De nombreuses situations pratiques impliquent des variables aléatoires définies comme la somme ou la moyenne d'autres variables aléatoires. Par exemple, l'estimation de la moyenne d'une population à partir de la moyenne d'un échantillon repose fortement sur les propriétés de ces sommes. Les théorèmes limites fournissent la base mathématique de ce type d'estimations.
Les théorèmes limites sont des résultats fondamentaux en théorie des probabilités qui décrivent le comportement des sommes de variables aléatoires lorsque le nombre de termes augmente. Nous nous concentrerons sur deux théorèmes essentiels :
- La loi des grands nombres (LGN) : ce théorème explique pourquoi les moyennes se stabilisent. Il affirme que lorsque l'on répète une expérience un grand nombre de fois, la moyenne des résultats (moyenne expérimentale) se rapproche de plus en plus de l'espérance (moyenne théorique).
- Le théorème central limite (TCL) : ce théorème explique la forme de la distribution. Il affirme que si l'on additionne un grand nombre de variables aléatoires indépendantes, la distribution de leur somme (ou de leur moyenne) tend vers une loi normale, quelle que soit la distribution d'origine des variables (sous certaines hypothèses techniques).
Ces théorèmes sont cruciaux pour l'
inférence statistique, car ils permettent de tirer des conclusions sur des populations entières à partir d'échantillons de taille limitée. Ils contribuent à répondre à deux questions fondamentales :
- La probabilité expérimentale (ou fréquence observée) se rapproche-t-elle de la probabilité théorique lorsque le nombre d'essais augmente ? Oui, la loi des grands nombres le garantit.
- Pouvons-nous quantifier l'erreur entre notre estimation par échantillonnage et la vraie valeur ? Oui, le théorème central limite permet de définir des intervalles de confiance et des marges d'erreur à l'aide de la loi normale.