Éducation Nationale Française · Terminale Maths Expertes
Nombres premiers
I
Nombres premiers
I.1
Nombres premiers et nombres composés
Soient \(N_1 = 2 \times 3 \times 5 \times 7 + 1\) et \(N_2 = 2 \times 3 \times 5 \times 7 \times 11 \times 13 + 1\).
- Calculer \(N_1\) et \(N_2\).
- Quel est le reste de la division de \(N_2\) par chacun des nombres premiers \(2\), \(3\), \(5\), \(7\), \(11\) et \(13\) ?
- \(N_1\) est-il un nombre premier ? Et \(N_2\) ? On pourra utiliser l'égalité \(N_2 = 59 \times 509\).
- On se donne une liste finie de nombres premiers. Que dire du produit de tous les nombres de la liste, augmenté de \(1\) ?
- \(N_1 = 210 + 1 = 211\) et \(N_2 = 30\,030 + 1 = 30\,031\).
- Soient \(p\) l'un des nombres premiers \(2\), \(3\), \(5\), \(7\), \(11\), \(13\), et \(q\) le produit des cinq autres. Alors \(N_2 = pq + 1\) avec \(0 \le 1 < p\) : le reste de la division euclidienne de \(N_2\) par \(p\) est \(1\). Aucun de ces six nombres premiers ne divise \(N_2\).
- Un entier composé \(n\) s'écrit \(n = de\) avec \(1 < d \le e\), donc \(d \times d \le d \times e = n\). Son plus petit diviseur \(s\) strictement supérieur à \(1\) vérifie \(s \le d\), donc \(s \times s \le n\) ; et \(s\) est premier, car un diviseur de \(s\) strictement supérieur à \(1\) et plus petit que \(s\) serait un diviseur de \(n\) plus petit.
- Comme \(14^2 = 196 \le 211 < 225 = 15^2\), si \(211\) était composé, il aurait un diviseur premier au plus égal à \(13\). Comme à la question 2, les divisions de \(211\) par \(2\), \(3\), \(5\) et \(7\) laissent le reste \(1\) ; et \(211 = 11 \times 19 + 2\), \(211 = 13 \times 16 + 3\). Donc \(N_1 = 211\) est premier.
- \(N_2 = 59 \times 509\) n'est pas premier. D'après la question 2, aucun de ses diviseurs premiers ne figure dans la liste \(2\), \(3\), \(5\), \(7\), \(11\), \(13\) ; par exemple, \(59\) est premier, car \(7^2 = 49 \le 59 < 64 = 8^2\) et aucun des nombres \(2\), \(3\), \(5\), \(7\) ne divise \(59\).
- Soient \(p_1, \dots, p_n\) la liste et \(M = p_1 p_2 \cdots p_n + 1\). Comme à la question 2, chaque division de \(M\) par un nombre premier de la liste laisse le reste \(1\) : aucun nombre premier de la liste ne divise \(M\). Comme \(M \ge 2\), son plus petit diviseur strictement supérieur à \(1\) est premier, comme à la question 3. Ce diviseur premier de \(M\) n'est pas dans la liste : ce peut être \(M\) lui-même, comme \(211\), ou non, comme \(59\) pour \(30\,031\). Aucune liste finie ne contient tous les nombres premiers : c'est l'idée de la démonstration de l'infinité des nombres premiers.
Définition — Nombre premier
Un nombre premier est un entier naturel \(p\ge 2\) dont les seuls diviseurs positifs sont \(1\) et \(p\).Un entier naturel \(n\ge 2\) qui n'est pas premier est appelé composé.
Remarques
- \(1\) n'est pas un nombre premier car il n'a qu'un seul diviseur positif : lui-même.
- Un nombre premier \(p\) est un entier naturel supérieur ou égal à \(2\), soit \(p \geq 2\).
- À part \(2\), tous les nombres premiers sont impairs.
- Il y a \(25\) nombres premiers strictement inférieurs à \(100\) : $$ 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, 97. $$
- Si un entier naturel \(n \geq 2\) n'est pas premier, il admet un diviseur \(d\) tel que \(1 < d < n\).
Proposition — Existence d'un diviseur premier
Tout entier naturel \(n \geq 2\) admet au moins un diviseur premier.
Soit \(n \geq 2\) un entier naturel.
- Si \(n\) est premier, alors il est son propre diviseur premier et la propriété est vraie.
- Si \(n\) n'est pas premier, alors il admet un diviseur \(a_1\) distinct de \(1\) et de \(n\). Par définition, \(2 \le a_1 \le n-1\), donc \(a_1
- Si \(a_1\) n'est pas premier, il est à son tour divisible par un entier \(a_2\) tel que \(2 \le a_2 < a_1\).
- En poursuivant ce processus, si aucun des entiers obtenus n'était premier, on construirait une suite infinie strictement décroissante d'entiers strictement positifs $$ n > a_1 > a_2 > \cdots, $$ ce qui est impossible.
Compétences à pratiquer
- Analyser les propriétés des nombres premiers
- Raisonner avec la définition d'un nombre premier
I.2
Une infinité de nombres premiers
Théorème — Infinité des nombres premiers
Il existe une infinité de nombres premiers.
On suppose qu'il n'existe qu'un nombre fini de nombres premiers \(p_1,\dots,p_n\), avec \(n \ge 1\) puisque \(2\) est premier, et l'on pose \(M=p_1p_2\cdots p_n+1\).
Pour tout \(k\), \(M = p_k q_k + 1\), où \(q_k\) est le produit des autres nombres premiers de la liste (\(q_k = 1\) si \(n = 1\)), et \(0 \le 1 < p_k\) : la division euclidienne de \(M\) par \(p_k\) laisse le reste \(1\), donc aucun \(p_k\) ne divise \(M\).
Or \(M \ge 3\), donc \(M\) admet un diviseur premier, d'après la propriété « Existence d'un diviseur premier » ; ce nombre premier n'est aucun des \(p_k\), ce qui contredit l'hypothèse selon laquelle la liste contient tous les nombres premiers.
Donc il existe une infinité de nombres premiers.
Pour tout \(k\), \(M = p_k q_k + 1\), où \(q_k\) est le produit des autres nombres premiers de la liste (\(q_k = 1\) si \(n = 1\)), et \(0 \le 1 < p_k\) : la division euclidienne de \(M\) par \(p_k\) laisse le reste \(1\), donc aucun \(p_k\) ne divise \(M\).
Or \(M \ge 3\), donc \(M\) admet un diviseur premier, d'après la propriété « Existence d'un diviseur premier » ; ce nombre premier n'est aucun des \(p_k\), ce qui contredit l'hypothèse selon laquelle la liste contient tous les nombres premiers.
Donc il existe une infinité de nombres premiers.
Compétences à pratiquer
- Raisonner comme dans la démonstration d'Euclide
I.3
Reconnaître un nombre premier
Proposition — Critère de la racine carrée
Soit \(n \ge 2\) un entier. Si \(n\) est composé, alors \(n\) admet un diviseur premier \(p\) tel que \(p^2 \le n\).Par conséquent, si aucun nombre premier \(p\) tel que \(p^2 \le n\) ne divise \(n\), alors \(n\) est premier.
On suppose que \(n\) est composé : il existe des entiers \(a\) et \(b\) tels que \(n = ab\) avec \(1 < a \le b < n\). Alors \(a \times a \le a \times b = n\), c'est-à-dire \(a^2 \le n\). Comme \(a \ge 2\), d'après la propriété « Existence d'un diviseur premier », \(a\) admet un diviseur premier \(p\) ; alors \(p \le a\), donc \(p^2 \le a^2 \le n\), et \(p\) divise \(n\), puisque \(p\) divise \(a\) et \(a\) divise \(n\).
Le second énoncé est la contraposée du premier.
Le second énoncé est la contraposée du premier.
Exemple
Montrer que l'entier \(53\) est un nombre premier.
Comme \(7^2 = 49 \le 53 < 64 = 8^2\), d'après le critère de la racine carrée, si \(53\) était composé, il admettrait un diviseur premier \(p\) tel que \(p^2 \le 53\), c'est-à-dire \(p \le 7\). Les nombres premiers au plus égaux à \(7\) sont \(2\), \(3\), \(5\) et \(7\) ; on les teste :
- \(53\) est impair, donc non divisible par \(2\).
- La somme des chiffres est \(5 + 3 = 8\), qui n'est pas divisible par \(3\), donc \(53\) n'est pas divisible par \(3\).
- \(53\) ne se termine ni par \(0\) ni par \(5\), donc non divisible par \(5\).
- \(53 = 7 \times 7 + 4\) : le reste n'est pas nul, donc \(53\) n'est pas divisible par \(7\).
Méthode — Reconnaître un nombre premier
Pour déterminer si un entier naturel \(n \geq 2\) est premier, on limite la recherche de diviseurs grâce à la propriété suivante : - Déterminer le plus grand entier \(m\) tel que \(m^2 \le n\) (la partie entière de \(\sqrt{n}\)).
- Lister tous les nombres premiers \(p\) tels que \(p \le m\), c'est-à-dire tels que \(p^2 \le n\).
- Tester la divisibilité de \(n\) par chacun de ces nombres premiers.
- Si aucun de ces nombres ne divise \(n\), alors \(n\) est premier.
- Si au moins l'un d'entre eux divise \(n\), alors \(n\) est composé.
Exemple
167 est-il un nombre premier ? - \(\sqrt{167} \approx 12{,}9\).
- Les nombres premiers à tester sont : 2, 3, 5, 7 et 11.
- Tests de divisibilité :
- 167 est impair (non divisible par 2).
- \(1+6+7 = 14\) (non divisible par 3).
- 167 ne finit ni par 0 ni par 5 (non divisible par 5).
- \(167 = 7 \times 23 + 6\) (non divisible par 7).
- \(167 = 11 \times 15 + 2\) (non divisible par 11).
Définition — Décider si un nombre est premier
Un entier naturel est dit premier quand il vaut au moins \(2\) et n'a d'autre diviseur que \(1\) et lui-même. L'algorithme teste les k à partir de 2 tant que k \(\times\) k \(\leqslant\) n, et répond non au premier qui divise ; si aucun ne divise, il répond oui. La réponse est une valeur de vérité, écrite vrai et faux en pseudo-code et True et False en Python. Méthode — Décider si un nombre est premier
- Rejeter d'abord les nombres inférieurs à
2: ils ne sont pas premiers, et la boucle n'en dirait rien puisqu'elle ne fait aucun tour. - Parcourir les diviseurs possibles à partir de
2, tant quek \(\times\) k \(\leqslant\) n. - Sortir au premier diviseur trouvé : un seul suffit à répondre non, et finir la boucle coûterait des tours pour rien.
- Répondre oui après la boucle, qui n'est atteinte que si aucun diviseur n'a été trouvé.
Fonction is_prime(n)
Si n < 2 alors
Renvoyer faux
Fin Si
k ← 2
Tant que k × k ≤ n
Si reste de n par k = 0 alors
Renvoyer faux
Fin Si
k ← k + 1
Fin Tant que
Renvoyer vrai
Fin Fonction Exemple
Que rend l'appel is_prime(91) ? L'exécuter à la main. | Instruction | \(k\) (après le tour) | \(k \times k \leqslant 91\) | divise | Rendu |
appel is_prime(91) | ||||
| tour \(k = 2\) | \(3\) | vrai | non | |
| tour \(k = 3\) | \(4\) | vrai | non | |
| tour \(k = 4\) | \(5\) | vrai | non | |
| tour \(k = 5\) | \(6\) | vrai | non | |
| tour \(k = 6\) | \(7\) | vrai | non | |
| Renvoyer faux | \(7\) | vrai | oui, \(91 = 7 \times 13\) | faux |
faux. Le sixième tour teste \(7\), qui divise \(91\), et le Renvoyer termine l'appel là : la boucle n'est jamais finie, et les tours qui seraient allés jusqu'à \(9\) ne sont jamais faits. Cette sortie anticipée est la raison pour laquelle un nombre non premier coûte souvent moins qu'un nombre premier de même taille : le test s'arrête à son plus petit diviseur premier au lieu d'aller jusqu'à la racine carrée — sauf si ce diviseur est lui-même proche de la racine carrée, comme pour \(49 = 7 \times 7\). Compétences à pratiquer
- Déterminer si un entier est premier
- Tester la primalité des valeurs d'une formule
I.4
Le crible d'Ératosthène
Définition — Le crible d'Ératosthène
Pour trouver tous les nombres premiers jusqu'à n, le crible ne teste pas les nombres un à un : il les marque. Une liste de marques est tenue, une case par nombre de \(0\) à n, et les nombres de \(2\) à n sont examinés dans l'ordre croissant : un nombre encore non marqué quand on l'atteint est premier, et tous ses multiples sont alors marqués d'un seul balayage ; l'examen terminé, les nombres non marqués de \(2\) à n sont exactement les nombres premiers. Le marquage des multiples de k peut commencer à \(k \times k\), puisque tout multiple plus petit de k a un facteur inférieur à k et a déjà été marqué. Les marquages s'arrêtent donc dès que \(k \times k\) dépasse n, et les tours suivants ne marquent plus rien — l'arrêt à la racine carrée du test des diviseurs, appliqué ici à un marquage et non à un test. Exemple
Exécuter à la main le crible ci-dessous pour n égal à \(12\) et donner ce qu'il affiche. n ← 12
mark ← liste vide
Pour k allant de 0 à n
Ajouter 0 à mark
Fin Pour
Pour k allant de 2 à n
Si mark[k] = 0 alors
m ← k × k
Tant que m ≤ n
mark[m] ← 1
m ← m + k
Fin Tant que
Fin Si
Fin Pour
p ← liste vide
Pour k allant de 2 à n
Si mark[k] = 0 alors
Ajouter k à p
Fin Si
Fin Pour
Afficher p | Instruction | mark[k] | Marqués à ce tour | Affichage |
| départ : treize marques à \(0\) | |||
| tour \(k = 2\) | \(0\) | \(4\), \(6\), \(8\), \(10\), \(12\) | |
| tour \(k = 3\) | \(0\) | \(9\), \(12\) | |
| tour \(k = 4\) | \(1\) | — | |
| tour \(k = 5\) | \(0\) | rien | |
| tour \(k = 6\) | \(1\) | — | |
| tour \(k = 7\) | \(0\) | rien | |
| tour \(k = 8\) | \(1\) | — | |
| tour \(k = 9\) | \(1\) | — | |
| tour \(k = 10\) | \(1\) | — | |
| tour \(k = 11\) | \(0\) | rien | |
| tour \(k = 12\) | \(1\) | — | |
| Afficher \(p\) | \([2 ; 3 ; 5 ; 7 ; 11]\) |
n. Le prix est une liste de n + 1 cases tenue en mémoire dès le début, là où le test ne tient rien : le crible achète sa vitesse avec de la place. Compétences à pratiquer
- Exécuter le crible à la main
I.5
Nombres premiers et produits
Proposition — Nombres premiers et produits
Soit \(p\) un nombre premier. - Le nombre premier \(p\) est premier avec un entier \(a\) si et seulement si \(p\) ne divise pas \(a\).
- Si \(p\) divise un produit de nombres premiers \(q_1 q_2 \cdots q_k\), alors \(p\) est égal à l'un d'entre eux.
- Le nombre premier \(p\) est premier avec deux entiers \(a\) et \(b\) si et seulement s'il est premier avec leur produit \(ab\).
On utilise le lemme d'Euclide : si \(p\) divise un produit \(ab\), alors \(p\) divise \(a\) ou \(b\).
- Premier point. Les diviseurs positifs de \(p\) sont \(1\) et \(p\), donc les diviseurs communs positifs de \(p\) et de \(a\) sont parmi \(1\) et \(p\) : \(PGCD(p, a)\) vaut \(p\) si \(p\) divise \(a\), et \(1\) sinon. Ainsi \(p\) est premier avec \(a\) exactement lorsqu'il ne divise pas \(a\).
- Deuxième point. Pour tout entier \(k \ge 1\), on note \(\mathcal{P}(k)\) la propriété : si \(p\) divise un produit de \(k\) nombres premiers, alors \(p\) est égal à l'un d'entre eux.
- Initialisation. Si \(p\) divise le nombre premier \(q_1\), alors \(p\) est un diviseur positif de \(q_1\) différent de \(1\), donc \(p = q_1\) : \(\mathcal{P}(1)\) est vraie.
- Hérédité. On suppose \(\mathcal{P}(k)\) vraie pour un entier \(k \ge 1\), et on suppose que \(p\) divise un produit \(q_1 \cdots q_k q_{k+1}\) de nombres premiers. D'après le lemme d'Euclide appliqué au produit \((q_1 \cdots q_k) \times q_{k+1}\), le nombre premier \(p\) divise \(q_1 \cdots q_k\) ou \(q_{k+1}\). Dans le premier cas, \(p\) est égal à l'un des nombres \(q_1, \dots, q_k\) d'après l'hypothèse de récurrence ; dans le second, \(p = q_{k+1}\) par l'argument de l'initialisation. Donc \(\mathcal{P}(k + 1)\) est vraie.
- Troisième point. On suppose que \(p\) est premier avec \(ab\) : alors \(p\) ne divise pas \(ab\), donc il ne divise ni \(a\) ni \(b\), puisqu'un diviseur de \(a\) ou de \(b\) divise \(ab\). Ainsi \(p\) est premier avec \(a\) et avec \(b\). Réciproquement, on suppose que \(p\) est premier avec \(a\) et avec \(b\) : alors \(p\) ne divise ni \(a\) ni \(b\), donc d'après le lemme d'Euclide il ne divise pas \(ab\), et \(p\) est premier avec \(ab\).
Compétences à pratiquer
- Exploiter les nombres premiers et les produits
II
Décomposition en facteurs premiers
II.1
L'arbre de facteurs
Méthode — Arbre de facteurs
La méthode de l'arbre de facteurs consiste à décomposer un nombre composé en facteurs plus petits, puis à continuer à décomposer ces facteurs jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des facteurs premiers. - Placer le nombre en haut de l'arbre de facteurs.
- Vérifier si le nombre est premier.
- Si le nombre est premier : L'entourer : la branche est terminée.
- Si le nombre est composé : Le décomposer en deux facteurs plus petits. Écrire ces deux facteurs comme des branches en dessous du nombre. Répéter l'étape 2 pour chacun de ces nouveaux facteurs.
- La factorisation en nombres premiers est le produit de tous les nombres premiers entourés dans l'arbre.
Exemple
Trouver une factorisation en nombres premiers de \(24\). - Étape 1 :

- Étape 2 : \(24\) est un nombre composé. \(24 = 2 \times 12\).

- Étape 3 : \(12\) est un nombre composé. \(12 = 2 \times 6\).

- Étape 4 : \(6\) est un nombre composé. \(6 = 2 \times 3\).

Compétences à pratiquer
- Décomposer en facteurs premiers
II.2
Le théorème fondamental de l'arithmétique
Soit \(H = \{1 ; 5 ; 9 ; 13 ; 17 ; 21 ; \dots\}\) l'ensemble des entiers naturels de la forme \(4k + 1\), où \(k\) est un entier naturel. Un élément de \(H\) différent de \(1\) est dit \(H\)-premier lorsqu'il n'est pas le produit de deux éléments de \(H\) tous deux différents de \(1\).
- Montrer que le produit de deux éléments de \(H\) est un élément de \(H\).
- Montrer que \(9\), \(21\) et \(49\) sont \(H\)-premiers.
- Écrire \(441\) de deux façons différentes comme produit de nombres \(H\)-premiers.
- Dans \(\mathbb{N}\), un nombre premier qui divise un produit de deux entiers divise l'un d'eux. Cette propriété est-elle vraie pour les nombres \(H\)-premiers ? Que suggère cette étude sur l'unicité de la décomposition en facteurs premiers dans \(\mathbb{N}\) ?
- Soient \(k\) et \(\ell\) deux entiers naturels. Alors $$(4k + 1)(4\ell + 1) = 16k\ell + 4k + 4\ell + 1 = 4(4k\ell + k + \ell) + 1,$$ et \(4k\ell + k + \ell\) est un entier naturel : le produit appartient à \(H\).
- Les éléments de \(H\) différents de \(1\) valent au moins \(5\), donc un produit de deux d'entre eux vaut au moins \(25\) : \(9\) et \(21\), plus petits, sont \(H\)-premiers. Si \(49 = ab\) avec \(a\) et \(b\) dans \(H\), tous deux différents de \(1\), le plus petit des deux facteurs, par exemple \(a\), vérifie \(a \times a \le 49\), donc \(a \le 7\), c'est-à-dire \(a = 5\) ; or \(5\) ne divise pas \(49\). Donc \(49\) est \(H\)-premier.
- \(441 = 9 \times 49 = 21 \times 21\) : deux décompositions en nombres \(H\)-premiers qui diffèrent, même à l'ordre des facteurs près.
- Non : \(9\) divise \(21 \times 21 = 441\), puisque \(441 = 9 \times 49\), mais \(9\) ne divise pas \(21\). Dans \(\mathbb{N}\), \(441 = 3^2 \times 7^2\), et les deux décompositions dans \(H\) regroupent de deux façons différentes les facteurs \(3\) et \(7\), qui ne sont pas dans \(H\) : \(9 \times 49 = (3 \times 3)(7 \times 7)\) et \(21 \times 21 = (3 \times 7)(3 \times 7)\). Là où la propriété des diviseurs premiers tombe, l'unicité tombe : l'unicité de la décomposition en facteurs premiers dans \(\mathbb{N}\) ne va pas de soi, et sa démonstration repose sur cette propriété des nombres premiers.
Théorème — Théorème fondamental de l'arithmétique
Tout entier naturel \(n\ge 2\) s'écrit$$n=p_1^{\alpha_1}p_2^{\alpha_2}\cdots p_k^{\alpha_k},$$ où \(k\) est un entier naturel non nul, \(p_1,\dots,p_k\) sont des nombres premiers distincts et \(\alpha_1,\dots,\alpha_k\) des entiers naturels non nuls.Cette décomposition est unique à l'ordre des facteurs près.
- Existence (par récurrence forte) :
Soit \(P(n)\) la propriété : « L'entier \(n\) admet une décomposition en facteurs premiers. »- Initialisation : Pour \(n=2\). L'entier \(2\) étant premier, il se décompose en lui-même. Donc \(P(2)\) est vraie.
- Hérédité : Soit \(n \geq 2\). On suppose que tout entier \(k\) tel que \(2 \leq k \leq n\) admet une décomposition en facteurs premiers. On montre qu'il en est de même pour \(n+1\).
- Si \(n+1\) est premier, il se décompose en lui-même.
- Si \(n+1\) est composé, il admet un diviseur strict \(d\) tel que \(2 \leq d \leq n\). On peut écrire \(n+1 = dq\) avec \(q\ge 2\). Comme \(d \geq 2\), on a \(q \leq n\). D'après l'hypothèse de récurrence, \(d\) et \(q\) se décomposent en facteurs premiers, donc \(n+1\) aussi.
- Conclusion : Par principe de récurrence forte, tout entier \(n \geq 2\) admet une décomposition en facteurs premiers.
- Unicité (par récurrence forte) :
Chaque décomposition s'écrit comme un produit de facteurs premiers, un facteur répété étant écrit autant de fois qu'il apparaît. Soit \(Q(n)\) la propriété : « Deux décompositions de \(n\) en facteurs premiers sont formées des mêmes nombres premiers, chacun apparaissant le même nombre de fois : elles coïncident à l'ordre des facteurs près. »- Initialisation : Pour \(n = 2\). Si \(2 = q_1 q_2 \cdots q_s\) avec des nombres premiers \(q_j\), alors \(s = 1\), car un produit d'au moins deux nombres premiers vaut au moins \(4\) ; donc \(q_1 = 2\), et \(Q(2)\) est vraie.
- Hérédité : Soit \(n \geq 2\). On suppose que \(Q(k)\) est vraie pour tout entier \(k\) tel que \(2 \leq k \leq n\). On montre que \(Q(n+1)\) est vraie. On suppose que \(n + 1 = p_1 p_2 \cdots p_r = q_1 q_2 \cdots q_s\), où tous les \(p_i\) et les \(q_j\) sont des nombres premiers.
- Le nombre premier \(p_1\) divise le produit \(q_1 q_2 \cdots q_s\) de nombres premiers, donc il est égal à l'un d'entre eux, d'après la propriété « Nombres premiers et produits » ; quitte à renuméroter les \(q_j\), \(p_1 = q_1\).
- En simplifiant par ce facteur commun, on obtient $$\frac{n+1}{p_1} = p_2 \cdots p_r = q_2 \cdots q_s.$$
- Si \((n+1)/p_1 = 1\), alors \(r = s = 1\), car un produit d'au moins un nombre premier vaut au moins \(2\) : les deux décompositions se réduisent à \(p_1\).
- Sinon, \(2 \le (n+1)/p_1 \le (n+1)/2 \le n\), et d'après l'hypothèse de récurrence les décompositions \(p_2 \cdots p_r\) et \(q_2 \cdots q_s\) coïncident à l'ordre près ; avec le facteur commun \(p_1 = q_1\), les deux décompositions de \(n + 1\) coïncident aussi.
- Conclusion : Par principe de récurrence forte, pour tout entier \(n \geq 2\), la décomposition de \(n\) en facteurs premiers est unique à l'ordre des facteurs près.
Méthode — Décomposer par divisions successives
Pour décomposer un entier \(n \ge 2\) en facteurs premiers : - Essayer les nombres premiers dans l'ordre croissant : \(2\), \(3\), \(5\), \(7\), \(11\), et ainsi de suite, en partant du quotient \(n\).
- Avant chaque essai, comparer le carré du nombre premier à essayer au quotient courant : dès que le carré dépasse le quotient, s'arrêter ; ce quotient, s'il est différent de \(1\), est premier, et c'est le dernier facteur.
- Sinon, diviser : si la division tombe juste, écrire le nouveau quotient et essayer de nouveau le même nombre premier ; sinon, passer au nombre premier suivant.
Exemple
Décomposer \(4\,350\) en facteurs premiers.
On divise par les nombres premiers dans l'ordre croissant, tant que chaque division tombe juste.
- \(4\,350 = 2 \times 2\,175\), et \(2\,175\) est impair : \(2\) ne divise plus.
- \(2\,175 = 3 \times 725\), et la somme des chiffres de \(725\), \(7 + 2 + 5 = 14\), n'est pas un multiple de \(3\) : \(3\) ne divise plus.
- \(725 = 5 \times 145\), puis \(145 = 5 \times 29\), et \(29\) ne se termine ni par \(0\) ni par \(5\) : \(5\) ne divise plus.
- Le nombre premier suivant est \(7\), et \(7^2 = 49 > 29\) : on s'arrête, et \(29\) est premier.
Compétences à pratiquer
- Analyser les propriétés de la décomposition en facteurs premiers
II.3
Diviseurs d'un entier
Proposition — Diviseurs d'un entier
Soient \(n \ge 2\) un entier et \(n = p_1^{\alpha_1} p_2^{\alpha_2} \cdots p_k^{\alpha_k}\) sa décomposition en facteurs premiers, où \(p_1, \dots, p_k\) sont des nombres premiers distincts et \(\alpha_1, \dots, \alpha_k\) des entiers naturels non nuls. - Les diviseurs positifs de \(n\) sont exactement les entiers \(p_1^{\beta_1} p_2^{\beta_2} \cdots p_k^{\beta_k}\), où \(\beta_1, \dots, \beta_k\) sont des entiers naturels tels que \(0 \le \beta_i \le \alpha_i\) pour tout \(i\).
- Le nombre de diviseurs positifs de \(n\) est \((\alpha_1 + 1)(\alpha_2 + 1) \cdots (\alpha_k + 1)\).
- Chacun de ces entiers divise \(n\). Si \(\beta_1, \dots, \beta_k\) sont des entiers naturels tels que \(0 \le \beta_i \le \alpha_i\) pour tout \(i\), alors $$n = \left(p_1^{\beta_1} \cdots p_k^{\beta_k}\right) \times \left(p_1^{\alpha_1 - \beta_1} \cdots p_k^{\alpha_k - \beta_k}\right),$$ où le second facteur est un entier, puisque ses exposants sont des entiers naturels.
- Tout diviseur positif est de cette forme. Soient \(d\) un diviseur positif de \(n\) et \(d'\) l'entier strictement positif tel que \(n = dd'\). Si \(d = 1\), tous ses exposants sont nuls. Sinon, en multipliant une décomposition de \(d\) par une décomposition de \(d'\) (rien à multiplier si \(d' = 1\)), on obtient une décomposition de \(n\) en facteurs premiers ; par unicité, c'est la décomposition de \(n\). Donc tout facteur premier de \(d\) est l'un des nombres \(p_1, \dots, p_k\), et il apparaît dans \(d\) au plus autant de fois que dans \(n\) : \(d = p_1^{\beta_1} \cdots p_k^{\beta_k}\) avec \(0 \le \beta_i \le \alpha_i\).
- Dénombrement. Deux choix différents des exposants \((\beta_1 ; \dots ; \beta_k)\) donnent deux entiers différents. En effet, le choix où tous les exposants sont nuls est le seul qui donne \(1\) ; et si deux choix différents donnaient le même entier, supérieur ou égal à \(2\), cet entier aurait deux décompositions différentes en facteurs premiers, ce qui contredit l'unicité. Chaque \(\beta_i\) prend l'une des \(\alpha_i + 1\) valeurs \(0\), \(1\), …, \(\alpha_i\), indépendamment des autres : il y a \((\alpha_1 + 1)(\alpha_2 + 1) \cdots (\alpha_k + 1)\) choix, donc autant de diviseurs positifs.
Exemple
Déterminer les diviseurs positifs de \(180\) et leur nombre.
La décomposition est \(180 = 2^2 \times 3^2 \times 5\). Les diviseurs positifs de \(180\) sont les entiers \(2^a \times 3^b \times 5^c\) avec \(0 \le a \le 2\), \(0 \le b \le 2\) et \(0 \le c \le 1\) ; il y en a \((2 + 1)(2 + 1)(1 + 1) = 18\).
Le tableau croise les puissances de \(2\) et les puissances de \(3\) : il donne les neuf diviseurs pour lesquels \(c = 0\).
En les multipliant par \(5\), on obtient les neuf diviseurs pour lesquels \(c = 1\) : \(5\), \(15\), \(45\), \(10\), \(30\), \(90\), \(20\), \(60\) et \(180\).
Le tableau croise les puissances de \(2\) et les puissances de \(3\) : il donne les neuf diviseurs pour lesquels \(c = 0\).
| \(\times\) | \(1\) | \(3\) | \(9\) |
| \(1\) | \(1\) | \(3\) | \(9\) |
| \(2\) | \(2\) | \(6\) | \(18\) |
| \(4\) | \(4\) | \(12\) | \(36\) |
Compétences à pratiquer
- Compter et identifier les diviseurs
- Résoudre des problèmes d'arithmétique par la factorisation
II.4
Le PGCD et le PPCM par la décomposition en facteurs premiers
Méthode — Calculer le PGCD par la décomposition en facteurs premiers
Pour trouver le PGCD de deux entiers \(a \ge 2\) et \(b \ge 2\) à l'aide de leurs décompositions en facteurs premiers, on suit les étapes suivantes : - Décomposer les deux nombres \(a\) et \(b\) en produits de facteurs premiers.
- Identifier les facteurs premiers communs aux deux décompositions.
- Pour chaque facteur premier commun, retenir la puissance avec le plus petit exposant présent dans les deux décompositions.
- Le PGCD est le produit de ces facteurs premiers communs élevés à leurs plus petits exposants respectifs.
Exemple
Trouver \(PGCD(120, 84)\) en utilisant la décomposition en facteurs premiers. - On décompose les deux nombres : $$ \begin{aligned} 120 &= 2^3 \times 3^1 \times 5^1 \\ 84 &= 2^2 \times 3^1 \times 7^1 \end{aligned} $$
- Les facteurs premiers communs sont 2 et 3.
- On choisit les plus petits exposants :
- Pour le facteur 2 : les exposants sont 3 et 2. Le plus petit est 2.
- Pour le facteur 3 : les exposants sont 1 et 1. Le plus petit est 1.
- On calcule le produit : $$ PGCD(120, 84) = 2^2 \times 3^1 = 4 \times 3 = \mathbf{12} $$
Méthode — PPCM par la décomposition en facteurs premiers
Pour déterminer le PPCM de deux entiers \(a \ge 2\) et \(b \ge 2\) : - Écrire la décomposition en facteurs premiers de \(a\) et de \(b\).
- Identifier tous les facteurs premiers apparaissant dans au moins une des décompositions.
- Pour chacun de ces facteurs, retenir le plus grand exposant observé.
- Le PPCM est le produit de ces facteurs élevés à leurs plus grands exposants respectifs.
Exemple
Calculer \(PPCM(120, 84)\).
Par décomposition en facteurs premiers :$$\begin{aligned}120 &= 2^3 \times 3^1 \times 5^1 \\
84 &= 2^2 \times 3^1 \times 7^1\end{aligned}$$ On prend la puissance maximale pour chaque facteur premier \(2\), \(3\), \(5\) et \(7\) :$$ PPCM(120, 84) = 2^3 \times 3^1 \times 5^1 \times 7^1 = 8 \times 3 \times 5 \times 7 = \mathbf{840} $$ Vérification par le PGCD : \(PGCD(120, 84) = 2^2 \times 3^1 = 12\) et \(12 \times 840 = 120 \times 84\).
Compétences à pratiquer
- Calculer le PGCD par la décomposition en facteurs premiers
- Calculer et utiliser le PPCM par la décomposition en facteurs premiers
III
Petit théorème de Fermat et applications
III.1
Petit théorème de Fermat
- Calculer les restes de \(1^6\), \(2^6\), \(3^6\), \(4^6\), \(5^6\) et \(6^6\) dans la division euclidienne par \(7\).
- Calculer le reste de \(2^{p-1}\) dans la division euclidienne par \(p\), pour \(p = 3\), \(p = 5\), \(p = 11\) et \(p = 13\).
- Calculer le reste de \(2^{14}\) dans la division euclidienne par \(15\).
- Énoncer une conjecture. Quelle propriété les diviseurs \(7\), \(3\), \(5\), \(11\) et \(13\) ont-ils en commun, qui manque à \(15\) ?
- On travaille modulo \(7\).
- \(1^6 = 1\).
- \(2^3 = 8 \equiv 1 \pmod{7}\), donc \(2^6 = \left(2^3\right)^2 \equiv 1 \pmod{7}\).
- \(3^2 = 9 \equiv 2 \pmod{7}\), donc \(3^6 = \left(3^2\right)^3 \equiv 2^3 \equiv 1 \pmod{7}\).
- \(4 \equiv -3 \pmod{7}\), donc \(4^6 \equiv (-3)^6 = 3^6 \equiv 1 \pmod{7}\) ; de même, \(5 \equiv -2 \pmod{7}\) donne \(5^6 \equiv 2^6 \equiv 1 \pmod{7}\), et \(6 \equiv -1 \pmod{7}\) donne \(6^6 \equiv 1 \pmod{7}\).
- \(2^2 = 4 = 1 \times 3 + 1\), \(2^4 = 16 = 3 \times 5 + 1\), \(2^{10} = 1\,024 = 93 \times 11 + 1\) et \(2^{12} = 4\,096 = 315 \times 13 + 1\) : les quatre restes valent \(1\).
- \(2^4 = 16 \equiv 1 \pmod{15}\), donc \(2^{14} = \left(2^4\right)^3 \times 2^2 \equiv 4 \pmod{15}\) : le reste est \(4\), et non \(1\).
- Conjecture : si \(p\) est un nombre premier et \(a\) un entier naturel que \(p\) ne divise pas, alors \(a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p}\). Les diviseurs \(7\), \(3\), \(5\), \(11\) et \(13\) sont premiers ; \(15 = 3 \times 5\) ne l'est pas, et la propriété tombe en défaut. La condition sur \(a\) est nécessaire : \(7^6 \equiv 0 \pmod{7}\). Cette conjecture est le petit théorème de Fermat.
Théorème — Petit théorème de Fermat
Soit \(p\) un nombre premier et soit \(a\) un entier naturel non multiple de \(p\). Alors :$$a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p}.$$ Pour tout entier naturel \(a\), on a :$$a^p \equiv a \pmod{p}.$$
La démonstration s'effectue en deux étapes.
- Cas où \(a\) n'est pas divisible par \(p\) :
On considère les \(p-1\) produits \(a, 2a, \dots, (p-1)a\) modulo \(p\) :$$S=\{a ; 2a ; 3a ; \dots ; (p-1)a\}.$$- Restes distincts : Soient \(i\) et \(j\) deux entiers distincts de \(\{1 ; \dots ; p-1\}\). Si \(ia \equiv ja \pmod{p}\), alors \(p\mid a(i-j)\).
Comme \(p\) est premier et \(p\nmid a\), les entiers \(p\) et \(a\) sont premiers entre eux, et d'après le théorème de Gauss on a \(p\mid (i-j)\). Or \(|i-j|Ainsi, les restes de \(a,2a,\dots,(p-1)a\) modulo \(p\) sont tous distincts.
- Restes non nuls : Pour tout \(k\in\{1 ; \dots ; p-1\}\), on a \(p\nmid k\) et \(p\nmid a\), donc \(p\nmid ka\). Ainsi, aucun de ces restes n'est \(0\).
- Conclusion sur l'ensemble : Les restes de \(S\) modulo \(p\) sont donc exactement \(\{1 ; 2 ; \dots ; p-1\}\) dans un certain ordre.
- Restes distincts : Soient \(i\) et \(j\) deux entiers distincts de \(\{1 ; \dots ; p-1\}\). Si \(ia \equiv ja \pmod{p}\), alors \(p\mid a(i-j)\).
- Cas général (\(a^p \equiv a \pmod{p}\)) :
- Si \(p\nmid a\), on multiplie \(a^{p-1}\equiv 1 \pmod{p}\) par \(a\) et on obtient \(a^p\equiv a \pmod{p}\).
- Si \(p\mid a\), alors \(a\equiv 0 \pmod{p}\) et \(a^p\equiv 0 \pmod{p}\), donc \(a^p\equiv a \pmod{p}\).
Compétences à pratiquer
- Analyser le petit théorème de Fermat
III.2
Utiliser le petit théorème de Fermat
Méthode — Utiliser le petit théorème de Fermat
Soit \(p\) un nombre premier. - Pour réduire une puissance modulo \(p\) d'un entier naturel \(a\) que \(p\) ne divise pas : écrire la division euclidienne de l'exposant, un entier naturel \(n\), par \(p - 1\) : \(n = (p - 1)q + r\) avec \(0 \le r < p - 1\). Comme \(a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p}\), $$a^n = \left(a^{p-1}\right)^q \times a^r \equiv a^r \pmod{p}.$$
- Pour montrer que \(p\) divise \(a^p - a\), ou une expression qui s'y ramène : utiliser \(a^p \equiv a \pmod{p}\), valable pour tout entier naturel \(a\), sans condition.
- Pour montrer la divisibilité par un produit de nombres premiers distincts \(p_1 p_2 \cdots p_k\) : montrer la divisibilité par chaque \(p_i\) séparément, puis assembler de proche en proche avec le premier corollaire du théorème de Gauss. Le nombre premier \(p_{i+1}\) ne divise pas le produit \(p_1 \cdots p_i\) : sinon, d'après la propriété « Nombres premiers et produits », il serait égal à l'un des nombres \(p_1, \dots, p_i\). Un nombre premier qui ne divise pas un entier est premier avec lui, donc \(p_1 \cdots p_i\) et \(p_{i+1}\) sont premiers entre eux.
Exemple
Déterminer le reste de la division euclidienne de \(2^{50}\) par \(7\).
Comme \(7\) est premier et \(7 \nmid 2\), le petit théorème de Fermat donne $$2^{6} \equiv 1 \pmod{7}.$$ La division euclidienne de l'exposant par \(6\) s'écrit \(50 = 6 \times 8 + 2\), donc par compatibilité avec les puissances et les produits : $$\begin{aligned} 2^{50} = \left(2^{6}\right)^{8} \times 2^2 &\equiv 1^{8} \times 4 \pmod{7} &&(2^6 \equiv 1)\\
&\equiv 4 \pmod{7} \end{aligned}$$ Comme \(0 \le 4 < 7\), le reste est \(\boxed{4}\).
Exemple
Montrer que pour tout entier naturel \(n\), l'entier \(n^7 - n\) est divisible par \(42\).
Comme \(42 = 2 \times 3 \times 7\), produit de nombres premiers distincts, on montre la divisibilité par \(7\), par \(3\) et par \(2\).
- Par \(7\). Comme \(7\) est premier, le petit théorème de Fermat donne \(n^7 \equiv n \pmod{7}\), donc \(7\) divise \(n^7 - n\).
- Par \(3\). Comme \(3\) est premier, le petit théorème de Fermat donne \(n^3 \equiv n \pmod{3}\), donc $$\begin{aligned} n^7 = n^3 \times n^3 \times n &\equiv n \times n \times n \pmod{3} &&(n^3 \equiv n \pmod{3})\\ &= n^3\\ &\equiv n \pmod{3} &&(n^3 \equiv n \pmod{3}) \end{aligned}$$ donc \(3\) divise \(n^7 - n\).
- Par \(2\). Une puissance d'un nombre pair est paire et une puissance d'un nombre impair est impaire : \(n^7\) et \(n\) ont la même parité, donc \(n^7 - n\) est pair.
- Assemblage. Les nombres premiers distincts \(2\) et \(3\) sont premiers entre eux, donc \(6\) divise \(n^7 - n\), d'après le premier corollaire du théorème de Gauss. Le nombre premier \(7\) ne divise ni \(2\) ni \(3\), donc il est premier avec \(6\), d'après la propriété « Nombres premiers et produits », et \(6 \times 7 = 42\) divise \(n^7 - n\).
Compétences à pratiquer
- Appliquer le petit théorème de Fermat
IV
Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
- Raisonner et résoudre des problèmes
- Problèmes
- Type bac
- Quiz
Contrôle du chapitre
4 exercices, sur 20 points. Durée indicative : 1 h 30.
À traiter sur papier, puis à photographier : la correction est automatique, par IA.
Ce contrôle ne modifie pas la maîtrise du chapitre, quelle que soit la note.
Aucun exercice composé.
Aller à la section