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Géométrie vectorielle des droites et des plans

Géométrie vectorielle des droites

Définition Vecteurs colinéaires
Deux vecteurs \(\Vect{u}\) et \(\Vect{v}\) sont colinéaires si l'un est un multiple scalaire de l'autre (même direction). C'est-à-dire s'il existe un nombre réel \(k\) tel que :$$\Vect{u} = k \Vect{v}.$$
Proposition Alignement
Trois points \(A, B\) et \(C\) sont alignés si et seulement si les vecteurs \(\Vect{AB}\) et \(\Vect{AC}\) sont colinéaires.
Définition Caractérisation d'une droite
Une droite \(d\) est définie par un point \(A\) et un vecteur directeur \(\Vect{u}\) (\(\Vect{u} \neq \Vect{0}\)). On la note \(d(A, \Vect{u})\).
Un point \(M\) appartient à \(d\) s'il existe un réel \(k\) tel que \(\Vect{AM} = k\Vect{u}\).
Proposition Position relative de deux droites
Soient \(d(A, \Vect{u})\) et \(d'(B, \Vect{v})\) deux droites de l'espace.
  • Si \(\Vect{u}\) et \(\Vect{v}\) sont colinéaires, les droites sont parallèles (soit strictement parallèles, soit confondues).
  • Si \(\Vect{u}\) et \(\Vect{v}\) ne sont pas colinéaires :
    • Elles sont sécantes si elles ont un point commun (elles sont alors coplanaires).
    • Elles sont non coplanaires si elles n'ont aucun point commun.

Géométrie vectorielle des plans

Définition Vecteurs coplanaires
Trois vecteurs \(\Vect{u}, \Vect{v}\) et \(\Vect{w}\) sont coplanaires si l'un est une combinaison linéaire des deux autres. C'est-à-dire, s'il existe deux réels \(x\) et \(y\) tels que :$$\Vect{w} = x \Vect{u} + y \Vect{v}.$$
Proposition Coplanarité de quatre points
Quatre points \(A, B, C\) et \(D\) appartiennent à un même plan si et seulement si les vecteurs \(\Vect{AB}, \Vect{AC}\) et \(\Vect{AD}\) sont coplanaires.
Définition Caractérisation d'un plan
Un plan \(\mathscr{P}\) est défini par un point \(A\) et deux vecteurs directeurs non colinéaires \(\Vect{u}\) et \(\Vect{v}\). On le note \(\mathscr{P}(A, \Vect{u}, \Vect{v})\). Un point \(M\) appartient à \(\mathscr{P}\) s'il existe des réels \(x\) et \(y\) tels que \(\Vect{AM} = x\Vect{u} + y\Vect{v}\).
Proposition Position relative d'une droite et d'un plan
Soit \(d(A,\Vect{u})\) une droite et \(\mathscr{P}(B,\Vect{v},\Vect{w})\) un plan.
  • La droite \((d)\) est parallèle au plan \(\mathscr{P}\) si les vecteurs \(\Vect{u}\), \(\Vect{v}\) et \(\Vect{w}\) sont coplanaires.
  • Sinon, la droite et le plan sont sécants en un unique point.
Proposition Position relative de deux plans
  • Deux plans sont parallèles si et seulement si les vecteurs directeurs de l'un sont des combinaisons linéaires des vecteurs directeurs de l'autre.
  • Sinon, ils sont sécants et leur intersection est toujours une droite.

Vecteurs normaux à un plan

Définition Vecteur normal
Étant donné un plan \(\mathscr{P}\) défini par un point \(A\) et deux vecteurs directeurs \(\Vect{u}\) et \(\Vect{v}\), un vecteur non nul \(\Vect{n}\) est dit normal au plan s’il est orthogonal à la fois à \(\Vect{u}\) et à \(\Vect{v}\).
De manière équivalente, \(\Vect{n}\) est normal à \(\mathscr{P}\) si, pour tout point \(M\) du plan, les vecteurs \(\Vect{AM}\) et \(\Vect{n}\) sont orthogonaux.
Proposition Plans perpendiculaires
Deux plans \(\mathscr{P}_1\) et \(\mathscr{P}_2\) sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux respectifs \(\Vect{n_1}\) et \(\Vect{n_2}\) sont orthogonaux.$$\mathscr{P}_1 \perp \mathscr{P}_2 \iff \Vect{n_1} \cdot \Vect{n_2} = 0$$
Exemple
Dans un cube \(ABCDEFGH\), on considère les plans \(\mathscr{P}(A,\Vect{AB},\Vect{AC})\) et \(\mathscr{P}(A,\Vect{AD},\Vect{AE})\).
  • Un vecteur normal au plan \(\mathscr{P}(A,\Vect{AB},\Vect{AC})\) est \(\Vect{AE}\) (car il est perpendiculaire à \(\Vect{AB}\) et à \(\Vect{AC}\)).
  • Un vecteur normal au plan \(\mathscr{P}(A,\Vect{AD},\Vect{AE})\) est \(\Vect{AB}\) (car il est perpendiculaire aux arêtes \(\Vect{AD}\) et \(\Vect{AE}\)).
  • Or, puisque \(ABCDEFGH\) est un cube, on a \(\Vect{AE}\cdot \Vect{AB}=0\).
Donc les plans \(\mathscr{P}(A,\Vect{AB},\Vect{AC})\) et \(\mathscr{P}(A,\Vect{AD},\Vect{AE})\) sont perpendiculaires.

Équation cartésienne d'un plan

Proposition Équation cartésienne
Dans un repère orthonormé, le plan passant par le point \(A(x_A, y_A, z_A)\) et dont un vecteur normal est \(\Vect{n} = \begin{pmatrix} a \\ b \\ c \end{pmatrix}\) admet une équation cartésienne de la forme :$$ax + by + cz + d = 0$$où \((a, b, c) \neq (0, 0, 0)\) et \(d\) est un nombre réel.

Un point \(M(x,y,z)\) appartient au plan si et seulement si \(\Vect{AM}\cdot \Vect{n}=0\).$$\begin{aligned}\Vect{AM}\cdot \Vect{n}=0&\iff a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0\\ &\iff ax+by+cz-(ax_A+by_A+cz_A)=0.\end{aligned}$$En posant \(d=-(ax_A+by_A+cz_A)\), on obtient l’équation cartésienne sous la forme \(ax+by+cz+d=0\).

Exemple
Déterminer l’équation cartésienne du plan passant par \(A(-1,2,3)\) et de vecteur normal \(\Vect{n}=\begin{pmatrix}2\\-3\\1\end{pmatrix}\).

  • Méthode 1 : L’équation s’écrit \(2x-3y+z+d=0\). Comme \(A\in\mathscr{P}\) : $$\begin{aligned} 2(-1) - 3(2) + 3 + d &= 0\\ -2 - 6 + 3 + d &= 0\\ d &= 5\end{aligned}$$Donc l’équation du plan est : \(2x-3y+z+5=0\).
  • Méthode 2 :$$\begin{aligned}\Vect{AM} \cdot \Vect{n} = 0 &\iff 2(x - (-1)) - 3(y - 2) + 1(z - 3) = 0\\ &\iff 2x - 3y + z + 5 = 0\end{aligned}$$

Distance d'un point à un plan

Définition Projeté orthogonal
Le projeté orthogonal d’un point \(M\) sur un plan \(\mathscr{P}\) est le point \(H\) défini comme l’intersection du plan et de la droite passant par \(M\) et perpendiculaire à \(\mathscr{P}\).
Définition Distance d'un point à un ensemble
La distance entre un point \(M\) et un ensemble de points \(\mathcal{S}\) est la plus petite longueur \(MA\) parmi tous les points \(A\) appartenant à \(\mathcal{S}\).
Proposition Plus courte distance
La distance d’un point \(M\) à un plan \(\mathscr{P}\) est la longueur \(MH\), où \(H\) est le projeté orthogonal de \(M\) sur \(\mathscr{P}\).

Soit \(H\) le projeté orthogonal du point \(M\) sur le plan \(\mathscr{P}\), et soit \(A\) un point quelconque appartenant au plan. On peut décomposer le vecteur \(\Vect{MA}\) à l’aide de la relation de Chasles :$$\Vect{MA}=\Vect{MH}+\Vect{HA}.$$En calculant le carré de la norme (carré scalaire), on obtient :$$\begin{aligned}\|\Vect{MA}\|^2&=(\Vect{MH}+\Vect{HA})\cdot(\Vect{MH}+\Vect{HA})\\ &=\|\Vect{MH}\|^2+2(\Vect{MH}\cdot\Vect{HA})+\|\Vect{HA}\|^2.\end{aligned}$$Or, la droite \((MH)\) est perpendiculaire au plan \(\mathscr{P}\) et le vecteur \(\Vect{HA}\) appartient au plan ; les vecteurs \(\Vect{MH}\) et \(\Vect{HA}\) sont donc orthogonaux. Leur produit scalaire est donc nul : \(\Vect{MH}\cdot\Vect{HA}=0\). L’expression se simplifie alors en :$$\|\Vect{MA}\|^2=\|\Vect{MH}\|^2+\|\Vect{HA}\|^2.$$Comme \(\|\Vect{HA}\|^2\ge 0\), on en déduit \(\|\Vect{MA}\|^2\ge \|\Vect{MH}\|^2\), donc \(MA\ge MH\).
Cela confirme que \(MH\) est la distance minimale entre \(M\) et tout point du plan.