\( \definecolor{colordef}{RGB}{249,49,84} \definecolor{colorprop}{RGB}{18,102,241} \)

Théorèmes fondamentaux de l'arithmétique

Théorème de Bézout et applications

Proposition Identité de Bézout
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers relatifs non tous deux nuls et \(d=PGCD(a,b)\).
Alors, il existe un couple d'entiers relatifs \((u,v)\) tel que$$au+bv=d.$$

Considérons l'ensemble \(S\) des combinaisons linéaires strictement positives de \(a\) et \(b\) :$$S=\{am+bn \mid m,n\in\mathbb{Z}\ \text{et}\ am+bn>0\}.$$
  • \(S\) est non vide : comme \(a\) et \(b\) ne sont pas tous deux nuls, l'un au moins des entiers \(a,-a,b,-b\) est strictement positif et appartient à \(S\).
  • \(S\) étant une partie non vide de \(\mathbb{N}^*\), elle admet un plus petit élément \(d_0\). Il existe donc des entiers relatifs \(u\) et \(v\) tels que \(d_0=au+bv\).
  • Montrons que \(d_0\) divise \(a\). Effectuons la division euclidienne de \(a\) par \(d_0\) : $$ a=d_0q+r \quad \text{avec } 0\le r0\), alors \(r\in S\), mais \(r
  • Enfin, \(d_0\) est bien le PGCD : si \(d'\) est un diviseur commun de \(a\) et \(b\), alors \(d'\) divise toute combinaison linéaire de \(a\) et \(b\), en particulier \(d_0=au+bv\). Donc \(d'\le d_0\), et ainsi \(d_0=PGCD(a,b)\).

Proposition Théorème de Bézout
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers relatifs non tous deux nuls.
\(PGCD(a,b)=1\) si et seulement s'il existe un couple d'entiers relatifs \((u,v)\) tel que \(au+bv=1\).

  • \((\Rightarrow)\) Si \(PGCD(a,b)=1\), l'existence de \((u,v)\) découle de la proposition précédente.
  • \((\Leftarrow)\) Supposons qu'il existe des entiers relatifs \(u,v\) tels que \(au+bv=1\). Soit \(d=PGCD(a,b)\). Comme \(d\mid a\) et \(d\mid b\), on a \(d\mid (au+bv)\), donc \(d\mid 1\). Comme \(d\) est un entier positif, on obtient \(d=1\).

Méthode Trouver des coefficients de Bézout
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers relatifs avec \(b\neq 0\).
  1. Appliquer l'algorithme d'Euclide à \((|a|,|b|)\) pour obtenir \(PGCD(a,b)\).
  2. Remonter les égalités pour écrire \(PGCD(a,b)\) comme combinaison linéaire de \(a\) et de \(b\).
Exemple
Déterminer des entiers relatifs \(u\) et \(v\) tels que \(47u+39v=1\).

On commence par appliquer l'algorithme d'Euclide pour trouver le PGCD :
  • \(47 = 39 \times 1 + 8\quad \textcircled{1}\)
  • \(39 = 8 \times 4 + 7 \quad \textcircled{2}\)
  • \(8 = 7 \times 1 + 1 \quad \textcircled{3}\)
On exprime chaque reste à partir des égalités précédentes :
  • D'après \(\textcircled{3}: 1 = 8 - 7 \times 1\)
  • D'après \(\textcircled{2}: 7 = 39 - 8 \times 4\)
  • D'après \(\textcircled{1}: 8 = 47 - 39 \times 1\)
Enfin, on « remonte » les calculs pour exprimer \(1\) en fonction de \(47\) et \(39\) :$$\begin{aligned}1 &= 8 - (39 - 8 \times 4) \times 1 && (\text{en substituant } 7 \text{ d'après } \textcircled{2}) \\ 1 &= 8 \times 5 - 39 && (\text{en simplifiant}) \\ 1 &= (47 - 39 \times 1) \times 5 - 39 && (\text{en substituant } 8 \text{ d'après } \textcircled{1}) \\ 1 &= 47 \times 5 - 39 \times 5 - 39 && (\text{en développant}) \\ 1 &= 47 \times 5 + 39 \times (-6) && (\text{forme finale})\end{aligned}$$Ainsi, le couple \((u;v) = (5;-6)\) est une solution.

Théorème de Gauss

Theorem Théorème de Gauss
Soient \(a,b,c\) trois entiers relatifs non nuls.
Si \(a\) divise le produit \(bc\) et si \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux, alors \(a\) divise \(c\).

Supposons que \(a \mid bc\) et que \(PGCD(a,b)=1\).
  • Puisque \(a \mid bc\), il existe un entier relatif \(k\) tel que \(bc=ka\).
  • Puisque \(PGCD(a,b)=1\), d'après le théorème de Bézout, il existe des entiers relatifs \(u\) et \(v\) tels que $$ au+bv=1. $$
  • En multipliant par \(c\), on obtient $$ c(au+bv)=c \implies acu+bcv=c. $$
  • On réécrit \(a(cu)+(bc)v=c\) et on remplace \(bc\) par \(ka\) : $$ a(cu)+(ka)v=c \implies a(cu+kv)=c. $$
  • Comme \((cu+kv)\) est un entier relatif, on en déduit que \(a\mid c\).

Proposition Corollaires du théorème de Gauss
  • Si un entier est divisible par des entiers \(a\) et \(b\) premiers entre eux, alors il est divisible par leur produit \(ab\).
  • Si un nombre premier divise un produit \(ab\), alors il divise au moins l'un des facteurs \(a\) ou \(b\).
  • Si un nombre premier \(p\) divise un produit de nombres premiers, alors \(p\) est égal à l'un d'entre eux.
  • Un nombre premier \(p\) est premier avec \(a\) et \(b\) si et seulement si \(p\) est premier avec leur produit \(ab\).
Theorem Petit théorème de Fermat
Soit \(p\) un nombre premier et soit \(a\) un entier naturel non multiple de \(p\). Alors :$$a^{p-1} \equiv 1 \pmod{p}.$$Pour tout entier naturel \(a\), on a :$$a^p \equiv a \pmod{p}.$$

La démonstration s'effectue en deux étapes.
  • Cas où \(a\) n'est pas divisible par \(p\) :
    Considérons les \(p-1\) produits \(a,2a,\dots,(p-1)a\) modulo \(p\) :$$S=\{a,2a,3a,\dots,(p-1)a\}.$$
    • Restes distincts : Soient \(i\) et \(j\) deux entiers distincts de \(\{1,\dots,p-1\}\). Si \(ia \equiv ja \pmod{p}\), alors \(p\mid a(i-j)\).
      Comme \(p\) est premier et \(p\nmid a\), d'après le théorème de Gauss on a \(p\mid (i-j)\). Or \(|i-j| Ainsi, les restes de \(a,2a,\dots,(p-1)a\) modulo \(p\) sont tous distincts.
    • Restes non nuls : Pour tout \(k\in\{1,\dots,p-1\}\), on a \(p\nmid k\) et \(p\nmid a\), donc \(p\nmid ka\). Ainsi, aucun de ces restes n'est \(0\).
    • Conclusion sur l'ensemble : Les restes de \(S\) modulo \(p\) sont donc exactement \(\{1,2,\dots,p-1\}\) dans un certain ordre.
    En multipliant, on obtient$$(1a)(2a)\cdots((p-1)a)\equiv 1\cdot 2\cdots (p-1)\pmod{p},$$c'est-à-dire$$a^{p-1}(p-1)! \equiv (p-1)! \pmod{p}.$$Comme \(p\) est premier, il ne divise aucun des facteurs \(1,2,\dots,p-1\), donc \(\gcd\bigl((p-1)!,p\bigr)=1\); on peut simplifier par \((p-1)!\) modulo \(p\), et on obtient$$a^{p-1}\equiv 1 \pmod{p}.$$
  • Cas général (\(a^p \equiv a \pmod{p}\)) :
    • Si \(p\nmid a\), on multiplie \(a^{p-1}\equiv 1 \pmod{p}\) par \(a\) et on obtient \(a^p\equiv a \pmod{p}\).
    • Si \(p\mid a\), alors \(a\equiv 0 \pmod{p}\) et \(a^p\equiv 0 \pmod{p}\), donc \(a^p\equiv a \pmod{p}\).