Éducation Nationale Française · MPSI
Topologie de \(\mathbb{R}\) et \(\mathbb{C}\)
Dans ce chapitre, \(\mathbb{K}\) désigne \(\mathbb{R}\) ou \(\mathbb{C}\). Le chapitre introduit le point de vue topologique sur \(\mathbb{R}\) et \(\mathbb{C}\) : boules, voisinages, ouverts et fermés, intérieur, adhérence, frontière, et densité. Il reformule la convergence (déjà étudiée pour les suites) en termes de voisinages, construit le vocabulaire systématique des ouverts et fermés, et étend le théorème de Bolzano-Weierstrass des suites réelles (prouvé dans le chapitre Suites réelles) aux suites complexes. Les deux applications phares sont la caractérisation séquentielle des fermés — la définition de travail pour toute la suite de l'analyse — et la densité de \(\mathbb{Q}\), \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\), et des décimaux dans \(\mathbb{R}\).
I
Voisinages, boules et convergence dans \(\mathbb{K}\)
L'idée de départ est de formaliser l'intuition « \(x\) est proche de \(a\) » sans fixer une tolérance \(\varepsilon\) particulière. L'outil est le voisinage de \(a\) : une région qui entoure \(a\) avec une marge strictement positive. Les boules en sont les voisinages canoniques. Une fois les voisinages définis, la convergence des suites admet une reformulation topologique épurée : « \(u_n \to \ell\) signifie que tout voisinage de \(\ell\) contient à la longue tous les termes de la suite ». Ce point de vue dominera le reste du chapitre.
I.1
Boules ouvertes, boules fermées, voisinages
Le vocabulaire des « boules » vient de la géométrie tridimensionnelle mais s'utilise dans tout cadre muni d'une distance. Dans \(\mathbb{K}\) la distance est \(|x - a|\) (valeur absolue si \(\mathbb{K} = \mathbb{R}\), module si \(\mathbb{K} = \mathbb{C}\)), donc les boules sont des intervalles dans \(\mathbb{R}\) et des disques dans \(\mathbb{C}\).
La terminologie « boule fermée » anticipe la notion de fermé ; on prouvera plus bas que les boules fermées sont bien des parties fermées.
La terminologie « boule fermée » anticipe la notion de fermé ; on prouvera plus bas que les boules fermées sont bien des parties fermées.
Définition — Boule ouverte, boule fermée, sphère
Pour \(a \in \mathbb{K}\) et \(r \ge 0\), la boule ouverte de centre \(a\) et de rayon \(r\) est $$ B(a, r) \;=\; \{x \in \mathbb{K} \,:\, |x - a| < r\}, $$ la boule fermée est $$ \overline{B}(a, r) \;=\; \{x \in \mathbb{K} \,:\, |x - a| \le r\}, $$ et la sphère est $$ S(a, r) \;=\; \{x \in \mathbb{K} \,:\, |x - a| = r\}. $$ Remarque : \(\overline{B}(a, 0) = \{a\}\) est un singleton, tandis que \(B(a, 0) = \emptyset\) est vide.
Exemple
Dans \(\mathbb{R}\), pour \(a \in \mathbb{R}\) et \(r > 0\) : \(B(a, r) = \,]a - r, a + r[\,\) est un intervalle ouvert, et \(\overline{B}(a, r) = [a - r, a + r]\) est un intervalle fermé. La sphère \(S(a, r) = \{a - r, a + r\}\) est réduite à deux points. Exemple
Dans \(\mathbb{C}\), \(B(0, 1) = \{z \in \mathbb{C} \,:\, |z| < 1\}\) est le disque unité ouvert ; \(\overline{B}(0, 1)\) est le disque unité fermé ; \(S(0, 1) = \{e^{i\theta} \,:\, \theta \in \mathbb{R}\}\) est le cercle unité. Définition — Voisinage d'un point
Pour \(a \in \mathbb{K}\), une partie \(V \subset \mathbb{K}\) est un voisinage de \(a\) s'il existe \(r > 0\) tel que $$ B(a, r) \;\subset\; V. $$ L'ensemble des voisinages de \(a\) dans \(\mathbb{K}\) est noté \(\mathcal{V}_{\mathbb{K}}(a)\), ou simplement \(\mathcal{V}(a)\) si l'espace ambiant est clair.La condition \(r > 0\) est essentielle. En \(r = 0\), \(B(a, 0) = \emptyset\) est inclus dans toute partie, ce qui trivialiserait la définition et ferait de toute partie un voisinage de tout point.
Exemple
Dans \(\mathbb{R}\), les ensembles \([a - 1, a + 1]\), \(\mathbb{R}\) et \(\,]a - \varepsilon, a + \varepsilon[\,\) (pour \(\varepsilon > 0\)) sont tous des voisinages de \(a\), chacun contenant \(B(a, r)\) pour un \(r > 0\) adapté. Exemple — Contraste conceptuel
Dans \(\mathbb{C}\), la partie \(\mathbb{R} \subset \mathbb{C}\) n'est un voisinage d'aucun point réel \(a \in \mathbb{R}\) : toute boule complexe ouverte \(B(a, r) = \{z \in \mathbb{C} \,:\, |z - a| < r\}\) avec \(r > 0\) contient des points hors de l'axe réel (par exemple \(a + ir/2\)), donc \(\mathbb{R}\) ne peut pas contenir \(B(a, r)\). Le même ensemble \(\mathbb{R}\) est voisinage de \(a\) vu dans \(\mathbb{R}\) (où les boules sont des intervalles) mais pas vu dans \(\mathbb{C}\) (où les boules sont des disques). L'espace ambiant compte. Exemple
Le singleton \(\{a\}\) n'est pas un voisinage de \(a\) dans \(\mathbb{K}\) : toute \(B(a, r)\) avec \(r > 0\) contient \(a\) mais aussi une infinité d'autres points (l'intervalle réel \(\,]a - r, a + r[\,\) par exemple), donc \(\{a\}\) ne peut contenir aucune \(B(a, r)\). Proposition — Propriétés des voisinages
Soit \(a \in \mathbb{K}\). - Stabilité par agrandissement. Si \(V\) est un voisinage de \(a\) et \(V \subset W \subset \mathbb{K}\), alors \(W\) est un voisinage de \(a\).
- Intersection finie. L'intersection d'un nombre fini de voisinages de \(a\) est un voisinage de \(a\).
- Séparation de Hausdorff. Pour deux points distincts \(a, b \in \mathbb{K}\), il existe des voisinages \(V_a\) de \(a\) et \(V_b\) de \(b\) tels que \(V_a \cap V_b = \emptyset\).
- Stabilité par agrandissement. Puisque \(V\) est un voisinage de \(a\), il existe \(r > 0\) avec \(B(a, r) \subset V\). Alors \(B(a, r) \subset V \subset W\), donc \(W\) est un voisinage de \(a\).
- Intersection finie. Soient \(V_1, \dots, V_k\) des voisinages de \(a\). Pour chaque \(i\), il existe \(r_i > 0\) avec \(B(a, r_i) \subset V_i\). Posons \(r = \min\{r_1, \dots, r_k\} > 0\). Alors \(B(a, r) \subset B(a, r_i) \subset V_i\) pour tout \(i\), donc \(B(a, r) \subset V_1 \cap \dots \cap V_k\), qui est donc un voisinage de \(a\).
- Séparation de Hausdorff. Posons \(r = |a - b|/3 > 0\) (puisque \(a \ne b\)). L'inégalité triangulaire donne, pour \(x \in B(a, r) \cap B(b, r)\), \(|a - b| \le |a - x| + |x - b| < 2r = 2|a - b|/3\), contradiction. Donc \(V_a := B(a, r)\) et \(V_b := B(b, r)\) sont disjoints.
Compétences à pratiquer
- Calculer des boules et des voisinages
I.2
Convergence des suites du point de vue des voisinages
La définition \(\varepsilon\)-\(N\) de \(u_n \to \ell\) du chapitre Suites réelles se reformule à l'aide des voisinages. La nouvelle formulation est plus économique et se transpose directement à \(\mathbb{C}\).
Proposition — Formes équivalentes de la convergence
Soient \((u_n) \in \mathbb{K}^{\mathbb{N}}\) et \(\ell \in \mathbb{K}\). Les assertions suivantes sont équivalentes : - [(i)] \(\forall \varepsilon > 0, \exists N \in \mathbb{N}, \forall n \ge N, |u_n - \ell| < \varepsilon\).
- [(ii)] Pour tout voisinage \(V\) de \(\ell\), il existe \(N \in \mathbb{N}\) tel que \(u_n \in V\) pour tout \(n \ge N\).
- \((i) \Rightarrow (ii)\). Soit \(V\) un voisinage de \(\ell\). Par définition il existe \(\varepsilon > 0\) avec \(B(\ell, \varepsilon) \subset V\). Appliquant (i) à ce \(\varepsilon\), on obtient \(N\) tel que \(|u_n - \ell| < \varepsilon\) pour \(n \ge N\), soit \(u_n \in B(\ell, \varepsilon) \subset V\).
- \((ii) \Rightarrow (i)\). Soit \(\varepsilon > 0\). L'ensemble \(V := B(\ell, \varepsilon)\) est un voisinage de \(\ell\) (il se contient lui-même). Appliquant (ii), il existe \(N\) tel que \(u_n \in V\) pour \(n \ge N\), soit \(|u_n - \ell| < \varepsilon\).
Proposition — Convergence dans \(\mathbb{C}\) par parties réelle et imaginaire
Soient \((z_n) \in \mathbb{C}^{\mathbb{N}}\) et \(\ell \in \mathbb{C}\). Alors $$ \textcolor{colorprop}{z_n \;\longrightarrow\; \ell \quad \iff \quad \operatorname{Re}(z_n) \;\longrightarrow\; \operatorname{Re}(\ell) \quad \text{et} \quad \operatorname{Im}(z_n) \;\longrightarrow\; \operatorname{Im}(\ell).} $$ - Sens direct. Supposons \(z_n \to \ell\). Pour tout complexe \(w\), \(|\operatorname{Re}(w)| \le |w|\) et \(|\operatorname{Im}(w)| \le |w|\). Appliqué à \(w = z_n - \ell\) : $$ |\operatorname{Re}(z_n) - \operatorname{Re}(\ell)| \;=\; |\operatorname{Re}(z_n - \ell)| \;\le\; |z_n - \ell| \;\longrightarrow\; 0, $$ donc \(\operatorname{Re}(z_n) \to \operatorname{Re}(\ell)\) par théorème d'encadrement (chapitre Suites réelles). Même argument pour la partie imaginaire.
- Sens réciproque. Supposons \(\operatorname{Re}(z_n) \to \operatorname{Re}(\ell)\) et \(\operatorname{Im}(z_n) \to \operatorname{Im}(\ell)\). Pour tout complexe \(w\), l'inégalité triangulaire sur \(w = \operatorname{Re}(w) + i \operatorname{Im}(w)\) donne \(|w| \le |\operatorname{Re}(w)| + |\operatorname{Im}(w)|\). Appliqué à \(w = z_n - \ell\) : $$ |z_n - \ell| \;\le\; |\operatorname{Re}(z_n) - \operatorname{Re}(\ell)| + |\operatorname{Im}(z_n) - \operatorname{Im}(\ell)| \;\longrightarrow\; 0 + 0 \;=\; 0. $$ D'où \(z_n \to \ell\).
Exemple
Pour \(n \ge 1\), \(z_n = e^{i\pi/n}\) converge vers \(1\) : \(\operatorname{Re}(z_n) = \cos(\pi/n) \to \cos(0) = 1\) et \(\operatorname{Im}(z_n) = \sin(\pi/n) \to \sin(0) = 0\), donc \(z_n \to 1 + 0 i = 1\). Exemple
Pour \(n \ge 1\), \(z_n = (1 + i)/n\) converge vers \(0\) : \(\operatorname{Re}(z_n) = 1/n \to 0\) et \(\operatorname{Im}(z_n) = 1/n \to 0\). Méthode — Prouver une limite complexe par scindage Re/Im
Pour prouver \(z_n \to \ell\) pour une suite complexe, séparer parties réelle et imaginaire et appliquer les outils des suites réelles (encadrement, limite monotone, comparaison) à chacune. - Calculer \(\operatorname{Re}(z_n)\) et \(\operatorname{Im}(z_n)\) explicitement. Pour des suites de la forme \(r_n e^{i\theta_n}\), utiliser \(r_n \cos \theta_n\) et \(r_n \sin \theta_n\).
- Montrer \(\operatorname{Re}(z_n) \to \operatorname{Re}(\ell)\) avec la boîte à outils des suites réelles (opérations, encadrement, limite monotone).
- Montrer \(\operatorname{Im}(z_n) \to \operatorname{Im}(\ell)\) par la même méthode.
- Conclure \(z_n \to \ell\) par la caractérisation Re/Im.
Compétences à pratiquer
- Vérifier des limites complexes par Re/Im
I.3
Bolzano-Weierstrass dans \(\mathbb{C}\)
Le théorème de Bolzano-Weierstrass du chapitre Suites réelles affirme que toute suite réelle bornée admet une sous-suite convergente. La caractérisation Re/Im permet de l'étendre à \(\mathbb{C}\) par double extraction : d'abord sur les parties réelles, puis sur les parties imaginaires de la première sous-suite.
Théorème — Bolzano-Weierstrass dans \(\mathbb{C}\)
De toute suite bornée de \(\mathbb{C}\), on peut extraire une sous-suite convergente.
Soit \((z_n) \in \mathbb{C}^{\mathbb{N}}\) bornée, c'est-à-dire qu'il existe \(M \ge 0\) avec \(|z_n| \le M\) pour tout \(n\). Comme \(|\operatorname{Re}(w)| \le |w|\) et \(|\operatorname{Im}(w)| \le |w|\) pour tout complexe \(w\) : $$ |\operatorname{Re}(z_n)| \;\le\; |z_n| \;\le\; M \quad \text{et} \quad |\operatorname{Im}(z_n)| \;\le\; M. $$ Donc les deux suites réelles \((\operatorname{Re}(z_n))\) et \((\operatorname{Im}(z_n))\) sont bornées. L'argument suit alors trois étapes parallèles.
- Première extraction. Par Bolzano-Weierstrass pour les suites réelles (chapitre Suites réelles), il existe \(\varphi : \mathbb{N} \to \mathbb{N}\) strictement croissante telle que \(\operatorname{Re}(z_{\varphi(n)}) \to a\) pour un certain \(a \in \mathbb{R}\).
- Seconde extraction. La suite \((\operatorname{Im}(z_{\varphi(n)}))\) reste bornée (sous-suite d'une suite bornée). Par Bolzano-Weierstrass à nouveau, il existe \(\psi : \mathbb{N} \to \mathbb{N}\) strictement croissante telle que \(\operatorname{Im}(z_{\varphi(\psi(n))}) \to b\) pour un certain \(b \in \mathbb{R}\).
- Composition. L'application \(\varphi \circ \psi\) est strictement croissante (composée d'applications strictement croissantes). Le long de cette extraction, \(\operatorname{Re}(z_{\varphi(\psi(n))}) \to a\) (sous-suite d'une suite tendant vers \(a\)) et \(\operatorname{Im}(z_{\varphi(\psi(n))}) \to b\) (par construction).
Méthode — Extraction itérée pour les suites complexes
Pour extraire une sous-suite convergente d'une suite complexe bornée : - Majorer \(|\operatorname{Re}(z_n)|\) et \(|\operatorname{Im}(z_n)|\) par \(|z_n|\) pour avoir deux suites réelles bornées.
- Appliquer Bolzano-Weierstrass réel à \((\operatorname{Re}(z_n))\) : obtenir \(\varphi\) avec \(\operatorname{Re}(z_{\varphi(n)})\) convergente.
- Appliquer Bolzano-Weierstrass réel à \((\operatorname{Im}(z_{\varphi(n)}))\) : obtenir \(\psi\) avec \(\operatorname{Im}(z_{\varphi \circ \psi(n)})\) convergente.
- Conclure par Re/Im que \(z_{\varphi \circ \psi(n)}\) converge.
Compétences à pratiquer
- Appliquer Bolzano-Weierstrass itéré
II
Ouverts, fermés, intérieur et adhérence
Des points-munis-de-voisinages, on passe maintenant aux ensembles considérés globalement. Deux notions duales émergent : les ouverts, qui contiennent une marge autour de chacun de leurs points, et les fermés, stables par passage à la limite. Les deux admettront plusieurs caractérisations équivalentes ; la plus opérationnelle pour la suite de l'analyse est la caractérisation séquentielle des fermés.
II.1
Intérieur, points adhérents, adhérence, frontière
Étant donnée une partie \(A \subset \mathbb{K}\) et un point \(x \in \mathbb{K}\), deux descriptions qualitatives complémentaires sont possibles : \(x\) est à l'intérieur de \(A\) avec une marge (toute une boule autour de \(x\) est dans \(A\)) — on dit que \(x\) est intérieur à \(A\) — ou \(x\) est atteignable depuis \(A\) comme limite (toute boule autour de \(x\) rencontre \(A\)) — on dit que \(x\) est adhérent à \(A\). Tout point intérieur est adhérent, mais la réciproque tombe en défaut sur le bord de \(A\).
Définition — Point intérieur, point adhérent
Soient \(A \subset \mathbb{K}\) et \(x \in \mathbb{K}\). - \(x\) est un point intérieur à \(A\) s'il existe \(r > 0\) tel que \(B(x, r) \subset A\).
- \(x\) est un point adhérent à \(A\) si pour tout \(r > 0\), \(A \cap B(x, r) \ne \emptyset\).
Exemple
Dans \(\mathbb{R}\) avec \(A = [0, 1]\) : tout \(x \in \,]0, 1[\,\) est un point intérieur (prendre \(r = \min\{x, 1 - x\}\)). Les points \(0\) et \(1\) sont adhérents : toute boule \(B(0, r) = \,]-r, r[\,\) rencontre \([0, 1]\) puisqu'elle contient \(0\), et de même toute boule autour de \(1\) contient \(1\). Mais \(0\) n'est pas intérieur à \(A\) : toute boule autour de \(0\) contient des nombres négatifs, donc n'est pas incluse dans \(A\) ; même conclusion pour \(1\). Exemple
Tout point intérieur à \(A\) est aussi adhérent à \(A\). En effet, si \(B(x, r) \subset A\), alors pour tout \(r' > 0\) la boule \(B(x, r')\) rencontre \(A\) : elle contient \(x\) lui-même, et \(x \in A\) (puisque les points intérieurs appartiennent à \(A\)). La reformulation séquentielle de ce fait découlera du théorème Caractérisation séquentielle des points adhérents ci-dessous. Théorème — Caractérisation séquentielle des points adhérents
Soient \(A \subset \mathbb{K}\) et \(x \in \mathbb{K}\). Alors $$ \textcolor{colorprop}{x \text{ est adhérent à } A \quad \iff \quad \exists (a_n) \in A^{\mathbb{N}}, \quad a_n \longrightarrow x.} $$ - Sens direct. Supposons \(x\) adhérent à \(A\). Pour chaque \(n \in \mathbb{N}\), la boule \(B(x, 1/(n+1))\) rencontre \(A\) : on choisit \(a_n \in A \cap B(x, 1/(n+1))\). Alors \(|a_n - x| < 1/(n+1) \to 0\), donc \(a_n \to x\).
- Sens réciproque. Supposons \(a_n \to x\) avec \(a_n \in A\) pour tout \(n\). Pour tout \(r > 0\), la boule \(B(x, r)\) est un voisinage de \(x\), donc par convergence il existe \(N\) avec \(a_n \in B(x, r)\) pour \(n \ge N\). En particulier \(a_N \in A \cap B(x, r)\), qui est donc non vide. Donc \(x\) est adhérent à \(A\).
Définition — Intérieur, adhérence, frontière
Soit \(A \subset \mathbb{K}\). - L'intérieur de \(A\) est \(\mathring{A} = \{x \in \mathbb{K} \,:\, x \text{ est intérieur à } A\}\).
- L'adhérence de \(A\) est \(\overline{A} = \{x \in \mathbb{K} \,:\, x \text{ est adhérent à } A\}\).
- La frontière (ou bord) de \(A\) est \(\partial A = \overline{A} \setminus \mathring{A}\).
Proposition — Inclusions de base et monotonie
Soient \(A, B \subset \mathbb{K}\). - \(\mathring{A} \subset A \subset \overline{A}\).
- \(\overline{A} = \mathring{A} \sqcup \partial A\) (réunion disjointe).
- Monotonie : \(A \subset B \Rightarrow \mathring{A} \subset \mathring{B}\) et \(\overline{A} \subset \overline{B}\).
\(\mathring{A} \subset A\) : tout point intérieur à \(A\) est dans \(A\) (Définition). \(A \subset \overline{A}\) : tout point de \(A\) est adhérent à \(A\) (toute boule autour de \(x \in A\) contient \(x \in A\)). La réunion disjointe est \(\overline{A} = \mathring{A} \cup (\overline{A} \setminus \mathring{A}) = \mathring{A} \cup \partial A\) par définition de \(\partial A\). Monotonie : si \(A \subset B\) et \(B(x, r) \subset A\), alors \(B(x, r) \subset B\), donc \(x\) intérieur à \(B\) ; si toute \(B(x, r)\) rencontre \(A\), alors toute \(B(x, r)\) rencontre \(B\), donc \(x\) adhérent à \(B\).
Exemple
Dans \(\mathbb{R}\) pour l'intervalle semi-ouvert \(I = \,]a, b]\) avec \(a < b\) : \(\mathring{I} = \,]a, b[\,\), \(\overline{I} = [a, b]\), \(\partial I = \{a, b\}\). L'intérieur perd les deux extrémités, l'adhérence ajoute l'extrémité gauche manquante, la frontière est la paire des deux extrémités. Exemple
Pour \(A = \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}\) : \(\mathring{\mathbb{Q}} = \emptyset\) (aucun rationnel n'est intérieur à \(\mathbb{Q}\), puisque toute boule autour d'un rationnel contient des irrationnels) et \(\overline{\mathbb{Q}} = \mathbb{R}\) (tout réel est limite d'une suite de rationnels — voir le théorème de densité ci-dessous). D'où \(\partial \mathbb{Q} = \mathbb{R}\). Méthode — Calculer intérieur, adhérence, frontière d'une partie de \(\mathbb{R}\)
Pour déterminer \(\mathring{A}\), \(\overline{A}\), \(\partial A\) pour un \(A \subset \mathbb{R}\) concret : - Identifier le type de \(A\) (intervalle, réunion finie d'intervalles, ensemble dense type \(\mathbb{Q}\), ensemble fini, ensemble discret type \(\mathbb{Z}\)).
- Pour un intervalle, retirer les extrémités pour \(\mathring{A}\) ; ajouter les extrémités manquantes pour \(\overline{A}\) ; \(\partial A\) est l'ensemble des extrémités.
- Pour un ensemble dense type \(\mathbb{Q}\) : \(\mathring{A} = \emptyset\) (toute boule contient des points hors de \(A\)) et \(\overline{A} = \mathbb{R}\).
- Pour un ensemble discret type \(\mathbb{Z}\) : \(\mathring{A} = \emptyset\) (toute boule autour d'un entier contient des non-entiers) et \(\overline{A} = A\) (aucun réel non entier n'est limite d'entiers).
- Vérification : \(\mathring{A} \subset A \subset \overline{A}\) et \(\overline{A} = \mathring{A} \sqcup \partial A\).
Compétences à pratiquer
- Calculer intérieur, adhérence, frontière
II.2
Ouverts
Un ouvert est un ensemble dont chacun des points possède une marge à l'intérieur de l'ensemble. La définition se reformule de plusieurs manières équivalentes : « \(A\) est voisinage de chacun de ses points » ou « \(A = \mathring{A}\) ». La classe des ouverts est stable par réunion quelconque et intersection finie ; elle n'est pas stable par intersection infinie, comme un contre-exemple simple le montre.
Définition — Ouvert
Une partie \(O \subset \mathbb{K}\) est ouverte si pour tout \(x \in O\) il existe \(r > 0\) tel que \(B(x, r) \subset O\). De manière équivalente, \(O\) est un voisinage de chacun de ses points. Proposition — Formes équivalentes d'être ouvert
Pour \(O \subset \mathbb{K}\), les assertions suivantes sont équivalentes : - [(i)] \(O\) est ouvert.
- [(ii)] \(O = \mathring{O}\).
- [(iii)] \(O\) est un voisinage de chacun de ses points.
\((i) \iff (iii)\) est la définition reformulée (« \(\exists r > 0, B(x, r) \subset O\) » est la définition de voisinage). \((i) \iff (ii)\) : « tout \(x \in O\) satisfait \(B(x, r) \subset O\) » signifie que tout \(x \in O\) est intérieur à \(O\), soit \(O \subset \mathring{O}\). L'inclusion réciproque \(\mathring{O} \subset O\) vaut toujours. Donc \(O\) ouvert ssi \(O = \mathring{O}\).
Exemple
\(\emptyset\) et \(\mathbb{K}\) sont ouverts. \(\emptyset\) car la condition « pour tout \(x \in \emptyset\) » est trivialement vraie ; \(\mathbb{K}\) car toute \(B(x, r)\) est dans \(\mathbb{K}\). Proposition — Exemples d'ouverts
- Toute boule ouverte \(B(a, r)\) avec \(r > 0\) est ouverte.
- Le complémentaire de toute boule fermée \(\overline{B}(a, \rho)\) (\(\rho \ge 0\)) est ouvert.
- Dans \(\mathbb{R}\), tout intervalle ouvert \(\,]a, b[\,\) avec \(a < b\) est ouvert, ainsi que les intervalles non bornés \(\,]-\infty, a[\,\) et \(\,]a, +\infty[\,\).
- Pour \(O_1, O_2\) ouverts de \(\mathbb{R}\), l'ensemble \(O_1 + i O_2 := \{x + i y \,:\, x \in O_1, y \in O_2\}\) est ouvert dans \(\mathbb{C}\).
- Boule ouverte. Soient \(x \in B(a, r)\) et \(r' = r - |x - a| > 0\). Pour \(z \in B(x, r')\) : $$ |z - a| \;\le\; |z - x| + |x - a| \;<\; r' + |x - a| \;=\; r, $$ donc \(z \in B(a, r)\). D'où \(B(x, r') \subset B(a, r)\).
- Complémentaire d'une boule fermée. Soit \(x \notin \overline{B}(a, \rho)\), soit \(|x - a| > \rho\). Posons \(r' = |x - a| - \rho > 0\) (positif aussi quand \(\rho = 0\) et \(x \ne a\)). Pour \(z \in B(x, r')\) : $$ |z - a| \;\ge\; |x - a| - |z - x| \;>\; |x - a| - r' \;=\; \rho, $$ donc \(z \notin \overline{B}(a, \rho)\). D'où \(B(x, r') \subset \mathbb{K} \setminus \overline{B}(a, \rho)\).
- Intervalle \(\,]a, b[\,\). Pour \(x \in \,]a, b[\,\), posons \(r' = \min\{x - a, b - x\} > 0\). Alors \(B(x, r') = \,]x - r', x + r'[\, \subset \,]a, b[\,\).
- Intervalles non bornés. Pour \(\,]a, +\infty[\,\) et \(x > a\), posons \(r' = x - a > 0\) ; alors \(B(x, r') = \,]x - r', x + r'[\, = \,]a, x + r'[\, \subset \,]a, +\infty[\,\). Argument symétrique pour \(\,]-\infty, a[\,\).
- Produit \(O_1 + i O_2\). Soit \(z = x + iy\) avec \(x \in O_1, y \in O_2\). On choisit \(r_1 > 0\) avec \(\,]x - r_1, x + r_1[\, \subset O_1\) et \(r_2 > 0\) avec \(\,]y - r_2, y + r_2[\, \subset O_2\). Posons \(r = \min(r_1, r_2)\). Pour \(w \in B(z, r)\), \(|\operatorname{Re}(w) - x| \le |w - z| < r \le r_1\), donc \(\operatorname{Re}(w) \in O_1\) ; de même \(\operatorname{Im}(w) \in O_2\). D'où \(w \in O_1 + i O_2\).
Proposition — Opérations sur les ouverts
- Toute réunion d'ouverts est ouverte.
- Toute intersection finie d'ouverts est ouverte.
- Réunion. Soit \((O_i)_{i \in I}\) une famille d'ouverts et \(U = \bigcup_i O_i\). Pour \(x \in U\), \(x \in O_{i_0}\) pour un certain \(i_0 \in I\) ; comme \(O_{i_0}\) est ouvert, il existe \(r > 0\) avec \(B(x, r) \subset O_{i_0} \subset U\).
- Intersection finie. Soient \(O_1, \dots, O_k\) ouverts et \(W = O_1 \cap \dots \cap O_k\). Pour \(x \in W\), \(x \in O_i\) pour chaque \(i\), donc il existe \(r_i > 0\) avec \(B(x, r_i) \subset O_i\). Posons \(r = \min\{r_1, \dots, r_k\} > 0\). Alors \(B(x, r) \subset O_i\) pour chaque \(i\), donc \(B(x, r) \subset W\).
Exemple — Contre-exemple pour l'intersection infinie
Dans \(\mathbb{R}\), l'intersection des intervalles ouverts \(\,]-1/n, 1[\,\) pour \(n \ge 1\) vaut $$ \bigcap_{n \ge 1} \,]-1/n, 1[\; = \; [0, 1[\,, $$ qui n'est pas ouvert (\(0\) est dans l'intersection mais aucune boule autour de \(0\) ne reste dans \([0, 1[\,\)). L'intersection finie ne peut pas se relâcher en intersection quelconque. Théorème — Intérieur \(\equal\) plus grand ouvert
Pour \(A \subset \mathbb{K}\), \(\mathring{A}\) est ouvert, et tout ouvert inclus dans \(A\) est inclus dans \(\mathring{A}\). Autrement dit, \(\mathring{A}\) est le plus grand ouvert inclus dans \(A\). - \(\mathring{A}\) est ouvert. Soit \(x \in \mathring{A}\). Par définition il existe \(r > 0\) avec \(B(x, r) \subset A\). Pour \(y \in B(x, r)\), par la preuve « boule ouverte est ouverte » ci-dessus, il existe \(r' > 0\) avec \(B(y, r') \subset B(x, r) \subset A\), donc \(y\) est intérieur à \(A\), soit \(y \in \mathring{A}\). D'où \(B(x, r) \subset \mathring{A}\), donc \(\mathring{A}\) est ouvert.
- Maximalité. Soit \(O\) ouvert avec \(O \subset A\). Pour \(x \in O\), il existe \(r > 0\) avec \(B(x, r) \subset O \subset A\), donc \(x\) est intérieur à \(A\), soit \(x \in \mathring{A}\). D'où \(O \subset \mathring{A}\).
Méthode — Prouver qu'une partie est ouverte
Pour montrer que \(A \subset \mathbb{K}\) est ouvert : - Choisir un \(x \in A\) quelconque.
- Exhiber un \(r > 0\) explicite dépendant de \(x\) (et de la donnée définissant \(A\)) tel que \(B(x, r) \subset A\). Le rayon \(r\) mesure typiquement la distance de \(x\) au bord de \(A\) : pour un intervalle \(\,]a, b[\,\) prendre \(r = \min\{x - a, b - x\}\) ; pour le complémentaire de \(\overline{B}(a, \rho)\) prendre \(r = |x - a| - \rho\) ; pour une boule ouverte \(B(a, \rho)\) prendre \(r = \rho - |x - a|\).
- Vérifier \(B(x, r) \subset A\) par l'inégalité triangulaire.
- Variante : identifier \(A\) comme une réunion d'ouverts ou une intersection finie d'ouverts.
Compétences à pratiquer
- Prouver qu'une partie est ouverte
II.3
Fermés
Les fermés sont la notion duale : stables par passage à la limite. Trois caractérisations équivalentes coexistent, toutes utiles en pratique. La caractérisation séquentielle (toute suite convergente à valeurs dans \(F\) a sa limite dans \(F\)) est la définition de travail pour la suite de l'analyse.
Théorème — Trois caractérisations des fermés
Pour \(F \subset \mathbb{K}\), les assertions suivantes sont équivalentes : - [(i)] Toute suite convergente \((u_n) \in F^{\mathbb{N}}\) a sa limite dans \(F\).
- [(ii)] \(\overline{F} = F\).
- [(iii)] \(\mathbb{K} \setminus F\) est ouvert.
On prouve le cycle \((i) \Rightarrow (ii) \Rightarrow (iii) \Rightarrow (i)\).
- \((i) \Rightarrow (ii)\). Toujours \(F \subset \overline{F}\). Réciproquement, soit \(x \in \overline{F}\). Par le théorème Caractérisation séquentielle des points adhérents, il existe \((u_n) \in F^{\mathbb{N}}\) avec \(u_n \to x\). Par (i), \(x \in F\). Donc \(\overline{F} \subset F\).
- \((ii) \Rightarrow (iii)\). Supposons \(\overline{F} = F\). Pour \(x \in \mathbb{K} \setminus F = \mathbb{K} \setminus \overline{F}\), \(x\) n'est pas adhérent à \(F\) : il existe \(r > 0\) avec \(B(x, r) \cap F = \emptyset\), soit \(B(x, r) \subset \mathbb{K} \setminus F\). Donc \(\mathbb{K} \setminus F\) est ouvert.
- \((iii) \Rightarrow (i)\). Supposons \(\mathbb{K} \setminus F\) ouvert. Soit \((u_n) \in F^{\mathbb{N}}\) avec \(u_n \to \ell\), et supposons par l'absurde \(\ell \notin F\), soit \(\ell \in \mathbb{K} \setminus F\). Comme \(\mathbb{K} \setminus F\) est un voisinage de \(\ell\), il existe \(N\) avec \(u_n \in \mathbb{K} \setminus F\) pour \(n \ge N\), contradiction avec \(u_n \in F\). Donc \(\ell \in F\).
Définition — Fermé
Une partie \(F \subset \mathbb{K}\) est fermée si elle vérifie l'une (donc toutes) des trois conditions équivalentes du théorème précédent. La définition de travail en analyse est la séquentielle : « toute suite convergente à valeurs dans \(F\) a sa limite dans \(F\) ». Exemple
\(\emptyset\) et \(\mathbb{K}\) sont fermés (puisque \(\mathbb{K} \setminus \emptyset = \mathbb{K}\) et \(\mathbb{K} \setminus \mathbb{K} = \emptyset\) sont ouverts). \(\emptyset\) et \(\mathbb{K}\) sont à la fois ouverts et fermés dans \(\mathbb{K}\). Cela vaut dans tout espace topologique. Le fait plus fort, propre aux espaces connexes comme \(\mathbb{R}\) et \(\mathbb{C}\) (notion étudiée en seconde année), est qu'ils sont les seules parties à la fois ouvertes et fermées. Proposition — Exemples de fermés
- Toute boule fermée \(\overline{B}(a, r)\) (\(r \ge 0\), y compris les singletons en \(r = 0\)) est fermée.
- Le complémentaire de toute boule ouverte est fermé.
- Dans \(\mathbb{R}\), \([a, b], [a, +\infty[\,, \,]-\infty, b]\) sont fermés (avec \(a \le b\)).
- Toute partie finie de \(\mathbb{K}\) est fermée.
- Pour \(F_1, F_2\) fermés de \(\mathbb{R}\), l'ensemble \(F_1 + i F_2 := \{x + i y \,:\, x \in F_1, y \in F_2\}\) est fermé dans \(\mathbb{C}\).
Boule fermée \(\overline{B}(a, r)\) : son complémentaire est ouvert par Proposition Exemples d'ouverts, donc \(\overline{B}(a, r)\) est fermée. Complémentaire d'une boule ouverte : par la même Proposition (boule ouverte est ouverte), son complémentaire est fermé. Intervalles \([a, b]\) : complémentaire \(\,]-\infty, a[ \cup \,]b, +\infty[\,\) est une union de deux ouverts, donc ouvert (les intervalles ouverts non bornés ont été prouvés ouverts plus haut). Même argument pour \([a, +\infty[\,\) et \(\,]-\infty, b]\).
Partie finie \(F = \{a_1, \dots, a_k\}\). Preuve séquentielle directe : soit \((u_n) \in F^{\mathbb{N}}\) avec \(u_n \to \ell\). Supposons par l'absurde \(\ell \notin F\) et posons \(r = \tfrac{1}{2} \min_{1 \le j \le k} |\ell - a_j| > 0\). Alors \(|u_n - \ell| \ge r\) pour tout \(n\) (car \(u_n \in F\) et tout élément de \(F\) est à distance \(\ge 2r\) de \(\ell\)), contradiction avec \(u_n \to \ell\). Donc \(\ell \in F\), et \(F\) est fermée.
Produit \(F_1 + i F_2\). Si \(z_n = x_n + i y_n \to z = x + iy\) avec \(x_n \in F_1, y_n \in F_2\), alors \(x_n \to x\) et \(y_n \to y\) par Re/Im, donc \(x \in F_1, y \in F_2\) par fermeture de \(F_1, F_2\), d'où \(z \in F_1 + i F_2\).
Partie finie \(F = \{a_1, \dots, a_k\}\). Preuve séquentielle directe : soit \((u_n) \in F^{\mathbb{N}}\) avec \(u_n \to \ell\). Supposons par l'absurde \(\ell \notin F\) et posons \(r = \tfrac{1}{2} \min_{1 \le j \le k} |\ell - a_j| > 0\). Alors \(|u_n - \ell| \ge r\) pour tout \(n\) (car \(u_n \in F\) et tout élément de \(F\) est à distance \(\ge 2r\) de \(\ell\)), contradiction avec \(u_n \to \ell\). Donc \(\ell \in F\), et \(F\) est fermée.
Produit \(F_1 + i F_2\). Si \(z_n = x_n + i y_n \to z = x + iy\) avec \(x_n \in F_1, y_n \in F_2\), alors \(x_n \to x\) et \(y_n \to y\) par Re/Im, donc \(x \in F_1, y \in F_2\) par fermeture de \(F_1, F_2\), d'où \(z \in F_1 + i F_2\).
Proposition — Opérations sur les fermés
- Toute intersection de fermés est fermée.
- Toute réunion finie de fermés est fermée.
Par De Morgan : \(\mathbb{K} \setminus \bigcap_i F_i = \bigcup_i (\mathbb{K} \setminus F_i)\) est une réunion d'ouverts, donc ouverte, d'où \(\bigcap_i F_i\) fermée. De même \(\mathbb{K} \setminus (F_1 \cup \dots \cup F_k) = (\mathbb{K} \setminus F_1) \cap \dots \cap (\mathbb{K} \setminus F_k)\) est une intersection finie d'ouverts, donc ouverte, d'où la réunion fermée.
Exemple — Contre-exemple pour la réunion infinie
Dans \(\mathbb{R}\), \(\bigcup_{n \ge 1} [1/n, 1] = \,]0, 1]\) n'est pas fermée : la suite \(u_n = 1/n\) est dans la réunion, converge vers \(0\), mais \(0\) n'est pas dans la réunion. La réunion finie ne peut pas se relâcher en réunion quelconque. Exemple — L'espace ambiant compte (encore)
L'ensemble \(\mathbb{R}\) est fermé dans \(\mathbb{C}\) : si \(z_n \in \mathbb{R}\) et \(z_n \to z \in \mathbb{C}\), alors \(\operatorname{Im}(z_n) = 0\) pour tout \(n\), donc \(\operatorname{Im}(z) = 0\) par Re/Im, d'où \(z \in \mathbb{R}\). En revanche, \(\mathbb{R}\) n'est pas ouvert dans \(\mathbb{C}\) : comme déjà noté dans la sous-section Boules ouvertes, boules fermées, voisinages, aucune boule complexe ouverte autour d'un point réel ne tient dans \(\mathbb{R}\). Pourtant, vu comme partie de lui-même, \(\mathbb{R}\) est à la fois ouvert et fermé dans \(\mathbb{R}\). Le caractère ouvert ou fermé dépend de l'espace ambiant. Théorème — Adhérence \(\equal\) plus petit fermé contenant ; frontière fermée
Pour \(A \subset \mathbb{K}\) : - \(\overline{A}\) est fermée, et tout fermé contenant \(A\) contient \(\overline{A}\).
- La frontière \(\partial A\) est fermée.
- \(\overline{A}\) est fermée. Soit \((x_n) \in \overline{A}^{\mathbb{N}}\) avec \(x_n \to x\). Pour chaque \(n\), \(x_n \in \overline{A}\), donc par le théorème Caractérisation séquentielle des points adhérents il existe \(a_n \in A\) avec \(|a_n - x_n| < 1/(n+1)\). Alors : $$ |a_n - x| \;\le\; |a_n - x_n| + |x_n - x| \;<\; \frac{1}{n+1} + |x_n - x| \;\longrightarrow\; 0, $$ donc \(a_n \to x\) avec \(a_n \in A\). D'où \(x\) adhérent à \(A\), soit \(x \in \overline{A}\). Par caractérisation séquentielle des fermés, \(\overline{A}\) est fermée.
- Minimalité. Soit \(F\) fermé avec \(A \subset F\). Pour \(x \in \overline{A}\), il existe \((a_n) \in A^{\mathbb{N}}\) avec \(a_n \to x\). Comme \(A \subset F\), \((a_n) \in F^{\mathbb{N}}\). Par caractérisation séquentielle appliquée à \(F\), \(x \in F\). D'où \(\overline{A} \subset F\).
- Frontière fermée. \(\partial A = \overline{A} \setminus \mathring{A} = \overline{A} \cap (\mathbb{K} \setminus \mathring{A})\). Comme \(\overline{A}\) est fermée (point précédent) et \(\mathring{A}\) ouvert (par le théorème Intérieur \(\equal\) plus grand ouvert), \(\mathbb{K} \setminus \mathring{A}\) est fermée, et \(\partial A\) est l'intersection de deux fermés, donc fermée.
Méthode — Prouver qu'une partie est fermée
Trois stratégies de travail pour montrer que \(F \subset \mathbb{K}\) est fermée : - Séquentielle (la plus utilisée). Prendre une suite convergente quelconque \((u_n) \in F^{\mathbb{N}}\) avec \(u_n \to \ell\), et prouver \(\ell \in F\). On exploite typiquement les inégalités définissant \(F\) (par exemple \(F = \{z \,:\, |z| \le 1\}\) : passer à la limite dans \(|u_n| \le 1\)).
- Complémentaire ouvert. Montrer que \(\mathbb{K} \setminus F\) est ouvert en exhibant, pour tout \(x \notin F\), un \(r > 0\) explicite avec \(B(x, r) \subset \mathbb{K} \setminus F\).
- Adhérence égale à \(F\). Montrer \(\overline{F} \subset F\) directement (l'inclusion réciproque est automatique).
Compétences à pratiquer
- Prouver qu'une partie est fermée
II.4
Densité
La densité est l'application phare du cadre topologique. Une partie \(A\) est dense dans \(B\) si tout élément de \(B\) peut être approché aussi finement qu'on veut par des éléments de \(A\). Les deux exemples modèles sont la densité de \(\mathbb{Q}\) dans \(\mathbb{R}\) et la densité des décimaux dans \(\mathbb{R}\).
Définition — Densité
Soit \(A \subset B \subset \mathbb{K}\). On dit que \(A\) est dense dans \(B\) si \(B \subset \overline{A}\). De manière équivalente (Proposition ci-dessous), tout élément de \(B\) est limite d'une suite d'éléments de \(A\).Lorsque \(B = \mathbb{K}\), on dit simplement que \(A\) est dense dans \(\mathbb{K}\) : \(\overline{A} = \mathbb{K}\).
Proposition — Caractérisation séquentielle de la densité
Soit \(D \subset \mathbb{R}\). \(D\) est dense dans \(\mathbb{R}\) si et seulement si tout réel est limite d'une suite d'éléments de \(D\).
Par la Définition « Partie dense », \(D\) est dense si elle rencontre tout intervalle ouvert non vide.
(\(\Rightarrow\)) Supposons \(D\) dense et soit \(x \in \mathbb{R}\). Pour tout \(\varepsilon > 0\) l'intervalle \(]x - \varepsilon, x + \varepsilon[\) est un intervalle ouvert non vide, puisqu'il contient \(x\), donc il rencontre \(D\). Par la Proposition « Limites de termes d'une partie » (\(\Leftarrow\)), \(x\) est limite d'une suite d'éléments de \(D\).
(\(\Leftarrow\)) Supposons que tout réel soit limite d'une suite d'éléments de \(D\), et soient \(a < b\). Posons \(x = \frac{a+b}{2}\) et \(\varepsilon = \frac{b-a}{2} > 0\), de sorte que \(]a, b[ \, = \, ]x - \varepsilon, x + \varepsilon[\). Le réel \(x\) est limite d'une suite d'éléments de \(D\), donc par la Proposition « Limites de termes d'une partie » (\(\Rightarrow\)) l'intervalle \(]x - \varepsilon, x + \varepsilon[\) rencontre \(D\). Donc \(D\) rencontre tout intervalle ouvert non vide : \(D\) est dense.
(\(\Rightarrow\)) Supposons \(D\) dense et soit \(x \in \mathbb{R}\). Pour tout \(\varepsilon > 0\) l'intervalle \(]x - \varepsilon, x + \varepsilon[\) est un intervalle ouvert non vide, puisqu'il contient \(x\), donc il rencontre \(D\). Par la Proposition « Limites de termes d'une partie » (\(\Leftarrow\)), \(x\) est limite d'une suite d'éléments de \(D\).
(\(\Leftarrow\)) Supposons que tout réel soit limite d'une suite d'éléments de \(D\), et soient \(a < b\). Posons \(x = \frac{a+b}{2}\) et \(\varepsilon = \frac{b-a}{2} > 0\), de sorte que \(]a, b[ \, = \, ]x - \varepsilon, x + \varepsilon[\). Le réel \(x\) est limite d'une suite d'éléments de \(D\), donc par la Proposition « Limites de termes d'une partie » (\(\Rightarrow\)) l'intervalle \(]x - \varepsilon, x + \varepsilon[\) rencontre \(D\). Donc \(D\) rencontre tout intervalle ouvert non vide : \(D\) est dense.
Théorème — Densité de \(\mathbb{Q}\) et \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\) dans \(\mathbb{R}\)
\(\mathbb{Q}\) et \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\) sont tous deux denses dans \(\mathbb{R}\).
Soient \(a < b\). Montrons que \(]a, b[\) contient un rationnel et un irrationnel.
Rationnels. Par le Théorème « Densité des décimaux », \(]a, b[\) contient un nombre décimal, qui est un rationnel puisque \(\mathbb{D} \subset \mathbb{Q}\). Donc \(\mathbb{Q}\) est dense.
Irrationnels. La densité de \(\mathbb{Q}\), appliquée à l'intervalle \(]a - \sqrt{2}, b - \sqrt{2}[\), donne \(q \in \mathbb{Q}\) avec \(a - \sqrt{2} < q < b - \sqrt{2}\). Alors \(a < q + \sqrt{2} < b\), et \(q + \sqrt{2}\) est irrationnel par la Proposition « Somme et produit avec un rationnel », puisque \(\sqrt{2}\) est irrationnel. Donc \(]a, b[\) contient un irrationnel, et \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\) est dense.
Seconde démonstration : par une construction directe. Rationnels. Par la Proposition « Conséquences de la propriété d'Archimède », il existe \(q \in \mathbb{N}^*\) avec \(\frac1q < b - a\), c'est-à-dire \(q(b - a) > 1\). Posons \(p = \lfloor qa \rfloor + 1\). Alors $$ \begin{aligned} qa &< p && (qa < \lfloor qa \rfloor + 1) \\ &\le qa + 1 && (\lfloor qa \rfloor \le qa) \\ &< qb, \end{aligned} $$ la dernière inégalité parce que \(qb - qa = q(b - a) > 1\). En divisant par \(q > 0\), \(a < \frac{p}{q} < b\). Irrationnels. Soit \(m\) le milieu de \(]\frac{a}{\sqrt{2}}, \frac{b}{\sqrt{2}}[\). Le cas des rationnels, appliqué à \(]\frac{a}{\sqrt{2}}, m[\) et à \(]m, \frac{b}{\sqrt{2}}[\), donne deux rationnels \(r < m < r'\) dans l'intervalle, et l'un au moins d'entre eux, \(s\), est non nul. Alors \(s\sqrt{2}\) est irrationnel par la Proposition « Somme et produit avec un rationnel », et \(a < s\sqrt{2} < b\) par le produit par \(\sqrt{2} > 0\).
Rationnels. Par le Théorème « Densité des décimaux », \(]a, b[\) contient un nombre décimal, qui est un rationnel puisque \(\mathbb{D} \subset \mathbb{Q}\). Donc \(\mathbb{Q}\) est dense.
Irrationnels. La densité de \(\mathbb{Q}\), appliquée à l'intervalle \(]a - \sqrt{2}, b - \sqrt{2}[\), donne \(q \in \mathbb{Q}\) avec \(a - \sqrt{2} < q < b - \sqrt{2}\). Alors \(a < q + \sqrt{2} < b\), et \(q + \sqrt{2}\) est irrationnel par la Proposition « Somme et produit avec un rationnel », puisque \(\sqrt{2}\) est irrationnel. Donc \(]a, b[\) contient un irrationnel, et \(\mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}\) est dense.
Seconde démonstration : par une construction directe. Rationnels. Par la Proposition « Conséquences de la propriété d'Archimède », il existe \(q \in \mathbb{N}^*\) avec \(\frac1q < b - a\), c'est-à-dire \(q(b - a) > 1\). Posons \(p = \lfloor qa \rfloor + 1\). Alors $$ \begin{aligned} qa &< p && (qa < \lfloor qa \rfloor + 1) \\ &\le qa + 1 && (\lfloor qa \rfloor \le qa) \\ &< qb, \end{aligned} $$ la dernière inégalité parce que \(qb - qa = q(b - a) > 1\). En divisant par \(q > 0\), \(a < \frac{p}{q} < b\). Irrationnels. Soit \(m\) le milieu de \(]\frac{a}{\sqrt{2}}, \frac{b}{\sqrt{2}}[\). Le cas des rationnels, appliqué à \(]\frac{a}{\sqrt{2}}, m[\) et à \(]m, \frac{b}{\sqrt{2}}[\), donne deux rationnels \(r < m < r'\) dans l'intervalle, et l'un au moins d'entre eux, \(s\), est non nul. Alors \(s\sqrt{2}\) est irrationnel par la Proposition « Somme et produit avec un rationnel », et \(a < s\sqrt{2} < b\) par le produit par \(\sqrt{2} > 0\).
Théorème — Densité des décimaux
L'ensemble \(\mathbb{D}\) des nombres décimaux est dense dans \(\mathbb{R}\).
Par la Proposition « Deux formes de la densité », il suffit d'approcher tout réel d'aussi près qu'on veut. Soient \(x \in \mathbb{R}\) et \(\varepsilon > 0\).
Choix de la précision. Par la Proposition « Conséquences de la propriété d'Archimède », un \(n \in \mathbb{N}^*\) vérifie \(\frac1n < \varepsilon\). De plus \(10^n > n\) pour \(n \ge 1\), par récurrence : initialisation, \(10^1 > 1\) ; hérédité, si \(10^n > n\), alors $$ \begin{aligned} 10^{n+1} &= 10 \cdot 10^n && \text{(règle des puissances)} \\ &> 10n && \text{(hypothèse de récurrence)} \\ &\ge n + 1, \end{aligned} $$ la dernière inégalité parce que \(9n \ge 1\) ; d'après le principe de récurrence l'inégalité vaut pour tout \(n \ge 1\). Donc $$ \begin{aligned} 10^{-n} &= \frac{1}{10^n} && \text{(exposant négatif)} \\ &< \frac1n && \text{(inversion des nombres strictement positifs \(n < 10^n\))} \\ &< \varepsilon, \end{aligned} $$ la dernière inégalité par le choix de \(n\).
L'approximation. Soit \(r_n\) l'approximation de \(x\) à \(10^{-n}\) près par défaut. C'est un nombre décimal, et par la Proposition « Approximations décimales », \(0 \le x - r_n < 10^{-n} < \varepsilon\), donc \(\lvert x - r_n \rvert < \varepsilon\). Par la Proposition « Deux formes de la densité », \(\mathbb{D}\) est dense dans \(\mathbb{R}\).
Choix de la précision. Par la Proposition « Conséquences de la propriété d'Archimède », un \(n \in \mathbb{N}^*\) vérifie \(\frac1n < \varepsilon\). De plus \(10^n > n\) pour \(n \ge 1\), par récurrence : initialisation, \(10^1 > 1\) ; hérédité, si \(10^n > n\), alors $$ \begin{aligned} 10^{n+1} &= 10 \cdot 10^n && \text{(règle des puissances)} \\ &> 10n && \text{(hypothèse de récurrence)} \\ &\ge n + 1, \end{aligned} $$ la dernière inégalité parce que \(9n \ge 1\) ; d'après le principe de récurrence l'inégalité vaut pour tout \(n \ge 1\). Donc $$ \begin{aligned} 10^{-n} &= \frac{1}{10^n} && \text{(exposant négatif)} \\ &< \frac1n && \text{(inversion des nombres strictement positifs \(n < 10^n\))} \\ &< \varepsilon, \end{aligned} $$ la dernière inégalité par le choix de \(n\).
L'approximation. Soit \(r_n\) l'approximation de \(x\) à \(10^{-n}\) près par défaut. C'est un nombre décimal, et par la Proposition « Approximations décimales », \(0 \le x - r_n < 10^{-n} < \varepsilon\), donc \(\lvert x - r_n \rvert < \varepsilon\). Par la Proposition « Deux formes de la densité », \(\mathbb{D}\) est dense dans \(\mathbb{R}\).
Exemple — Approximations décimales de \(\pi\)
Pour \(x = \pi\), les approximations par défaut sont \(r_0 = \frac{\lfloor \pi \rfloor}{1} = 3\), \(r_1 = \frac{\lfloor 10\pi \rfloor}{10} = 3{,}1\), \(r_2 = \frac{\lfloor 100\pi \rfloor}{100} = 3{,}14\), \(r_3 = \frac{\lfloor 1000\pi \rfloor}{1000} = 3{,}141\) et \(r_4 = 3{,}1415\). Chacune encadre \(\pi\) à \(10^{-n}\) près : \(3 \le \pi < 4\), \(3{,}1 \le \pi < 3{,}2\), \(3{,}14 \le \pi < 3{,}15\), \(3{,}141 \le \pi < 3{,}142\). Le dessin agrandit la position de \(\pi\) dans chaque encadrement : l'écart entre \(\pi\) et \(r_n\) est inférieur à \(10^{-n}\), et les approximations \(r_n\) croissent avec \(n\). C'est le sens de l'expression « valeur décimale approchée de \(\pi\) à \(10^{-n}\) près par défaut » ; l'arrondi à \(n\) décimales est une autre opération : pour \(n = 3\) il donne \(3{,}142\), l'approximation par excès.
Méthode — Trouver un rationnel ou un irrationnel dans un intervalle
Pour trouver un nombre d'une sorte donnée dans un intervalle ouvert \(]a, b[\) avec \(a < b\) : - Un rationnel : prendre \(q \in \mathbb{N}^*\) avec \(\frac1q < b - a\), par exemple \(q = \lfloor \frac{1}{b - a} \rfloor + 1\), puis \(p = \lfloor qa \rfloor + 1\) : le rationnel \(\frac{p}{q}\) est dans \(]a, b[\).
- Un décimal : prendre \(n \in \mathbb{N}\) avec \(10^{-n} < b - a\), puis l'approximation de \(a\) par excès, \(r_n(a) + 10^{-n}\) : elle est dans \(]a, b[\).
- Un irrationnel : translater ou dilater par un irrationnel. Si \(q\) est un rationnel de \(]a - \sqrt{2}, b - \sqrt{2}[\), alors \(q + \sqrt{2} \in \,]a, b[\) est irrationnel ; si \(s \ne 0\) est un rationnel de \(]\frac{a}{\sqrt{2}}, \frac{b}{\sqrt{2}}[\), alors \(s\sqrt{2} \in \,]a, b[\) est irrationnel.
Récapitulatif du chapitre. Le vocabulaire que l'on vient de bâtir tient sur une page. Les cinq lignes ci-dessous résument les caractérisations opérationnelles des cinq notions topologiques du chapitre. $$ \begin{array}{c|c} \textbf{Notion} & \textbf{Caractérisation} \\
\hline x \in \mathring{A} & \exists r > 0, \; B(x, r) \subset A \\
x \in \overline{A} & \forall r > 0, \; A \cap B(x, r) \ne \emptyset \\
A \text{ ouvert} & A = \mathring{A} \\
F \text{ fermé} & F = \overline{F} \;\text{(ou : toute suite convergente à valeurs dans \(F\) a sa limite dans \(F\))} \\
A \text{ dense dans } B & B \subset \overline{A} \;\text{(ou : tout \(b \in B\) est limite d'une suite de \(A\))} \end{array} $$
Compétences à pratiquer
- Appliquer la densité
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