Éducation Nationale Française · Première Technologie
Suites numériques
I
Générer une suite
I.1
Motifs évolutifs
Pour une fête, on aligne des tables carrées. Une table seule reçoit \(4\) personnes, une par côté. Quand on colle des tables, les côtés collés ne reçoivent plus personne.
\(\;,\quad\)
\(\;,\quad\)
\(\;,\; \dots\)
\(\;,\quad\)
\(\;,\quad\)
\(\;,\; \dots\) - Compter les places sur chaque figure et compléter le tableau.
Nombre de tables 1 2 3 4 Nombre de places \(4\) \(?\) \(?\) \(?\) - Décrire la règle en mots : on commence avec combien de places, et on en ajoute combien par table supplémentaire ?
- Combien de personnes peuvent s'asseoir sur une rangée de \(10\) tables ?
- Et sur une rangée de \(100\) tables ? Compter une à une devient déraisonnable : trouver une formule qui donne le nombre de places pour n'importe quel nombre \(n\) de tables.
- Chaque table supplémentaire supprime deux côtés collés et apporte deux nouvelles places de front : le compte grandit de \(2\) à chaque fois.
\(4 \xrightarrow{\;+2\;} 6 \xrightarrow{\;+2\;} 8 \xrightarrow{\;+2\;} 10\) - La règle est : on commence avec \(4\) places et on ajoute \(2\) places par table supplémentaire.
- De \(4\) tables à \(10\) tables, il y a \(6\) tables de plus, donc \(6 \times 2 = 12\) places de plus : les \(10\) places des \(4\) tables plus les \(12\) nouvelles donnent \(10 + 12 = 22\) places.
- On regarde la structure d'une rangée de \(n\) tables : chaque table offre \(2\) places (une au-dessus, une au-dessous), et les \(2\) bouts de la rangée offrent chacun une place de plus. Le nombre de places est donc $$\mathbf{2 \times n + 2}.$$ Contrôle avec le tableau : pour \(n = 4\), \(2 \times 4 + 2 = 8 + 2 = 10\) (on fait d'abord la multiplication). \(\checkmark\)
Pour \(100\) tables, la formule répond en une ligne : \(2 \times 100 + 2 = 202\) places.
Méthode — Déterminer la formule de la figure \(n\)
- Compléter le tableau pour les premières figures et dire la règle en mots : on commence avec ..., on ajoute ... à chaque fois.
- Regarder la structure : où les nouveaux bâtonnets ou points se placent-ils dans le dessin ? Qu'apporte chaque nouvelle figure ?
- Écrire le compte de la figure \(n\) : exprimer ce que l'on voit avec \(n\) — tant par case plus le départ, ou tant de branches de \(n\) moins le centre partagé. Dans une formule, on écrit \(2n\) pour \(2 \times n\), et \(3n + 4\) pour \(3 \times n + 4\).
- Contrôler : la formule doit redonner tous les nombres du tableau.
Exemple
Ce motif de points en « T » grandit à chaque figure. - Tableau et règle : les nombres de points sont \(1\,;\,4\,;\,7\,;\,\dots\) — on commence avec \(1\) point et on ajoute \(3\) points à chaque fois.
Numéro de la figure 1 2 3 Nombre de points 1 4 7 - Structure : le « T » a \(3\) branches (gauche, droite, bas) de \(n\) points chacune, et elles partagent le point central — compté \(3\) fois au lieu de \(1\).
- Formule : \(3\) branches de \(n\) points, moins le centre compté deux fois de trop : $$\mathbf{3 \times n - 2}.$$
- Contrôle : \(n = 2\) donne \(3 \times 2 - 2 = 4\) \(\checkmark\) ; \(n = 3\) donne \(3 \times 3 - 2 = 7\) \(\checkmark\).
Pour la figure \(10\) : \(3 \times 10 - 2 = 28\) points.
Compétences à pratiquer
- Utiliser la structure d'un motif
I.2
Notation et représentation d'une suite
En mathématiques, une suite est plus qu'un simple motif : c'est une liste ordonnée de nombres où chaque nombre a une position spécifique (sa place dans la liste). Pour travailler efficacement avec les suites, on utilise une notation spéciale pour distinguer la position d'un terme de sa valeur.
Définition — Suite numérique
Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres, appelés termes. On utilise la notation \(u_n\) pour décrire un terme de la suite. - L'indice \(n\) indique la position du terme (commençant souvent à \(n=0\)). L'indice \(n\) prend généralement des valeurs entières : \(0,1,2,\dots\)
- \(u_n\) représente la valeur du terme à cette position spécifique.
| Indice (\(n\)) | 0 | 1 | 2 | \(\dots\) |
| Terme (\(u_n\)) | \(u_0\) | \(u_1\) | \(u_2\) | \(\dots\) |
Exemple
Étant donné la suite définie par le tableau ci-dessous, déterminer la valeur du terme \(u_4\). | \(n\) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | \(\dots\) |
| \(u_n\) | 3 | 5 | 7 | 9 | 11 | 13 | \(\dots\) |
Pour obtenir \(u_4\), on regarde dans le tableau la colonne où l'indice est \(n=4\). La valeur dans la ligne en dessous est \(11\).
Donc \(u_4 = 11\).
Cette suite commence à \(u_0\), donc \(u_4\) est son cinquième terme. Une suite peut aussi commencer à \(u_1\) : son premier terme est alors \(u_1\), et \(u_4\) est son quatrième terme.
Donc \(u_4 = 11\).
Cette suite commence à \(u_0\), donc \(u_4\) est son cinquième terme. Une suite peut aussi commencer à \(u_1\) : son premier terme est alors \(u_1\), et \(u_4\) est son quatrième terme.
Deux notations pour le même terme
Une suite est une fonction dont la variable est un entier naturel : à chaque indice \(n\), elle associe le terme de rang \(n\). C'est pourquoi le terme s'écrit aussi \(u(n)\), avec la notation habituelle des fonctions. Par exemple, si \(u(n)\) est la population d'une ville \(n\) années après une année de référence, alors \(u(0)\) est la population l'année de référence, \(u(1)\) la population un an plus tard, \(u(2)\) deux ans plus tard, et \(u(n + 1) - u(n)\) est l'augmentation pendant l'année qui suit l'année \(n\). Les deux notations désignent le même objet : \(u(n)\) et \(u_n\) sont le même terme, et \(u(n + 1) = u_{n+1}\). La notation fonctionnelle \(u(n)\) garde sous les yeux qu'une suite est une fonction et se lit naturellement quand la suite modélise une grandeur année après année ; la notation indicielle \(u_n\) est plus légère et c'est celle qu'emploie le reste de ce chapitre. Un tableur affiche les termes dans une colonne, un par ligne ; l'application « suites » d'une calculatrice et une fonction
u(n) écrite en Python emploient la notation fonctionnelle.
Représentation graphique d'une suite
Une suite associe à chaque entier \(n\) (à partir de son rang initial) un réel \(u_n\) : c'est une fonction définie sur \(\mathbb{N}\) (ou sur les entiers \(n \ge n_0\)). Comme une fonction, une suite peut se représenter, de deux façons.
- Sur une droite graduée : on place les termes \(u_0\), \(u_1\), \(u_2\), …\ comme des points d'une droite graduée.
- Dans un repère : on représente la suite par les points de coordonnées \((n\,;\,u_n)\), c'est-à-dire le point d'abscisse \(0\) et d'ordonnée \(u_0\), le point d'abscisse \(1\) et d'ordonnée \(u_1\), et ainsi de suite.
Exemple
Soit \((u_n)\) la suite définie pour tout \(n \in \mathbb{N}\) par \(u_n = 2n - 1\).Représenter les cinq premiers termes de \((u_n)\) sur une droite graduée, puis dans un repère.
Les cinq premiers termes sont \(u_0 = -1\), \(u_1 = 1\), \(u_2 = 3\), \(u_3 = 5\) et \(u_4 = 7\).
Dans un repère, on place les points \((0\,;\,-1)\), \((1\,;\,1)\), \((2\,;\,3)\), \((3\,;\,5)\) et \((4\,;\,7)\), sans les relier.
Compétences à pratiquer
- Lire les termes d'une suite dans un tableau
I.3
La formule explicite
Définition — Formule explicite
Une formule explicite définit directement le \(n\)-ième terme d'une suite, \(u_n\), en fonction de sa position \(n\).$$u_n = f(n)$$
Remarque
L'avantage principal est que cela permet de calculer n'importe quel terme de la suite directement, sans avoir d'abord à calculer tous les termes précédents un par un.
Exemple
On considère la suite définie par la formule explicite : $$u_n = 3n + 2$$ Calculer \(u_{100}\).
Pour déterminer la valeur de \(u_{100}\), on remplace \(n\) par 100 dans la formule explicite : $$\begin{aligned}[t] u_{100} &= 3(100) + 2 \\
&= 300 + 2 \\
&= \boldsymbol{302} \end{aligned}$$ On n'a pas eu besoin de connaître les termes précédents de la suite.
Compétences à pratiquer
- Calculer des termes avec une formule explicite
I.4
La définition par récurrence
On considère une suite dont le premier terme est \(2\) et où chaque terme est obtenu en ajoutant \(3\) au terme précédent. Les termes sont :
Ici, la suite est indexée à partir de \(n=0\) : \(u_0 = 2\), \(u_1 = 5\), \(u_2 = 8\), \(u_3 = 11\), etc. On peut décrire la relation entre les termes en utilisant une notation formelle :
- \(5 = 2\textcolor{colordef}{+3} \longrightarrow u_1 = u_0\textcolor{colordef}{+3} \longrightarrow u_{0+1} = u_0+3\)
- \(8 = 5\textcolor{colordef}{+3} \longrightarrow u_2 = u_1\textcolor{colordef}{+3} \longrightarrow u_{1+1} = u_1+3\)
- \(11 = 8\textcolor{colordef}{+3} \longrightarrow u_3 = u_2\textcolor{colordef}{+3} \longrightarrow u_{2+1} = u_2+3\)
Définition — Définition par récurrence
Une définition par récurrence d'une suite comprend deux parties : - Le premier terme (ou terme initial), noté par exemple \(u_0\) ou \(u_1\). C'est le point de départ.
- La règle de récurrence (ou relation de récurrence), qui est une formule exprimant le terme suivant, \(u_{n+1}\), en fonction du terme courant, \(u_n\), pour tout entier \(n\) concerné (par exemple \(n \ge 0\) ou \(n \ge 1\)).
Exemple
Une suite est définie par récurrence par : - \(u_1 = 5\) (Le premier terme est \(5\)).
- \(u_{n+1} = u_n + 3\) (La règle est d'ajouter \(3\) au terme précédent, pour tout entier \(n \ge 1\)).
On construit la suite étape par étape en utilisant la définition par récurrence. $$5 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\;+3\;}} 8 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\;+3\;}} 11 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\;+3\;}} 14 \textcolor{olive}{\xrightarrow{\,+3\,}} 17$$ Les cinq premiers termes sont : \(5\) ; \(8\) ; \(11\) ; \(14\) ; \(17\).
- \(1^{\text{er}}\) terme : Le terme de départ est donné : \(\boldsymbol{u_1 = 5}\).
- \(2^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=1\). \(\boldsymbol{u_2} = u_1 + 3 = 5 + 3 = \textbf{8}\).
- \(3^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=2\). \(\boldsymbol{u_3} = u_2 + 3 = 8 + 3 = \textbf{11}\).
- \(4^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=3\). \(\boldsymbol{u_4} = u_3 + 3 = 11 + 3 = \textbf{14}\).
- \(5^{\text{e}}\) terme : On utilise la règle avec \(n=4\). \(\boldsymbol{u_5} = u_4 + 3 = 14 + 3 = \textbf{17}\).
Compétences à pratiquer
- Calculer des termes avec une relation de récurrence
- Modéliser des situations réelles par des suites
I.5
Suites et algorithmes
Définition — Une suite calculée par une boucle
Une suite est donnée par ses premières valeurs et une règle qui produit chaque valeur à partir de celles qui la précèdent — le plus souvent de celle qui la précède immédiatement, parfois des deux. Un algorithme en calcule le terme de rang n avec une variable, ou deux quand la règle emploie deux termes précédents, et n tours ; les valeurs précédentes sont oubliées à mesure qu'elles servent, et les tenir toutes n'est nécessaire que si la réponse les demande toutes. Le nombre de tours est ici ce que demande l'énoncé, et non la longueur d'une liste. Exemple
La règle de Syracuse divise par deux un nombre pair et transforme un nombre impair en son triple augmenté de un. La valeur de départ est un entier strictement positif. Exécuter à la main l'algorithme ci-dessous pour u égal à \(6\) et donner le nombre de tours qu'il affiche. u ← 6
n ← 0
Tant que u ≠ 1
Si reste de u par 2 = 0 alors
u ← quotient de u par 2
Sinon
u ← 3 × u + 1
Fin Si
n ← n + 1
Fin Tant que
Afficher n | Instruction | \(u\) | \(n\) | \(u \neq 1\) | Affichage |
| départ | \(6\) | \(0\) | ||
| tour 1 | \(3\) | \(1\) | vrai | |
| tour 2 | \(10\) | \(2\) | vrai | |
| tour 3 | \(5\) | \(3\) | vrai | |
| tour 4 | \(16\) | \(4\) | vrai | |
| tour 5 | \(8\) | \(5\) | vrai | |
| tour 6 | \(4\) | \(6\) | vrai | |
| tour 7 | \(2\) | \(7\) | vrai | |
| tour 8 | \(1\) | \(8\) | vrai | |
| fin | \(1\) | \(8\) | faux | |
| Afficher \(n\) | \(1\) | \(8\) | \(8\) |
8 : les valeurs sont \(6\), \(3\), \(10\), \(5\), \(16\), \(8\), \(4\), \(2\), \(1\), soit huit tours. Cette boucle est un algorithme dont personne ne sait justifier la terminaison : aucune quantité n'est connue pour décroître à chaque tour, puisqu'une valeur impaire croît. Pour une valeur de départ donnée, la tracer tranche la question : la trace ci-dessus prouve qu'elle s'arrête pour \(6\), et des machines l'ont vérifié bien au-delà de ce qu'on saurait écrire ici. Ce qui est ouvert est l'énoncé général — qu'elle s'arrête pour tout entier strictement positif — qu'aucune démonstration n'a établi. Et le domaine compte : partie de \(0\), la boucle tournerait indéfiniment, puisque \(0\) est pair et que le diviser par deux redonne \(0\). On peut tracer cet algorithme et compter ses tours sur une entrée, et on doit dire que sa terminaison en général est une question ouverte, ce qui vaut d'être su. Exemple
Qu'affiche le programme suivant ? a = 0
b = 1
for k in range(8):
c = a + b
a = b
b = c
print(a) 21 Les couples sont \((0 ; 1)\), \((1 ; 1)\), \((1 ; 2)\), \((2 ; 3)\), \((3 ; 5)\), \((5 ; 8)\), \((8 ; 13)\), \((13 ; 21)\), \((21 ; 34)\) : après huit tours a retient \(21\). Deux variables suffisent parce que chaque valeur n'a besoin que des deux précédentes, et le troisième nom c est là pour la même raison que dans l'échange de deux variables : sans lui, a serait écrasée avant que b ne puisse la lire. L'invariant — ce qui reste vrai à chaque tour (a et b sont deux termes consécutifs) — se lit sur le nombre de tours déjà faits : après r tours, a et b retiennent les termes de rangs r et r + 1, la suite étant numérotée depuis le rang \(0\) où elle vaut \(0\). Avant le premier tour cela fait \((0 ; 1)\), ce qui est juste, et après le huitième \((21 ; 34)\). Compter avec la variable de boucle k, qui part de \(0\), décalerait les deux rangs de un — le genre de décalage qu'un invariant vérifié avant le premier tour attrape aussitôt. Exemple
Une suite part de \(1\) et double à chaque étape. L'algorithme ci-dessous donne le premier rang auquel elle dépasse \(1000\). L'exécuter à la main et donner ce qu'il affiche. u ← 1
n ← 0
Tant que u ≤ 1000
u ← 2 × u
n ← n + 1
Fin Tant que
Afficher n | Instruction | \(u\) | \(n\) | \(u \leqslant 1000\) | Affichage |
| départ | \(1\) | \(0\) | ||
| tour 1 | \(2\) | \(1\) | vrai | |
| tour 2 | \(4\) | \(2\) | vrai | |
| tour 3 | \(8\) | \(3\) | vrai | |
| tour 4 | \(16\) | \(4\) | vrai | |
| tour 5 | \(32\) | \(5\) | vrai | |
| tour 6 | \(64\) | \(6\) | vrai | |
| tour 7 | \(128\) | \(7\) | vrai | |
| tour 8 | \(256\) | \(8\) | vrai | |
| tour 9 | \(512\) | \(9\) | vrai | |
| tour 10 | \(1024\) | \(10\) | vrai | |
| fin | \(1024\) | \(10\) | faux | |
| Afficher \(n\) | \(1024\) | \(10\) | \(10\) |
10, et le terme de rang \(10\) vaut \(1024\). C'est l'autre usage des tours d'une boucle : ils ne sont pas ici un coût, ils sont la réponse, et le compteur n n'est là que pour la porter hors de la boucle. La boucle se termine pour la raison que toute boucle doit nommer : le variant est le nombre entier \(1000 - u\), qui reste au moins \(0\) tant que la boucle tourne et décroît strictement à chaque tour, puisque u au moins double depuis une valeur au moins égale à \(1\) ; un entier ne peut pas décroître indéfiniment en restant au moins \(0\). Un seuil lu ainsi est exact et non approché : l'algorithme donne le premier rang qui dépasse \(1000\), parce qu'il s'arrête au premier tour dont la condition échoue. Exemple
La factorielle d'un entier naturel \(n\), notée \(n!\), est le produit \(1 \times 2 \times \cdots \times n\) des entiers de \(1\) à \(n\) ; par convention, \(0! = 1\). Exécuter à la main l'algorithme ci-dessous pour n égal à \(5\) et donner ce qu'il affiche. f ← 1
Pour k allant de 1 à n
f ← f × k
Fin Pour
Afficher f | Instruction | \(k\) | \(f\) | Affichage |
| départ | \(1\) | ||
| tour 1 | \(1\) | \(1\) | |
| tour 2 | \(2\) | \(2\) | |
| tour 3 | \(3\) | \(6\) | |
| tour 4 | \(4\) | \(24\) | |
| tour 5 | \(5\) | \(120\) | |
| Afficher \(f\) | \(5\) | \(120\) | \(120\) |
120 : \(5! = 120\). C'est l'accumulateur d'un produit, et il part de \(1\), le produit d'aucun facteur — partir de \(0\) rendrait tout produit nul. Pour n égal à \(0\), la boucle ne fait aucun tour et l'algorithme affiche \(1\), qui est exactement \(0!\). À la fin de chaque tour, \(f\) contient \(k!\), et la factorielle croît très vite : \(10!\) vaut déjà \(3\,628\,800\). Compétences à pratiquer
- Prédire
- Calculer des termes et des seuils avec une boucle
II
Suites arithmétiques et géométriques
II.1
Suites arithmétiques : la croissance linéaire
Une suite arithmétique est un type fondamental de suite qui suit une règle de récurrence. Elle est définie par un terme de départ et une variation constante entre deux termes consécutifs.
On considère une suite arithmétique avec un premier terme \(u_1 = 5\) et une raison arithmétique \(r = 3\).
On peut écrire les premiers termes en ajoutant 3 de manière répétée :
On peut écrire les premiers termes en ajoutant 3 de manière répétée :
- \(u_1 = 5\)
- \(u_2 = 5 + 3\)
- \(u_3 = 5 + 3 + 3\)
- \(u_4 = 5 + 3 + 3 + 3\)
- \(u_1 = 5 + \textcolor{colordef}{0} \times 3\)
- \(u_2 = 5 + \textcolor{colordef}{1} \times 3\)
- \(u_3 = 5 + \textcolor{colordef}{2} \times 3\)
- \(u_4 = 5 + \textcolor{colordef}{3} \times 3\)
Définition — Suite arithmétique
Une suite arithmétique est une suite où chaque terme après le premier est obtenu en ajoutant une valeur constante au terme précédent. Cette constante est appelée la raison, notée \(r\). - Définition par récurrence : La règle pour trouver le terme suivant à partir du précédent est :$$u_{n+1} = u_n + r$$
- Formule explicite : On peut aussi trouver n'importe quel terme directement en utilisant sa position, \(n\).
- Si la suite commence par \(u_1\) : $$u_n = u_1 + (n-1)r$$
- Si la suite commence par \(u_0\) : $$u_n = u_0 + nr$$
Proposition — Terme général d'une suite arithmétique
Soit \((u_n)\) une suite arithmétique de raison \(r\). - Pour tout entier naturel \(n\) : \(u_n = u_0 + nr\).
- Si la suite commence à \(u_1\) : \(u_n = u_1 + (n-1)r\).
- Plus généralement, pour tous entiers naturels \(n\) et \(p\) : \(u_n = u_p + (n-p)r\).
Exemple
Soit \((u_n)\) la suite arithmétique de premier terme \(u_0 = 5\) et de raison \(r = 3\). - Calculer \(u_{20}\).
- Une autre suite arithmétique \((v_n)\) a pour raison \(3\) et vérifie \(v_5 = 17\). Calculer \(v_{12}\).
- D'après la proposition, \(u_{20} = u_0 + 20r = 5 + 20 \times 3 = 65\).
- En partant de \(v_5\) : \(v_{12} = v_5 + (12 - 5) \times 3 = 17 + 21 = 38\).
Compétences à pratiquer
- Étudier une suite arithmétique
- Déterminer le rang d'un terme
- Modéliser avec des suites arithmétiques
- Déterminer la formule à partir de deux termes
- Démontrer qu'une suite est arithmétique
- Résoudre un problème de seuil
II.2
Suites géométriques : la croissance exponentielle
Une suite géométrique est un autre type fondamental de suite qui suit une règle de récurrence. Elle est définie par un terme de départ et un facteur multiplicatif constant : pour passer d'un terme au suivant, on multiplie toujours par le même nombre.
On considère une suite géométrique avec un premier terme \(u_1 = 2\) et une raison géométrique \(q = 3\).
On peut écrire les premiers termes en multipliant par 3 de manière répétée :
On peut écrire les premiers termes en multipliant par 3 de manière répétée :
- \(u_1 = 2\)
- \(u_2 = 2 \times 3\)
- \(u_3 = 2 \times 3 \times 3\)
- \(u_4 = 2 \times 3 \times 3 \times 3\)
- \(u_1 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{0}}\)
- \(u_2 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{1}}\)
- \(u_3 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{2}}\)
- \(u_4 = 2 \times 3^{\textcolor{colordef}{3}}\)
Définition — Suite géométrique
Une suite géométrique est une suite dont chaque terme, à partir du deuxième, s'obtient en multipliant le précédent par un même nombre non nul. Ce nombre est appelé la raison de la suite, notée \(q\). - Définition par récurrence : Le terme suivant s'obtient à partir du précédent par :$$u_{n+1} = q \times u_n$$
- Formule explicite : On peut aussi calculer directement n'importe quel terme à partir de son rang \(n\).
- Si la suite commence par \(u_1\) : $$u_n = u_1 \times q^{n-1}$$
- Si la suite commence par \(u_0\) : $$u_n = u_0 \times q^n$$
Exemple
Une suite géométrique a pour premier terme \(u_1 = 2\) et pour raison géométrique \(q = 2\).Déterminer les cinq premiers termes de cette suite.
La règle de récurrence est \(u_{n+1} = u_n \times 2\). On commence avec \(u_1 = 2\) et on applique la règle de manière répétée.
- \(u_1 = \boldsymbol{2}\) (donné)
- \(u_2 = 2 \times u_1 = 2 \times 2 = \boldsymbol{4}\)
- \(u_3 = 2 \times u_2 = 2 \times 4 = \boldsymbol{8}\)
- \(u_4 = 2 \times u_3 = 2 \times 8 = \boldsymbol{16}\)
- \(u_5 = 2 \times u_4 = 2 \times 16 = \boldsymbol{32}\)
Proposition — Terme général d'une suite géométrique
Soit \((u_n)\) une suite géométrique de raison \(q\). - Pour tout entier naturel \(n\) : \(u_n = u_0 \times q^n\).
- Si la suite commence à \(u_1\) : \(u_n = u_1 \times q^{n-1}\).
- Plus généralement, pour tous entiers naturels \(n\) et \(p\) avec \(n \geq p\) : \(u_n = u_p \times q^{n-p}\).
Exemple
Soit \((u_n)\) la suite géométrique de premier terme \(u_0 = 3\) et de raison \(q = 2\). - Calculer \(u_{10}\).
- Une autre suite géométrique \((v_n)\) a pour raison \(2\) et vérifie \(v_4 = 24\). Calculer \(v_7\).
- D'après la proposition, \(u_{10} = u_0 \times q^{10} = 3 \times 2^{10} = 3 \times 1024 = 3072\).
- En partant de \(v_4\) : \(v_7 = v_4 \times 2^{7-4} = 24 \times 8 = 192\).
Compétences à pratiquer
- Étudier une suite géométrique
- Identifier la règle de récurrence
- Modéliser avec des suites géométriques
- Déterminer le rang d'un terme
- Déterminer la formule à partir de deux termes
- Démontrer qu'une suite est géométrique
II.3
Croissance et décroissance à taux constant
Une somme d'argent est placée à un taux fixe de \(3\pourcent\) par an : chaque année, les intérêts sont ajoutés au compte, puis génèrent eux-mêmes des intérêts l'année suivante (intérêts composés). Pourquoi une telle situation se modélise-t-elle par une suite géométrique ? Chaque année, la somme n'augmente pas d'un montant fixe, mais d'une fraction fixe d'elle-même :$$\text{nouvelle somme} = \text{ancienne somme} + \frac{3}{100} \times \text{ancienne somme} = \text{ancienne somme} \times 1{,}03.$$ Ainsi, d'une année à la suivante, on multiplie par le même facteur \(1{,}03\). C'est exactement la relation de récurrence d'une suite géométrique, \(u_{n+1} = 1{,}03\,u_n\), dont la forme explicite est \(u_n = u_0 \times 1{,}03^n\). Le même raisonnement vaut pour toute évolution en pourcentage constant de \(t\pourcent\) par période, de facteur \(1 + \dfrac{t}{100}\) — une population croissant à taux constant, une voiture perdant de la valeur chaque année.
Méthode — Modéliser une évolution en pourcentage constant
Pour une grandeur évoluant d'un taux fixe de \(t\pourcent\) à chaque période, à partir de \(u_0\) : - Le taux \(t\) est signé : \(t > 0\) pour une croissance, \(-100 < t < 0\) pour une décroissance (une baisse de \(100\,\pourcent\) ou plus n'est pas une évolution en pourcentage d'une quantité strictement positive).
- Dans tous les cas, la raison est le coefficient multiplicateur \(\;q = 1 + \dfrac{t}{100}\) : \(+5\pourcent\) donne \(t = 5\) et \(q = 1{,}05\) ; \(-15\pourcent\) donne \(t = -15\) et \(q = 1 + \dfrac{-15}{100} = 0{,}85\).
- Après \(n\) périodes : \(\;u_n = u_0\, q^n\).
Exemple — Intérêts composés
Un capital de \(1000~\Euro\) est placé à un taux d'intérêt annuel fixe de \(5\pourcent\). Quelle est sa valeur après \(3\) ans ?
Chaque année, le capital est multiplié par \(1 + 0{,}05 = 1{,}05\) : les montants annuels forment donc une suite géométrique :$$\begin{aligned}[t] u_1 &= 1000 \times 1{,}05 \\
u_2 &= (1000 \times 1{,}05) \times 1{,}05 = 1000 \times 1{,}05^2 \\
u_3 &= 1000 \times 1{,}05^3. \end{aligned}$$ Ainsi \(u_n = u_0\, q^n\) avec \(u_0 = 1000\) et \(q = 1{,}05\), et$$u_3 = 1000 \times 1{,}05^3 = 1000 \times 1{,}157625 \approx 1157{,}63~\Euro.$$
Exemple — Dépréciation
Une voiture achetée \(20\,000~\Euro\) perd \(15\pourcent\) de sa valeur chaque année. Quelle est sa valeur après \(4\) ans ?
La valeur diminue de \(15\pourcent\) chaque année, donc \(t = -15\) et le multiplicateur est \(q = 1 + \dfrac{t}{100} = 1 + \dfrac{-15}{100} = 0{,}85\), d'où \(u_n = 20\,000 \times 0{,}85^n\).$$u_4 = 20\,000 \times 0{,}85^4 = 20\,000 \times 0{,}52200625 \approx 10\,440{,}13~\Euro.$$
Compétences à pratiquer
- Modéliser une croissance ou une décroissance à taux constant
- Résoudre un problème de seuil à taux constant
III
Le sens de variation d'une suite
III.1
Suites croissantes et décroissantes
Quand on écrit les premiers termes d'une suite, une question vient naturellement : les termes montent-ils toujours ? descendent-ils toujours ? ni l'un ni l'autre ? Comme pour les fonctions, on parle du sens de variation d'une suite. Une suite n'étant connue qu'aux rangs entiers, l'outil est simple : comparer chaque terme au suivant, \(u_{n+1}\) à \(u_n\).
Définition — Suites croissantes et décroissantes
Soit \((u_n)\) une suite. - La suite \((u_n)\) est croissante à partir du rang \(n_0\) si, pour tout \(n \ge n_0\), on a \(\boldsymbol{u_{n+1} \ge u_n}\).
- La suite \((u_n)\) est décroissante à partir du rang \(n_0\) si, pour tout \(n \ge n_0\), on a \(\boldsymbol{u_{n+1} \le u_n}\).
- Une suite qui est soit croissante, soit décroissante est dite monotone.
Remarque
- Comme pour les fonctions, si l'on remplace les inégalités larges par des inégalités strictes, on parle d'une suite strictement croissante ou strictement décroissante.
- Certaines suites ne sont pas monotones, par exemple la suite \((u_n)\) définie par \(u_n = (-1)^n\), qui alterne entre \(1\) et \(-1\).
Compétences à pratiquer
- Lire le sens de variation sur un graphique
III.2
Sens de variation des suites arithmétiques et géométriques
Proposition — Sens de variation d'une suite arithmétique
Soit \((u_n)\) une suite arithmétique de raison \(r\). - Si \(r \gt 0\), alors \((u_n)\) est strictement croissante.
- Si \(r \lt 0\), alors \((u_n)\) est strictement décroissante.
- Si \(r = 0\), alors \((u_n)\) est constante.
Proposition — Sens de variation d'une suite géométrique
Soit \((u_n)\) une suite géométrique de premier terme \(u_0 > 0\) et de raison \(q > 0\). - Si \(q > 1\), alors \((u_n)\) est strictement croissante.
- Si \(0 < q < 1\), alors \((u_n)\) est strictement décroissante.
- Si \(q = 1\), alors \((u_n)\) est constante.
Exemple
Donner le sens de variation des suites suivantes. - \((u_n)\) arithmétique de raison \(r = -2\).
- \((v_n)\) géométrique de premier terme \(v_0 = 5\) et de raison \(q = 1{,}2\).
- \((w_n)\) géométrique de premier terme \(w_0 = -4\) et de raison \(q = 3\).
- \(r = -2 \lt 0\) : \((u_n)\) est strictement décroissante.
- \(v_0 = 5 \gt 0\) et \(q = 1{,}2 \gt 1\) : \((v_n)\) est strictement croissante.
- \(q = 3 \gt 1\) mais \(w_0 = -4 \lt 0\) : les variations sont inversées, \((w_n)\) est strictement décroissante (\(-4\), \(-12\), \(-36\), …).
Compétences à pratiquer
- Déterminer le sens de variation d'une suite arithmétique ou géométrique
IV
Pour aller plus loin
Compétences à pratiquer
- Problèmes
- Quiz
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