Éducation Nationale Française · Sixième
Les probabilités
I
Le vocabulaire des probabilités
I.1
Les issues
Définition — Issue
Une issue est un résultat possible d’une expérience aléatoire. Définition — Toutes les issues possibles
Toutes les issues possibles sont la liste complète de tous les résultats possibles d’une expérience aléatoire. Compétences à pratiquer
- Lister toutes les issues possibles
I.2
Les événements
Définition — Événement
Un événement est un ensemble d’issues parmi toutes les issues possibles. Exemple
Dans l’expérience de lancer un dé, déterminer les issues correspondant à un nombre pair.
Les issues pour « obtenir un nombre pair » sont 2=
, 4=
, et 6=
.
, 4=
, et 6=
. Compétences à pratiquer
- Trouver les événements
I.3
Les expériences à deux épreuves
Définition — Issue d'une expérience à deux épreuves
Certaines expériences aléatoires se font en deux épreuves : on répète la même expérience, une épreuve après l'autre — lancer une pièce puis la lancer à nouveau, faire tourner une roue deux fois, tirer une boule, la remettre et tirer à nouveau. Une issue d'une telle expérience, c'est un résultat de la première épreuve suivi d'un résultat de la seconde. On écrit les deux résultats côte à côte : \(\textcolor{colordef}{\text{P}}\textcolor{colorprop}{\text{F}}\) signifie pile au premier lancer, puis face au second. Pour trouver toutes les issues sans en oublier, on utilise un tableau ou un arbre. Méthode — Le tableau des issues
- Une ligne par issue de la première épreuve, une colonne par issue de la seconde.
- Chaque case est une issue de l'expérience à deux épreuves : on y écrit le résultat de sa ligne suivi du résultat de sa colonne.
- Compter : le nombre d'issues est le nombre de cases, c'est-à-dire le nombre de lignes multiplié par le nombre de colonnes. Cela marche parce que la seconde épreuve a les mêmes issues quel que soit le résultat de la première — on relance le même dé, on remet la boule dans le sac.
Méthode — L'arbre des issues
- Une branche par issue de la première épreuve, tracée depuis le tronc.
- Au bout de chacune de ces branches, une branche par issue de la seconde épreuve — les mêmes à chaque fois.
- Chaque chemin complet, du tronc jusqu'au bout, est une issue : on le lit de gauche à droite.
- Compter : le nombre d'issues est le nombre de chemins, c'est-à-dire le nombre de bouts à droite.
Exemple
On lance une pièce équilibrée deux fois de suite. Trouver toutes les issues de cette expérience, avec un tableau puis avec un arbre.
La première épreuve a deux issues, pile (P) et face (F) ; la seconde aussi.
Le tableau a \(2\) lignes et \(2\) colonnes, donc \(2 \times 2 = 4\) cases : les issues sont PP, PF, FP et FF. L'arbre donne les mêmes quatre, lues le long de ses quatre chemins.
| \(\begin{aligned} & \textcolor{colorprop}{\text{2e lancer}} \\ \textcolor{colordef}{\text{1er lancer}} \end{aligned}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{P}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{F}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{P}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{P}}\textcolor{colorprop}{\text{P}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{P}}\textcolor{colorprop}{\text{F}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{F}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{F}}\textcolor{colorprop}{\text{P}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{F}}\textcolor{colorprop}{\text{F}}\) |
Exemple
Maya lance un dé équilibré à quatre faces, puis elle le lance à nouveau. Combien cette expérience a-t-elle d'issues ? Combien d'entre elles réalisent l'événement « un nombre pair aux deux lancers » ?
Le dé a \(4\) issues à chaque lancer : le tableau a \(4\) lignes et \(4\) colonnes, donc \(4 \times 4 = 16\) issues.
Les issues en gras sont celles de l'événement : un nombre pair au premier lancer, et un nombre pair au second. Il y en a \(4\) sur \(16\).
| \(\begin{aligned} & \textcolor{colorprop}{\text{2e lancer}} \\ \textcolor{colordef}{\text{1er lancer}} \end{aligned}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
Tableau ou arbre ? Les deux donnent exactement les mêmes issues. Le tableau est compact et montre d'un coup d'œil que le nombre d'issues est un produit ; l'arbre montre l'ordre des deux épreuves, et il fonctionne encore à trois épreuves ou plus, là où un tableau ne suffirait plus.
Compétences à pratiquer
- Compléter le tableau des issues
II
La probabilité d'un événement
II.1
Un nombre de 0 à 1
Définition — Droite de probabilité

- Impossible : Cela ne peut pas arriver.
Exemple : Monter sur un dinosaure. - Peu probable : Cela n’arrivera probablement pas.
Exemple : Obtenir un 3 en lançant un dé. - Une chance sur deux : Cela a autant de chances d’arriver que de ne pas arriver.
Exemple : Obtenir face en lançant une pièce. - Probable : Cela va probablement arriver.
Exemple : Boire de l’eau à l’école aujourd’hui. - Certain : Cela va forcément arriver.
Exemple : Le soleil va se lever demain matin.
Monter sur un dinosaure, boire de l'eau à l'école ou le lever du soleil sont des faits de la vie courante, pas des événements d'une expérience dont on a listé les issues. Dans une expérience, un événement est impossible quand aucune issue ne le réalise, et certain quand toutes les issues le réalisent : avec un dé, « obtenir un 7 » est impossible et « obtenir un nombre de 1 à 6 » est certain.
Quand on lance une pièce équilibrée, il y a deux issues possibles : pile ou face. La chance d’obtenir face est 1 chance sur 2. On peut écrire cela sous forme de fraction : 

Définition — Probabilité
La probabilité d’un événement, notée \(P(\text{événement})\), est un nombre de 0 (impossible) à 1 (certain). 
Compétences à pratiquer
- Classer et placer des événements sur la droite de probabilité
II.2
Calculer une probabilité
Définition — Calcul de probabilité avec des issues équiprobables
Lorsque toutes les issues d’une expérience sont équiprobables, on peut calculer la probabilité d’un événement avec une formule simple : $$P(\text{événement}) = \frac{\text{Nombre d’issues favorables}}{\text{Nombre total d’issues possibles}}$$ Les « issues favorables » sont les issues qui correspondent à l’événement étudié. Exemple
On lance un dé équilibré à six faces. Calculer la probabilité d’obtenir un nombre pair. - Nombre total d’issues possibles : Un dé a 6 faces, donc il y a 6 issues possibles : \(1\), \(2\), \(3\), \(4\), \(5\) et \(6\).
- Nombre d’issues favorables : L’événement est « obtenir un nombre pair ». Les issues qui sont paires sont \(2\), \(4\) et \(6\). Il y a 3 issues favorables.
- Calculer la probabilité : $$\begin{aligned} P(\text{obtenir un nombre pair}) &= \frac{\text{Nombre d’issues favorables}}{\text{Nombre total d’issues possibles}} \\ &= \frac{3}{6} \\ &= \frac{1}{2} \end{aligned}$$
Méthode — Comparer deux événements
Deux événements d'une même expérience ont le même nombre total d'issues possibles. Lorsque les issues sont équiprobables, les deux probabilités s'écrivent donc avec le même dénominateur, et les comparer ne demande pas de les calculer. - Vérifier que les issues sont équiprobables — un dé équilibré, une roue équilibrée à secteurs égaux, des billes semblables à la couleur près et tirées sans regarder.
- Compter les issues favorables de chaque événement.
- Comparer ces deux nombres. L'événement qui a le plus d'issues favorables est le plus probable ; s'il y en a autant pour l'un que pour l'autre, les deux événements ont la même probabilité.
Exemple
Cette roue est équilibrée et ses huit secteurs sont égaux. Quel événement est le plus probable : « rouge » ou « bleu » ?
La roue est équilibrée et ses secteurs sont égaux : les huit issues sont équiprobables, la méthode s'applique.
- Issues favorables à « rouge » : les secteurs \(1\), \(2\), \(5\) et \(6\) — soit \(4\) issues.
- Issues favorables à « bleu » : les secteurs \(3\), \(4\) et \(7\) — soit \(3\) issues.
Méthode — Calculer une probabilité à deux épreuves
Rien de neuf : la même règle s'applique mot pour mot, avec les cases du tableau, ou les bouts de l'arbre, comme issues. - Vérifier que les issues sont équiprobables : l'expérience doit être équilibrée, et la répéter ne doit rien changer.
- Compter les cases, ou les bouts, qui réalisent l'événement.
- Diviser ce nombre par le nombre total de cases, ou de bouts.
| \(\begin{aligned} & \textcolor{colorprop}{\text{2e lancer}} \\ \textcolor{colordef}{\text{1er lancer}} \end{aligned}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{1}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{2}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{3}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
| \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{1}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{2}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{3}}\) | \(\textcolor{colordef}{\text{4}}\textcolor{colorprop}{\text{4}}\) |
Compétences à pratiquer
- Calculer les probabilités
- Calculer une probabilité dans une expérience à deux épreuves
II.3
Les trois écritures d'une probabilité
Méthode — Exprimer les probabilités sous différentes formes
On peut écrire les probabilités de trois manières différentes : en fractions, en nombres décimaux ou en pourcentages. Ces trois formes représentent la même probabilité, mais s’écrivent différemment. Exemple
Une roue équilibrée a 4 parts égales, dont 1 rouge : \(P(\text{rouge}) = \frac{1}{4}\). Représenter cette probabilité sous forme de nombre décimal et de pourcentage. - Fraction : \( \frac{1}{4} \)
- Nombre décimal : Pour convertir une fraction en nombre décimal, on divise le numérateur par le dénominateur : $$ 1 \div 4 = 0{,}25 $$
- Pourcentage : Pour convertir un nombre décimal en pourcentage, on multiplie par 100 et l'on ajoute le signe de pourcentage : $$ 0{,}25 = 0{,}25 \times 100\pourcent = 25\pourcent $$
Exemple
Quel événement est le plus probable : un événement de probabilité \(\dfrac{2}{5}\), ou un événement de probabilité \(35\pourcent\) ?
On écrit les deux probabilités sous la même forme, par exemple en pourcentages : $$\begin{aligned}[t] \frac{2}{5} &= \frac{40}{100} && \text{(on multiplie numérateur et dénominateur par 20)}\\
&= 40\pourcent. \end{aligned}$$ Comme \(40\pourcent > 35\pourcent\), le premier événement est le plus probable.
Méthode — Quand la division ne s'arrête pas
La fraction est l'écriture exacte d'une probabilité. Pour l'écrire en nombre décimal, on divise le numérateur par le dénominateur. - Parfois la division s'arrête : \(1 \div 4 = 0{,}25\). Le nombre décimal est exact, et l'on écrit \(\frac{1}{4} = 0{,}25 = 25\pourcent\).
- Parfois elle ne s'arrête jamais : \(1 \div 3 = 0{,}333\ldots\) Les chiffres continuent sans fin. Le nombre décimal que l'on écrit n'est alors qu'une valeur approchée : on l'arrondit, au centième par exemple, et l'on écrit \(\approx\) au lieu de \(=\). Ainsi \(\frac{1}{3} \approx 0{,}33\), et \(\frac{1}{3} \approx 33\pourcent\).
Exemple
On lance un dé équilibré. Écrire la probabilité d'obtenir un multiple de \(3\) sous forme de fraction, puis de nombre décimal arrondi au centième, puis de pourcentage. Dire ensuite lequel est le plus probable : obtenir un multiple de \(3\), ou un événement de probabilité \(0{,}3\).
Les multiples de \(3\) sur un dé sont \(3\) et \(6\) : deux issues favorables sur six. $$\begin{aligned}[t] P(\text{multiple de } 3) &= \frac{2}{6} = \frac{1}{3} && {\scriptstyle\text{(écriture exacte)}}\\
1 \div 3 &= 0{,}333\ldots && {\scriptstyle\text{(la division ne s'arrête pas)}}\\
\frac{1}{3} &\approx 0{,}33 \approx 33\pourcent. && {\scriptstyle\text{(arrondi au centième)}} \end{aligned}$$ Pour comparer avec \(0{,}3\) : \(\frac{1}{3} = 0{,}333\ldots\) et \(0{,}333\ldots > 0{,}3\). Obtenir un multiple de \(3\) est l'événement le plus probable — même si \(0{,}33\) et \(0{,}3\) semblent proches, c'est le chiffre des centièmes qui tranche : \(0{,}333\ldots\) contre \(0{,}300\).
Compétences à pratiquer
- Calculer les probabilités sous forme décimale
- Calculer les probabilités sous forme de pourcentage
- Écrire une probabilité sous différentes formes
III
Répéter une expérience
III.1
Le dé ne se souvient pas
Lina lance un dé équilibré trois fois et obtient un \(6\) à chaque fois.
« Le prochain ne sera sûrement pas un \(6\), dit-elle, un \(6\) est déjà sorti trois fois. » Sami n'est pas d'accord : « Au contraire, le dé est chanceux aujourd'hui : il redonnera un \(6\). » Lequel des deux a raison ?
Définition — Répétitions indépendantes
Ni l'un ni l'autre. Quand on répète la même expérience aléatoire, sans rien changer entre les répétitions, chaque répétition est une nouvelle expérience : les mêmes issues, et les mêmes chances que la première fois. Le dé ne sait pas ce qu'il a fait avant — il n'a aucune mémoire. On dit que les répétitions sont indépendantes : le résultat d'un lancer ne change rien aux chances du lancer suivant. Méthode — Reconnaître une croyance fausse
Quelqu'un affirme qu'un résultat est « attendu » ou « en forme ». Pour trancher, poser deux questions. - Qu'est-ce qui a changé physiquement entre les deux essais ? Pour un dé, une pièce ou une roue : rien. Le dé a toujours ses six faces, la pièce ses deux côtés.
- Si rien n'a changé, les chances n'ont pas changé non plus. Elles sont les mêmes qu'au tout premier essai.
- « Il est attendu » : un résultat qui n'est pas sorti depuis longtemps n'a pas plus de chances.
- « Il est en forme » : un résultat qui vient de sortir n'a pas plus de chances non plus.
Exemple
Lina et Sami lancent leur dé une quatrième fois. Quelle est la probabilité d'obtenir un \(6\) ?
Rien n'a changé : le dé a toujours ses six faces, et les six issues sont toujours équiprobables. Il y a une issue favorable sur six : $$P(\text{« obtenir un } 6 \text{ »}) = \frac{1}{6}$$ exactement comme au premier lancer. Lina a tort, et Sami aussi : les trois \(6\) déjà obtenus n'y changent rien.
Exemple
Une pièce équilibrée est tombée cinq fois de suite sur pile. Théo dit : « Face est maintenant beaucoup plus probable, il faut bien que ça se rattrape. » Quelle est la probabilité d'obtenir face au sixième lancer ?
La pièce a deux côtés, et elle n'a pas changé. Il y a une issue favorable sur deux : $$P(\text{« face »}) = \frac{1}{2}$$ Théo a tort : rien n'a besoin de « se rattraper ». La pièce ne compte pas les lancers précédents.
Quand y a-t-il une mémoire ? Dans de telles expériences, une mémoire n'apparaît que si l'expérience change l'objet. Si l'on tire une boule d'un sac et qu'on la remet, le sac est le même qu'avant et les tirages sont indépendants. Si l'on ne la remet pas, le sac a changé : il y a une boule de moins, donc les chances du second tirage ne sont plus les mêmes. Lancer un dé, lancer une pièce, tourner une roue ne changent jamais l'objet : ce sont toujours des répétitions indépendantes.
Compétences à pratiquer
- Décider si le dé a une mémoire
- Calculer la probabilité à l'essai suivant
III.2
Répéter l'expérience et comparer
Léa lance un dé équilibré. Elle sait que \(P(6) = \frac{1}{6}\). Elle le lance \(12\) fois et n'obtient jamais de \(6\). Sami dit : « ton dé est truqué ». Léa répond : « une chance sur six, donc en \(12\) lancers j'aurais dû avoir exactement deux six ». Qui a raison ?
Ni l'un ni l'autre. La probabilité \(\frac{1}{6}\) ne promet pas deux six en \(12\) lancers : elle dit que, si l'on lance le dé un très grand nombre de fois, environ un lancer sur six donne un \(6\). Douze lancers, c'est très peu : n'obtenir aucun \(6\) arrive assez souvent avec un dé parfaitement équilibré. Sami ne peut donc pas conclure que le dé est truqué, et Léa avait tort d'attendre exactement deux six. Pour comparer ce qui arrive à ce qui a été calculé, il faut répéter l'expérience beaucoup plus de fois.
Définition — La part des essais
Quand on répète une expérience, chaque répétition est un essai. La part des essais qui ont donné un résultat est le nombre d'essais qui l'ont donné, divisé par le nombre total d'essais : $$\text{part des essais} = \frac{\text{nombre d'essais qui ont donné le résultat}}{\text{nombre total d'essais}}.$$ Comme une probabilité, c'est un nombre compris entre \(0\) et \(1\), et on peut l'écrire en fraction, en nombre décimal ou en pourcentage. Si \(46\) lancers sur \(100\) ont donné pile, la part des essais qui ont donné pile est \(\frac{46}{100} = 0{,}46 = 46\pourcent\). Méthode — Comparer une série d'essais à la probabilité calculée
- Calculer la probabilité du résultat, dans une situation où toutes les issues ont la même chance : une pièce équilibrée, un dé équilibré, une roue bien équilibrée.
- Répéter l'expérience un grand nombre de fois, sans rien changer entre deux essais : le même dé, lancé de la même façon. Chaque essai est une nouvelle expérience, avec les mêmes chances que la première — le dé ne se souvient pas.
- Compter et diviser : pour le résultat étudié, écrire la part des essais qui l'ont donné.
- Comparer la part des essais et la probabilité calculée, écrites sous la même forme.
- Lire l'écart. Avec peu d'essais, l'écart est souvent grand. Avec beaucoup d'essais, la part des essais est le plus souvent proche de la probabilité calculée — elle n'est jamais obligée de tomber juste, et elle peut s'en écarter à nouveau d'un essai au suivant. Un écart, à lui seul, ne prouve pas que le dé est truqué.
Exemple
On lance une pièce équilibrée. Après \(10\) lancers, \(7\) ont donné pile ; après \(100\) lancers, \(46\) ont donné pile ; après \(1\,000\) lancers, \(503\) ont donné pile. Comparer, à chaque fois, la part des essais qui ont donné pile avec la probabilité calculée.
La pièce est équilibrée : \(P(\text{pile}) = \frac{1}{2} = 0{,}5\). Les parts des essais sont :
Après \(10\) lancers la part vaut \(0{,}7\), loin de \(0{,}5\) — avec si peu de lancers, ce n'est pas étonnant. Après \(100\) elle vaut \(0{,}46\), plus proche. Après \(1\,000\) elle vaut \(0{,}503\), très proche. Plus on répète l'expérience, plus la part des essais tend à se rapprocher de la probabilité calculée, sans jamais être obligée de l'égaler : \(503\), ce n'est pas \(500\).
| Lancers | Piles | Part des essais | Écart avec \(0{,}5\) |
| \(10\) | \(7\) | \(\frac{7}{10} = 0{,}7\) | \(0{,}2\) |
| \(100\) | \(46\) | \(\frac{46}{100} = 0{,}46\) | \(0{,}04\) |
| \(1\,000\) | \(503\) | \(\frac{503}{1000} = 0{,}503\) | \(0{,}003\) |
Ce qu'un écart veut dire
Un écart entre la part des essais et la probabilité calculée n'est pas une erreur, et ce n'est pas non plus une preuve. En \(12\) lancers, un dé équilibré peut très bien ne donner aucun \(6\), ou en donner trois. Ce qui compte, c'est la tendance sur beaucoup d'essais : sur un grand nombre de lancers, la part des six se stabilise près de \(\frac{1}{6}\). Et réciproquement : si, après mille lancers, la part des six restait loin de \(\frac{1}{6}\), on aurait de bonnes raisons de douter de l'équilibre du dé — mais personne ne peut en décider sur douze lancers.
Compétences à pratiquer
- Lire une série d'essais
- Résoudre des problèmes sur des séries d'essais
IV
Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
- Choisir la bonne affirmation
- Calculer et écrire des probabilités
- Résoudre des problèmes de probabilité
- Quiz
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