\( \definecolor{colordef}{RGB}{249,49,84} \definecolor{colorprop}{RGB}{18,102,241} \)

Divisibilité et arithmétique modulaire

Divisibilité

Définition Relations de divisibilité
On dit qu'un entier relatif \(b\) divise un entier relatif \(a\) s'il existe un entier relatif \(k\) tel que :$$a = kb.$$On note \(b\mid a\).
Nous pouvons également utiliser les formulations suivantes :
  • \(b\) est un diviseur de \(a\),
  • \(b\) est un facteur de \(a\),
  • \(a\) est divisible par \(b\),
  • \(a\) est un multiple de \(b\).
Exemple
Considérons les nombres \(10\) et \(5\).
Puisque nous pouvons écrire \(\textcolor{olive}{10} = \textcolor{colorprop}{2}\times \textcolor{colordef}{5}\), nous pouvons dire que :
  • \(\textcolor{colordef}{5}\) divise \(\textcolor{olive}{10}\),
  • \(\textcolor{colordef}{5}\) est un diviseur (ou facteur) de \(\textcolor{olive}{10}\),
  • \(\textcolor{olive}{10}\) est divisible par \(\textcolor{colordef}{5}\),
  • \(\textcolor{olive}{10}\) est un multiple de \(\textcolor{colordef}{5}\).
Remarques
Soient \(a\) et \(b\) deux entiers relatifs.
  • \(1\) divise tout entier relatif \(a\) car \(a=1\times a\) (donc \(1\mid a\)).
  • Si \(a\) est un multiple de \(b\) et si \(a\neq 0\), alors \(|a|\ge |b|\).
  • Si \(a\) divise \(b\) et si \(b\) divise \(a\), avec \(a\neq 0\) et \(b\neq 0\), alors \(a=b\) ou \(a=-b\).
Proposition Combinaisons linéaires
Soient \(a,b,c\) trois entiers relatifs.
Si \(a\mid b\) et \(a\mid c\), alors pour tous entiers relatifs \(m\) et \(n\),$$a \mid (mb+nc).$$

Supposons que \(a \mid b\) et \(a \mid c\).
Par définition, il existe des entiers relatifs \(k\) et \(\ell\) tels que$$b = ka \quad \text{et} \quad c = \ell a.$$Soient \(m\) et \(n\) deux entiers relatifs quelconques. Considérons la combinaison linéaire \(mb+nc\) :$$\begin{aligned}mb + nc &= m(ka) + n(\ell a) \\ &= (mk + n\ell)a.\end{aligned}$$Comme \(m,k,n,\ell\) sont des entiers, le terme \((mk+n\ell)\) est aussi un entier relatif.
Par conséquent, par définition, \(a\) divise \(mb+nc\).

Division euclidienne (avec reste)

Theorem Division euclidienne
Soient \(\textcolor{olive}{a}\) un entier relatif et \(\textcolor{colordef}{b}\) un entier naturel non nul (donc \(\textcolor{colordef}{b}>0\)).
Il existe un unique couple \((\textcolor{colorprop}{q},\textcolor{orange}{r})\) d'entiers relatifs tel que$$\textcolor{olive}{a}=\textcolor{colordef}{b}\,\textcolor{colorprop}{q}+\textcolor{orange}{r}\quad\text{et}\quad0\le \textcolor{orange}{r}<\textcolor{colordef}{b}.$$
  • \(\textcolor{olive}{a}\) est le \(\textcolor{olive}{\text{dividende}}\),
  • \(\textcolor{colordef}{b}\) est le \(\textcolor{colordef}{\text{diviseur}}\),
  • \(\textcolor{colorprop}{q}\) est le \(\textcolor{colorprop}{\text{quotient}}\),
  • \(\textcolor{orange}{r}\) est le \(\textcolor{orange}{\text{reste}}\).

Cette preuve modélise le partage par soustractions successives.
Considérons l'algorithme suivant pour \(\textcolor{olive}{a}\in\mathbb{N}\) et \(\textcolor{colordef}{b}\in\mathbb{N}^*\) :
  • Initialisation : Poser \(\textcolor{orange}{r}=\textcolor{olive}{a}\) et \(\textcolor{colorprop}{q}=0\).
  • Boucle : Tant que \(\textcolor{orange}{r}\ge \textcolor{colordef}{b}\) faire : $$ \textcolor{orange}{r}\leftarrow \textcolor{orange}{r}-\textcolor{colordef}{b} \quad\text{et}\quad \textcolor{colorprop}{q}\leftarrow \textcolor{colorprop}{q}+1. $$
Terminaison : Comme \(\textcolor{colordef}{b}>0\), la valeur de \(\textcolor{orange}{r}\) décroît à chaque étape et reste positive ou nulle. Elle finit donc par satisfaire \(\textcolor{orange}{r}<\textcolor{colordef}{b}\) en un temps fini.
Invariant : La relation \(\textcolor{olive}{a}=\textcolor{colordef}{b}\textcolor{colorprop}{q}+\textcolor{orange}{r}\) est conservée à chaque itération. À l'arrêt, on a bien \(0\le \textcolor{orange}{r}<\textcolor{colordef}{b}\).
Unicité : Si \(\textcolor{olive}{a}=\textcolor{colordef}{b}q+r=\textcolor{colordef}{b}q'+r'\) avec \(0\le r,r'<\textcolor{colordef}{b}\), alors \(\textcolor{colordef}{b}(q-q')=r'-r\). Or \(-(\textcolor{colordef}{b}-1)\le r'-r\le \textcolor{colordef}{b}-1\), donc le seul multiple de \(\textcolor{colordef}{b}\) dans cet intervalle est \(0\). Ainsi \(r=r'\) et \(q=q'\).

Exemple
$$\begin{array}{ccccccccl} \textcolor{olive}{13} &=& \textcolor{colordef}{3} & \times & \textcolor{colorprop}{4} & + & \textcolor{orange}{1} & \text{avec} & 0 \leq\textcolor{orange}{1} < \textcolor{colordef}{3} \\ \textcolor{olive}{\text{Dividende}} &=& \textcolor{colordef}{\text{Diviseur}} & \times & \textcolor{colorprop}{\text{Quotient}} & + & \textcolor{orange}{\text{Reste}} & \text{avec} & 0 \leq\textcolor{orange}{\text{Reste}} < \textcolor{colordef}{\text{Diviseur}}\end{array}$$
Méthode Vérifier la divisibilité
Pour vérifier si un entier \(a\) est divisible par un entier naturel non nul \(b\), on effectue la division euclidienne de \(a\) par \(b\).
  • Si le reste est nul, alors \(a\) est divisible par \(b\).
  • Si le reste n'est pas nul, alors \(a\) n'est pas divisible par \(b\).
Exemple
\(13\) est-il divisible par \(5\) ?

Nous effectuons la division euclidienne de \(13\) par \(5\) :$$\textcolor{olive}{13}=\textcolor{colordef}{5}\times \textcolor{colorprop}{2}+\textcolor{orange}{3}.$$Le reste est \(\textcolor{orange}{3}\) (il n'est pas nul). Par conséquent, \(\textcolor{olive}{13}\) n'est pas divisible par \(\textcolor{colordef}{5}\).

Congruences

Définition Entiers congrus modulo \(n\)
Soit \(n\) un entier naturel (\(n \ge 2\)).
Deux entiers relatifs \(a\) et \(b\) sont dits congrus modulo \(n\) si leur différence \(a-b\) est divisible par \(n\).
On note alors : \(a \equiv b \pmod{n}\), ou parfois \(a \equiv b \ (n)\), ou \(a \equiv b \ [n]\).
Proposition Propriété du même reste
Deux entiers relatifs \(a\) et \(b\) sont congrus modulo \(n\) si et seulement si \(a\) et \(b\) ont le même reste dans la division euclidienne par \(n\).

Soient$$a = nq_1 + r_1\quad\text{et}\quad b = nq_2 + r_2$$les divisions euclidiennes de \(a\) et \(b\) par \(n\), avec \(0 \le r_1, r_2 < n\).
  • Si \(r_1=r_2\), alors $$ a-b = (nq_1 + r_1) - (nq_2 + r_2)=n(q_1-q_2), $$ donc \(n\mid (a-b)\) et ainsi \(a \equiv b \pmod{n}\).
  • Réciproquement, si \(a \equiv b \pmod{n}\), alors \(n\mid (a-b)\). Or $$ a-b = n(q_1-q_2) + (r_1-r_2), $$ donc \(n\mid (r_1-r_2)\). Comme \(-n < r_1-r_2 < n\), le seul multiple de \(n\) dans cet intervalle est \(0\). Ainsi \(r_1-r_2=0\), donc \(r_1=r_2\).

Exemple
Démontrer que \(57 \equiv 15 \pmod{7}\).

  • Méthode 1 (Restes) : \(57 = 7\times 8 + 1\) (reste \(1\)) et \(15 = 7\times 2 + 1\) (reste \(1\)). Comme ils ont le même reste, \(57 \equiv 15 \pmod{7}\).
  • Méthode 2 (Différence) : \(57-15 = 42 = 7\times 6\). Comme la différence est un multiple de \(7\), \(57 \equiv 15 \pmod{7}\).

Proposition Congruence au reste
Un entier est congru à son reste dans la division euclidienne par \(n\).

Soit \(a = nq + r\) la division euclidienne de \(a\) par \(n\).
Alors \(a-r = nq\). Comme \(nq\) est un multiple de \(n\), on a \(n\mid (a-r)\), donc \(a \equiv r \pmod{n}\).

Exemple
Comme \(2019 = 201\times 10 + 9\), on a \(2019 \equiv 9 \pmod{10}\).
Proposition Relation d'équivalence
La congruence modulo \(n\) est une relation d'équivalence, c'est-à-dire que pour tous entiers relatifs \(a, b, c\) :
  1. \(a \equiv a \pmod{n}\) (réflexivité),
  2. \(a \equiv b \pmod{n} \Rightarrow b \equiv a \pmod{n}\) (symétrie),
  3. \(a \equiv b \pmod{n}\) et \(b \equiv c \pmod{n} \Rightarrow a \equiv c \pmod{n}\) (transitivité).

  1. \(a-a=0\), et \(0\) est divisible par tout \(n\ge 2\). Donc \(a \equiv a \pmod{n}\).
  2. Si \(a \equiv b \pmod{n}\), alors \(a-b=kn\) pour un certain entier relatif \(k\). Donc \(b-a=(-k)n\), et ainsi \(b \equiv a \pmod{n}\).
  3. Si \(a \equiv b \pmod{n}\) et \(b \equiv c \pmod{n}\), alors \(a-b=kn\) et \(b-c=mn\) pour certains entiers relatifs \(k,m\). En additionnant : $$ (a-b)+(b-c)=kn+mn \implies a-c=(k+m)n, $$ donc \(a \equiv c \pmod{n}\).

Exemple
Si \(x \equiv y \pmod{5}\) et \(y \equiv 12 \pmod{5}\), alors \(x \equiv 12 \pmod{5}\). Comme \(12 = 5\times 2 + 2\), on peut aussi dire que \(x \equiv 2 \pmod{5}\).