situation. - Un code de trois chiffres, tel que \(4\,0\,4\).
- Le podium (premier, deuxième, troisième) d'une course de dix coureurs.
- Une main de cinq cartes distribuée d'un jeu de \(32\).
- Une issue est la liste \((4\,;\,0\,;\,4)\) : l'ordre compte (\(4\,0\,4\) et \(0\,4\,4\) sont deux codes différents) et un chiffre peut se répéter. Un code est un \(3\)-uplet de chiffres.
- Une issue est la liste (premier, deuxième, troisième) : l'ordre compte et un coureur ne peut pas occuper deux places. Un podium est un \(3\)-uplet de coureurs distincts.
- Une issue est l'ensemble des cinq cartes : l'ordre de distribution ne compte pas et une carte apparaît au plus une fois. Une main est une partie à \(5\) éléments du jeu.
Compétences à pratiquer
- Reconnaître le tirage
I.2
Principes additif et multiplicatif
Proposition — Le principe additif
Si les issues à compter se répartissent en deux cas \(A\) et \(B\) sans issue commune (cas disjoints), alors $$\Cardfr{A \cup B} = \Cardfr{A} + \Cardfr{B}.$$ Plus généralement, si les issues se répartissent en \(m\) cas deux à deux disjoints \(A_1, A_2, \dots, A_m\), alors \(\Cardfr{A_1 \cup \dots \cup A_m} = \Cardfr{A_1} + \dots + \Cardfr{A_m}\).
On liste les issues de \(A\), puis celles de \(B\). Toute issue de \(A \cup B\) figure dans la liste, puisqu'elle appartient à \(A\) ou à \(B\) ; aucune n'y figure deux fois, puisqu'aucune n'appartient aux deux. La liste a donc exactement \(\Cardfr{A} + \Cardfr{B}\) entrées, et elle en a \(\Cardfr{A \cup B}\). Pour \(m\) cas, on liste les cas l'un après l'autre.
Exemple
Une personne va faire du shopping dans un magasin aujourd’hui, soit dans la partie nord, soit dans la partie sud de la ville. Dans le nord, elle peut aller dans un centre commercial, un magasin de meubles ou une bijouterie (3 options). Dans le sud, elle peut aller dans un magasin de vêtements ou un magasin de chaussures (2 options).Combien de magasins différents peut-elle choisir ?
Par le principe additif, il y a \(3 + 2 = 5\) magasins différents à choisir.
Proposition — Le principe multiplicatif
Si toute issue se construit par exactement une suite de deux choix successifs, le premier offrant \(n_1\) possibilités et le second \(n_2\) possibilités quel que soit le premier choix, alors le nombre d'issues est $$n_1 \times n_2.$$ Plus généralement, pour \(k\) étapes successives offrant chacune \(n_1, n_2, \dots, n_k\) possibilités, le nombre d'issues est \(n_1 \times n_2 \times \dots \times n_k\).
On dessine l'arbre des issues : \(n_1\) branches pour la première étape, et au bout de chacune \(n_2\) branches pour la seconde. Les issues sont les feuilles. Les \(n_1\) groupes de feuilles sont deux à deux disjoints (une feuille pend d'une seule première branche), donc par le principe additif le nombre de feuilles est \(n_2 + n_2 + \dots + n_2\) (\(n_1\) termes), c'est-à-dire \(n_1 \times n_2\). Pour \(k\) étapes, on répète ce raisonnement étape après étape.
Exemple
Trois villes, \(X\), \(Y\) et \(Z\), sont reliées par des routes comme indiqué. Combien de façons différentes peut-on aller de \(X\) à \(Z\) via \(Y\) ? 
Pour chacune des 3 routes de \(X\) à \(Y\), il y a 2 routes de \(Y\) à \(Z\). Par le principe multiplicatif, il y a \(3 \times 2 = 6\) façons différentes d’aller de \(X\) à \(Z\) via \(Y\). 

Exemple
Dans une course de chevaux avec 10 chevaux, combien de façons différentes peut-on parier sur les trois premiers dans l’ordre exact (tiercé) ? Modéliser cela comme un tirage dans une urne.
Cela devient : « Combien de façons peut-on tirer 3 boules d’une urne de 10 boules numérotées de \(1\) à \(10\), avec ordre et sans remise ? »
Par exemple, si le résultat de la course est le cheval numéro 3 premier, le cheval numéro 1 deuxième, et le cheval numéro 6 troisième, cela correspond au tirage de la boule numéro 3 en premier, de la boule numéro 1 en deuxième et de la boule numéro 6 en troisième, noté \( (3,1,6) \). Le principe multiplicatif compte alors ces tirages : \(10 \times 9 \times 8 = 720\) paris possibles.
Par exemple, si le résultat de la course est le cheval numéro 3 premier, le cheval numéro 1 deuxième, et le cheval numéro 6 troisième, cela correspond au tirage de la boule numéro 3 en premier, de la boule numéro 1 en deuxième et de la boule numéro 6 en troisième, noté \( (3,1,6) \). Le principe multiplicatif compte alors ces tirages : \(10 \times 9 \times 8 = 720\) paris possibles.
Compétences à pratiquer
- Appliquer le principe multiplicatif
- Appliquer le principe additif
- Dénombrer avec un arbre ou un tableau
II
Tirages avec ordre
II.1
k-uplets d'un ensemble
Définition — k-uplet
Soit \(E\) un ensemble à \(n \geq 1\) éléments (l'urne) et \(k \geq 1\) un entier naturel. Un \(k\)-uplet d'éléments de \(E\) est une liste ordonnée \((x_1\,;\,x_2\,;\,\dots\,;\,x_k)\) de \(k\) éléments de \(E\), où un élément peut se répéter : c'est l'issue de \(k\) tirages successifs avec ordre et avec remise. Un \(2\)-uplet est un couple, un \(3\)-uplet un triplet. L'ensemble de tous les \(k\)-uplets d'éléments de \(E\) se note \(E^k = E \times E \times \dots \times E\) (le produit cartésien).Un \(k\)-uplet s'appelle aussi une \(k\)-liste (ou \(p\)-liste, la lettre variant selon les manuels).
Exemple
Lister les \(2\)-uplets d'éléments de \(E = \{1\,;\,2\,;\,3\}\) avec un arbre.
Deux tirages successifs avec remise dans l'urne \(\{1\,;\,2\,;\,3\}\) : trois branches, chacune prolongée par trois branches.
Il y a \(3 \times 3 = 9\) couples, et \((1\,;\,2) \neq (2\,;\,1)\).
Proposition — Nombre de k-uplets
Pour \(n \geq 1\) et \(k \geq 1\), un ensemble à \(n\) éléments a \(n^k\) \(k\)-uplets d'éléments : $$\Cardfr{E^k} = n^k.$$
Un \(k\)-uplet se construit en \(k\) étapes successives : choisir \(x_1\) parmi les \(n\) éléments, puis \(x_2\) parmi les mêmes \(n\) éléments (la boule est revenue dans l'urne), et ainsi de suite jusqu'à \(x_k\). Chaque étape offre \(n\) possibilités quels que soient les choix précédents, donc par le principe multiplicatif il y a \(n \times n \times \dots \times n = n^k\) \(k\)-uplets.
Exemple
- Combien y a-t-il de codes PIN à quatre chiffres ?
- Un questionnaire comporte cinq questions vrai ou faux. De combien de façons peut-on y répondre ?
- Un code est un \(4\)-uplet de l'ensemble des \(10\) chiffres (l'ordre compte, un chiffre peut se répéter) : \(10^4 = 10\,000\) codes.
- Une feuille de réponses est un \(5\)-uplet de l'ensemble \(\{\text{V}\,;\,\text{F}\}\) : \(2^5 = 32\) façons.
Compétences à pratiquer
- Dénombrer des k-uplets
II.2
k-uplets d'éléments distincts et permutations
Définition — k-uplet d'éléments distincts
Soit \(E\) un ensemble à \(n\) éléments et \(k\) un entier naturel avec \(1 \leq k \leq n\). Un \(k\)-uplet d'éléments distincts de \(E\) est un \(k\)-uplet \((x_1\,;\,x_2\,;\,\dots\,;\,x_k)\) d'éléments de \(E\) deux à deux différents : c'est l'issue de \(k\) tirages successifs avec ordre et sans remise.Un \(k\)-uplet d'éléments distincts s'appelle aussi un arrangement de \(k\) éléments parmi \(n\), et leur nombre se note parfois \(A_n^k\).
Exemple
Quatre coureurs \(a\), \(b\), \(c\), \(d\) s'affrontent ; le podium est le couple (premier, deuxième). Lister les podiums possibles avec un arbre.
Deux tirages successifs sans remise : quatre branches pour la première place, puis trois pour la seconde, puisque le vainqueur ne peut pas être aussi deuxième.
Il y a \(4 \times 3 = 12\) podiums.
Définition — Factorielle
Pour tout entier naturel non nul \(n\), \(n!\) (lu « \(n\) factoriel ») est le produit des entiers de \(1\) à \(n\) : $$n! = n \times (n-1) \times \dots \times 2 \times 1.$$ Par convention, on définit \(0! = 1\). Proposition — Nombre de k-uplets d'éléments distincts
Pour tous entiers naturels \(n\) et \(k\) avec \(1 \leq k \leq n\), le nombre de \(k\)-uplets d'éléments distincts d'un ensemble à \(n\) éléments est $$n(n-1)(n-2) \cdots (n-k+1) = \frac{n!}{(n-k)!}.$$
On construit le \(k\)-uplet par \(k\) tirages successifs sans remise : \(n\) choix pour \(x_1\) ; puis \(n - 1\) choix pour \(x_2\), quel que soit \(x_1\), puisqu'une boule est sortie de l'urne ; puis \(n - 2\) choix pour \(x_3\) ; et ainsi de suite jusqu'à \(x_k\), pour lequel il reste \(n - k + 1\) boules. Par le principe multiplicatif, le nombre de \(k\)-uplets est \(n(n-1)(n-2) \cdots (n-k+1)\), produit de \(k\) facteurs décroissants. Multiplier et diviser par \((n-k)! = (n-k)(n-k-1) \cdots 2 \times 1\) complète le numérateur en \(n!\) : le produit vaut \(\dfrac{n!}{(n-k)!}\).
Exemple
- Huit coureurs s'affrontent. Combien de podiums (premier, deuxième, troisième) sont possibles ?
- Combien de mots de trois lettres, aux lettres distinctes, peut-on former avec les lettres de \(\text{PYTHONS}\) ?
- Un podium est un \(3\)-uplet de coureurs distincts parmi \(8\) : \(8 \times 7 \times 6 = 336\) podiums.
- Les sept lettres sont distinctes ; un mot est un \(3\)-uplet de lettres distinctes : \(7 \times 6 \times 5 = 210\) mots, soit \(\dfrac{7!}{4!} = 210\).
Définition — Permutation
Une permutation d'un ensemble \(E\) à \(n\) éléments est un \(n\)-uplet d'éléments distincts de \(E\) : un rangement de tous ses éléments, chacun utilisé exactement une fois. C'est l'issue du tirage des \(n\) boules de l'urne l'une après l'autre, sans remise, jusqu'à ce que l'urne soit vide. Proposition — Nombre de permutations
Un ensemble à \(n\) éléments a \(n!\) permutations.
Une permutation est un \(k\)-uplet d'éléments distincts avec \(k = n\) : leur nombre est \(\dfrac{n!}{(n-n)!} = \dfrac{n!}{0!} = n!\). Directement : \(n\) choix pour le premier élément, \(n - 1\) pour le deuxième, et ainsi de suite jusqu'à \(1\) choix pour le dernier.
Exemple
- Lister les mots formés avec les trois lettres \(a\), \(b\), \(c\), chacune utilisée une fois.
- Six amis s'assoient en ligne sur un banc. Combien y a-t-il d'ordres possibles ?
- Les mots sont les permutations de \(\{a\,;\,b\,;\,c\}\) : trois tirages sans remise jusqu'à vider l'urne.
Il y a \(3! = 6\) mots.
- Un ordre est une permutation des six amis : \(6! = 720\) ordres.
Compétences à pratiquer
- Calculer des factorielles
- Exprimer des produits sous forme factorielle
- Dénombrer des k-uplets d'éléments distincts et des permutations
III
Tirages simultanés : parties et combinaisons
III.1
Le nombre de parties
Tirer les boules ensemble
Tirer \(k\) boules de l'urne d'un coup, d'une seule poignée, produit une partie à \(k\) éléments de l'urne : ni ordre entre les boules, ni répétition. C'est le troisième tirage du texte d'ouverture. Avant de compter les parties à \(k\) éléments, comptons toutes les parties d'un ensemble : pour chaque boule, décider si elle est dans la poignée ou non.
Proposition — Nombre de parties d'un ensemble
Un ensemble à \(n\) éléments a \(2^n\) parties, l'ensemble vide et l'ensemble lui-même compris.
On numérote les éléments \(x_1, x_2, \dots, x_n\). Une partie se construit en \(n\) étapes successives : pour \(x_1\), décider « dedans » ou « dehors » ; puis pour \(x_2\) ; et ainsi de suite. Chaque étape offre \(2\) possibilités quelles que soient les décisions précédentes, et deux suites de décisions différentes donnent deux parties différentes. Par le principe multiplicatif il y a \(2 \times 2 \times \dots \times 2 = 2^n\) parties. L'arbre ci-dessous liste les \(2^3 = 8\) parties de \(\{a\,;\,b\,;\,c\}\) ; une branche \(\overline{a}\) signifie « \(a\) dehors ».
Exemple
Une pizzeria propose dix garnitures. Combien de pizzas différentes peut-on commander, la pizza nature comprise ?
Une pizza est une partie de l'ensemble des dix garnitures (chaque garniture y est ou non) : \(2^{10} = 1024\) pizzas, la pizza nature étant la partie vide.
Compétences à pratiquer
- Dénombrer des parties
III.2
Combinaisons et coefficients binomiaux
Définition — Combinaison et coefficient binomial
Soit \(E\) un ensemble à \(n\) éléments et \(k\) un entier naturel avec \(0 \leq k \leq n\). Une combinaison de \(k\) éléments de \(E\) est une partie de \(E\) à \(k\) éléments : l'issue d'un tirage simultané de \(k\) boules, sans ordre et sans remise. Le nombre de parties à \(k\) éléments d'un ensemble à \(n\) éléments est le coefficient binomial \(\dbinom{n}{k}\), lu « \(k\) parmi \(n\) ».Le coefficient binomial est d'abord un nombre de parties ; la formule qui le calcule se démontre dans la proposition suivante.
Exemple
Lister les parties à \(2\) éléments de \(\{1\,;\,2\,;\,3\,;\,4\}\) et en déduire \(\dbinom{4}{2}\).
On écrit chaque partie en commençant par son plus petit élément : \(\{1\,;\,2\}\), \(\{1\,;\,3\}\), \(\{1\,;\,4\}\), \(\{2\,;\,3\}\), \(\{2\,;\,4\}\), \(\{3\,;\,4\}\). Chaque partie apparaît une fois, donc \(\dbinom{4}{2} = 6\).
Proposition — Formule du coefficient binomial
Pour tous entiers naturels \(n\) et \(k\) avec \(0 \leq k \leq n\), $$\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!\,(n-k)!} = \frac{n(n-1)\cdots(n-k+1)}{k!}.$$
On compte les \(k\)-uplets d'éléments distincts de deux façons. Directement, il y en a \(\dfrac{n!}{(n-k)!}\). Sinon, on choisit d'abord la partie des \(k\) éléments utilisés, \(\dbinom{n}{k}\) possibilités, puis l'ordre dans lequel on les écrit, \(k!\) possibilités (une permutation de la partie) : par le principe multiplicatif, \(\dbinom{n}{k} \times k!\) \(k\)-uplets, chacun obtenu exactement une fois, comme le montre l'arbre pour \(n = 3\), \(k = 2\).
Donc \(\dbinom{n}{k} \times k! = \dfrac{n!}{(n-k)!}\), et diviser par \(k!\) donne la formule.
Exemple
- Dans une loterie, cinq numéros sont tirés parmi \(30\). Combien de tirages sont possibles ?
- Combien de mains de cinq cartes peut-on distribuer d'un jeu de \(32\) ?
- Un tirage est une partie à \(5\) éléments des \(30\) numéros : \(\dbinom{30}{5} = \dfrac{30 \times 29 \times 28 \times 27 \times 26}{5!} = 142\,506\) tirages.
- Une main est une partie à \(5\) éléments du jeu : \(\dbinom{32}{5} = \dfrac{32 \times 31 \times 30 \times 29 \times 28}{120} = 201\,376\) mains.
Proposition — Premières valeurs et symétrie
Pour tout entier naturel \(n\) : \(\dbinom{n}{0} = \dbinom{n}{n} = 1\) ; pour \(n \geq 1\), \(\dbinom{n}{1} = \dbinom{n}{n-1} = n\) ; pour \(n \geq 2\), \(\dbinom{n}{2} = \dfrac{n(n-1)}{2}\). Pour \(0 \leq k \leq n\), $$\binom{n}{k} = \binom{n}{n-k}.$$
Par dénombrement. La seule partie à \(0\) élément est \(\emptyset\), la seule partie à \(n\) éléments est \(E\) lui-même ; les parties à \(1\) élément sont les \(n\) singletons. Choisir une partie à \(k\) éléments revient à choisir les \(n - k\) éléments laissés dans l'urne : les parties à \(k\) éléments et celles à \(n - k\) éléments se correspondent une à une, d'où \(\dbinom{n}{k} = \dbinom{n}{n-k}\) ; en particulier \(\dbinom{n}{n-1} = \dbinom{n}{1} = n\). Enfin \(\dbinom{n}{2} = \dfrac{n(n-1)}{2!}\) par la formule.
Exemple
Calculer \(\dbinom{20}{18}\) et \(\dbinom{50}{49}\) sans calculatrice.
Par symétrie, \(\dbinom{20}{18} = \dbinom{20}{2} = \dfrac{20 \times 19}{2} = 190\) et \(\dbinom{50}{49} = \dbinom{50}{1} = 50\).
Compétences à pratiquer
- Calculer des coefficients binomiaux
- Évaluer des coefficients binomiaux par simplification
- Résoudre des problèmes avec des combinaisons
IV
La relation et le triangle de Pascal
IV.1
Le triangle de Pascal
Définition — Triangle de Pascal
Le triangle de Pascal est le tableau triangulaire de nombres construit ligne après ligne à partir de la ligne \(0\), réduite à la seule valeur \(1\) ; la ligne \(n\) porte \(n + 1\) valeurs, et les lignes sont numérotées \(0, 1, 2, \dots\) - Les valeurs aux extrémités de chaque ligne sont toujours égales à \(1\).
- Chaque valeur intérieure est obtenue en additionnant les deux valeurs situées en diagonale juste au-dessus d’elle.

Exemple
Déterminer la ligne \(5\) du triangle de Pascal, les lignes étant numérotées à partir de \(0\).
$$ \begin{array}{ccccccccccccccc} &&&&&&1&&&&&&&&\text{ligne 0}\\
&&&&&1&&1&&&&&&&\text{ligne 1}\\
&&&&1&&2&&1&&&&&&\text{ligne 2}\\
&&&1&&3&&3&&1&&&&&\text{ligne 3}\\
&&1&&4&&6&&4&&1&&&&\text{ligne 4}\\
&1&&5&&10&&10&&5&&1&&&\text{ligne 5}\\
\end{array} $$ La ligne \(0\) est la seule valeur \(1\) ; chaque ligne suivante commence et finit par \(1\) et ses valeurs intérieures sont les sommes des deux au-dessus. La ligne \(5\) est donc \(1, 5, 10, 10, 5, 1\).
Les valeurs du triangle sont les coefficients binomiaux
On numérote les lignes à partir de \(0\) : la ligne \(0\) est \(1\), la ligne \(1\) est \(1, 1\), la ligne \(2\) est \(1, 2, 1\), et ainsi de suite. Dans la ligne \(n\), on numérote les positions \(0, 1, \dots, n\) depuis la gauche : la valeur en position \(k\) est le coefficient binomial \(\dbinom{n}{k}\), nombre de parties à \(k\) éléments d'un ensemble à \(n\) éléments, égal à \(\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}\). La ligne \(n\) se lit donc \(\dbinom{n}{0}, \dbinom{n}{1}, \dots, \dbinom{n}{n}\) ; ses extrémités valent \(1\) parce que \(\dbinom{n}{0} = \dbinom{n}{n} = 1\), et elle est symétrique parce que \(\dbinom{n}{k} = \dbinom{n}{n-k}\). La règle « chaque valeur intérieure est la somme des deux au-dessus » est un énoncé sur les coefficients binomiaux — la relation de Pascal — démontré ci-dessous.
Compétences à pratiquer
- Construire le triangle de Pascal
- Lire le triangle de Pascal
IV.2
La relation de Pascal et la somme d'une ligne
Proposition — Relation de Pascal
Pour tous entiers \(n\) et \(k\) avec \(0 \leq k < n\) : $$\binom{n}{k} + \binom{n}{k+1} = \binom{n+1}{k+1}.$$ Dans le triangle : la valeur de la ligne \(n + 1\), position \(k + 1\), est la somme des deux valeurs au-dessus d'elle, dans la ligne \(n\), positions \(k\) et \(k + 1\).
Par le calcul. Comme \((k+1)! = (k+1)\,k!\) et \((n-k)! = (n-k)\,(n-k-1)!\), les deux fractions s'écrivent sur le dénominateur commun \((k+1)!\,(n-k)!\) : $$\begin{aligned}\binom{n}{k} + \binom{n}{k+1} &= \frac{n!}{k!\,(n-k)!} + \frac{n!}{(k+1)!\,(n-k-1)!} &&\text{(formule)}\\
&= \frac{n!\,(k+1)}{(k+1)!\,(n-k)!} + \frac{n!\,(n-k)}{(k+1)!\,(n-k)!} &&\text{(dénominateur commun)}\\
&= \frac{n!\,\bigl[(k+1) + (n-k)\bigr]}{(k+1)!\,(n-k)!} = \frac{n!\,(n+1)}{(k+1)!\,(n-k)!} &&\text{(même dénominateur)}\\
&= \frac{(n+1)!}{(k+1)!\,(n-k)!} = \binom{n+1}{k+1}. &&\text{(\((n+1)! = (n+1)\,n!\))}\end{aligned}$$ Par dénombrement. Soit \(E\) un ensemble à \(n + 1\) éléments et fixons l'un d'eux, \(e\). Les parties de \(E\) à \(k + 1\) éléments sont de deux sortes, et les deux sortes sont disjointes : celles qui contiennent \(e\) — on les obtient en choisissant les \(k\) autres éléments parmi les \(n\) éléments différents de \(e\), \(\dbinom{n}{k}\) parties — et celles qui ne contiennent pas \(e\) — ce sont les parties à \(k + 1\) éléments de \(E \setminus \{e\}\), \(\dbinom{n}{k+1}\) parties. Par le principe additif, \(\dbinom{n+1}{k+1} = \dbinom{n}{k} + \dbinom{n}{k+1}\).
Exemple
Lire \(\dbinom{6}{3}\) dans le triangle de Pascal, puis contrôler la valeur avec la formule.
La ligne \(5\) se lit \(1, 5, 10, 10, 5, 1\). Par la relation de Pascal, la position \(3\) de la ligne \(6\) est la somme des positions \(2\) et \(3\) de la ligne \(5\) : \(\dbinom{6}{3} = 10 + 10 = 20\). Formule : \(\dbinom{6}{3} = \dfrac{6 \times 5 \times 4}{3 \times 2 \times 1} = 20\). La ligne \(6\) est \(1, 6, 15, 20, 15, 6, 1\).
Proposition — La somme d'une ligne
Pour tout entier naturel \(n\), $$\sum_{k=0}^{n} \binom{n}{k} = \binom{n}{0} + \binom{n}{1} + \dots + \binom{n}{n} = 2^n :$$ les valeurs de la ligne \(n\) du triangle de Pascal ont pour somme \(2^n\).
Par dénombrement. Un ensemble \(E\) à \(n\) éléments a \(2^n\) parties (chaque élément est dedans ou dehors, \(n\) décisions indépendantes). On classe ces parties selon leur taille : pour chaque \(k\) de \(0\) à \(n\), il y a \(\dbinom{n}{k}\) parties à \(k\) éléments, et une partie a exactement une taille, donc les \(n + 1\) classes sont deux à deux disjointes et recouvrent toutes les parties. Par le principe additif, \(\dbinom{n}{0} + \dbinom{n}{1} + \dots + \dbinom{n}{n} = 2^n\).
Exemple
Contrôler la somme de la ligne \(5\), et en déduire le nombre de parties à au moins \(2\) éléments d'un ensemble à \(5\) éléments.
\(1 + 5 + 10 + 10 + 5 + 1 = 32 = 2^5\). Les parties à au moins \(2\) éléments sont toutes les parties sauf celles à \(0\) ou \(1\) élément : \(32 - \dbinom{5}{0} - \dbinom{5}{1} = 32 - 1 - 5 = 26\).
Méthode — Engendrer une ligne du triangle par la relation de Pascal
La ligne \(n\) se construit à partir de la ligne \(n - 1\) : elle commence et finit par \(1\), et chaque valeur intérieure est la somme de deux valeurs consécutives de la ligne précédente. En partant de la ligne \(0\), qui est \([1]\), une boucle construit les lignes l'une après l'autre ; la liste previous garde la ligne \(i\) pendant que la ligne \(i + 1\) s'assemble. def pascal_row(n):
row = [1] # row 0
for i in range(n):
previous = row
row = [1] # first coefficient of the new row
for k in range(len(previous) - 1):
row.append(previous[k] + previous[k + 1]) # Pascal's relation
row.append(1) # last coefficient
return row
print(pascal_row(5)) # [1, 5, 10, 10, 5, 1] Chaque ligne s'obtient de la précédente en posant ses deux extrémités à \(1\) et en calculant ses valeurs intérieures par des additions seulement — aucune factorielle n'est calculée — et tout le triangle jusqu'à la ligne \(n\) est produit au passage. Compétences à pratiquer
- Utiliser la relation de Pascal et la somme d'une ligne
V
Dénombrer dans une situation
V.1
Dénombrer dans différents cas
Méthode — Reconnaître l'objet à dénombrer
On pose les deux questions (l'ordre compte-t-il ? y a-t-il remise ?) et on lit l'objet et son nombre dans le tableau (\(n\) boules dans l'urne, \(k\) boules tirées). | ordre ? | remise ? | objet | nombre |
| oui | oui | \(k\)-uplet | \(n^k\) |
| oui | non | \(k\)-uplet d'éléments distincts | \(\dfrac{n!}{(n-k)!} = n(n-1)\cdots(n-k+1)\) |
| oui | non, \(k = n\) | permutation | \(n!\) |
| non | non | partie à \(k\) éléments | \(\dbinom{n}{k} = \dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}\) |
Une urne de vingt jetons
Une urne contient vingt jetons : huit jetons blancs numérotés \(0\), quatre jetons blancs numérotés \(2\), cinq jetons rouges numérotés \(7\) et trois jetons rouges numérotés \(5\). Les jetons sont vingt objets différents, même lorsqu'ils portent le même numéro. On tire quatre jetons ensemble. Combien de tirages contiennent au moins un jeton rouge ? Un tirage est une partie à \(4\) éléments des \(20\) jetons, il y a donc \(\dbinom{20}{4} = 4845\) tirages en tout. Mais « au moins un rouge » n'est pas un objet à compter : cela veut dire « un rouge, ou deux, ou trois, ou quatre ». Deux routes s'ouvrent : compter les quatre cas séparément et les additionner, ou compter les tirages sans jeton rouge et soustraire. 
Vingt jetons : huit rouges, douze blancs

Vingt jetons : huit rouges, douze blancs
Méthode — Dénombrer dans différents cas
- Nommer l'objet (\(k\)-uplet, \(k\)-uplet d'éléments distincts, partie) et compter tout l'univers \(\Omega\), l'ensemble de toutes les issues, avec sa formule.
- Découper en cas disjoints quand la condition dépend d'une sorte de boule (une couleur, un numéro) : décrire chaque cas par « tant de cette sorte, tant de cette autre », le compter par le principe multiplicatif (un choix dans chaque sorte), puis additionner les cas par le principe additif. Vérifier que les cas sont deux à deux disjoints et qu'ensemble ils recouvrent la condition. Pour des tirages ordonnés, les positions occupées par chaque sorte sont un choix de plus à compter.
- « Au moins un » : passer par le complémentaire. Les tirages avec au moins une boule d'une sorte sont tous les tirages moins ceux qui n'en ont aucune : \(\Cardfr{E} = \Cardfr{\Omega} - \Cardfr{\overline{E}}\). Une soustraction remplace plusieurs cas.
- Une contrainte sur les positions (un premier élément imposé, deux éléments côte à côte) : satisfaire d'abord la contrainte, puis compter les choix restants, et multiplier.
Exemple
On tire quatre jetons ensemble dans l'urne de vingt jetons ci-dessus (huit rouges, douze blancs). - Combien de tirages contiennent exactement deux jetons rouges ?
- Combien de tirages contiennent au moins un jeton rouge ? Répondre par le complémentaire, puis contrôler en additionnant les cas.
- Combien de tirages sont formés de quatre jetons portant le même numéro ?
Un tirage est une partie à \(4\) éléments des \(20\) jetons : \(\Cardfr{\Omega} = \dbinom{20}{4} = 4845\).
- Deux jetons rouges parmi \(8\) et deux jetons blancs parmi \(12\), les deux choix étant indépendants : \(\dbinom{8}{2} \times \dbinom{12}{2} = 28 \times 66 = 1848\) tirages.
- Complémentaire : les tirages sans jeton rouge sont les parties à \(4\) éléments des \(12\) jetons blancs, \(\dbinom{12}{4} = 495\). Donc \(4845 - 495 = 4350\) tirages contiennent au moins un jeton rouge. Contrôle par les cas, un, deux, trois ou quatre jetons rouges, deux à deux disjoints : $$\binom{8}{1}\binom{12}{3} + \binom{8}{2}\binom{12}{2} + \binom{8}{3}\binom{12}{1} + \binom{8}{4} = 1760 + 1848 + 672 + 70 = 4350.$$
- Quatre cas disjoints, un par numéro : quatre \(0\) parmi \(8\), quatre \(2\) parmi \(4\), quatre \(7\) parmi \(5\), quatre \(5\) parmi \(3\), impossible, ce qui compte \(0\) : $$\binom{8}{4} + \binom{4}{4} + \binom{5}{4} + 0 = 70 + 1 + 5 + 0 = 76 \text{ tirages}.$$
Exemple
On choisit un comité de \(3\) personnes parmi \(7\) collègues, mais deux d'entre eux, Ada et Bob, refusent de siéger ensemble. Combien de comités sont possibles ? Répondre par le complémentaire, puis par les cas.
Un comité est une partie à \(3\) éléments des \(7\) collègues : \(\dbinom{7}{3} = 35\) comités en tout. Complémentaire : les comités qui contiennent Ada et Bob sont complétés par l'un des \(5\) autres collègues, \(5\) comités ; donc \(35 - 5 = 30\) comités sont possibles. Par les cas, aucun des deux ou exactement l'un des deux : \(\dbinom{5}{3} + 2 \times \dbinom{5}{2} = 10 + 20 = 30\). Les deux routes coïncident.
Compétences à pratiquer
- Dénombrer avec des contraintes
- Dénombrer les mains au poker
- Produire tous les objets de façon systématique
V.2
Dénombrement et probabilités
La principale motivation pour le développement des techniques de dénombrement fut la résolution de problèmes de probabilités. Pour une expérience où tous les résultats sont équiprobables, la probabilité d'un événement \(E\) est définie par le rapport du nombre de cas favorables au nombre de cas possibles.
Méthode — Calculer une probabilité par dénombrement
Quand toutes les issues d'une expérience sont équiprobables (équiprobabilité, une hypothèse à énoncer), la probabilité d'un événement \(E\) est \(P(E) = \dfrac{\Cardfr{E}}{\Cardfr{\Omega}}\). - Décrire l'expérience et écrire une issue.
- Nommer le tirage : avec ou sans ordre, avec ou sans remise ; énoncer que toutes les issues sont équiprobables.
- Compter l'univers \(\Omega\) avec la formule de l'objet.
- Compter l'événement \(E\), par cas ou par le complémentaire.
- Conclure : \(P(E) = \dfrac{\Cardfr{E}}{\Cardfr{\Omega}}\), en fraction, puis une valeur approchée si elle est demandée.
Exemple
Dans une course de dix chevaux, un pari nomme les trois premiers dans l'ordre exact (un « tiercé »). Tous les ordres d'arrivée étant supposés équiprobables, quelle est la probabilité de gagner avec un seul pari ?
Une issue est la liste ordonnée des trois premiers chevaux : un tirage avec ordre et sans remise, un \(3\)-uplet de chevaux distincts parmi \(10\). Toutes les issues sont équiprobables par hypothèse. L'univers compte \(\Cardfr{\Omega} = 10 \times 9 \times 8 = 720\) issues ; l'événement « le pari gagne » n'a qu'une issue, la liste nommée par le pari : \(\Cardfr{E} = 1\). Donc $$P(E) = \frac{\Cardfr{E}}{\Cardfr{\Omega}} = \frac{1}{720} \approx 0{,}0014.$$
Compétences à pratiquer
- Calculer des probabilités par dénombrement
- Résoudre des problèmes de probabilité par dénombrement
VI
Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
- Problèmes
- Type bac
- Quiz
Contrôle du chapitre
4 exercices, sur 20 points. Durée indicative : 1 h 30.
À traiter sur papier, puis à photographier : la correction est automatique, par IA.
Ce contrôle ne modifie pas la maîtrise du chapitre, quelle que soit la note.
Aucun exercice composé.
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