CommeUnJeu · L2 MP
Espaces probabilisés
Exemple
Calculer la dérivée de \(f(x) = (x^3 - 2 x + 1)/(x^2 + 1)\) sur \(\mathbb{R}\).
\(x^2 + 1 > 0\) ne s'annule jamais. Par la règle du quotient : $$ f'(x) = \frac{(3 x^2 - 2)(x^2 + 1) - (x^3 - 2 x + 1)(2 x)}{(x^2 + 1)^2} = \frac{x^4 + 5 x^2 - 2 x - 2}{(x^2 + 1)^2}. $$
Proposition — Dérivation en chaîne
Soit \(f : I \to \mathbb{R}\) avec \(f(I) \subset J\), et \(g : J \to \mathbb{R}\). Si \(f\) est dérivable en \(a \in I\) et \(g\) dérivable en \(b = f(a) \in J\), alors \(g \circ f\) est dérivable en \(a\) et $$ \textcolor{colorprop}{(g \circ f)'(a) = g'(f(a)) \cdot f'(a)}. $$
On introduit une fonction auxiliaire \(\tau : J \to \mathbb{R}\) par $$ \tau(y) = \begin{cases} (g(y) - g(b))/(y - b) & \text{si } y \ne b, \\
g'(b) & \text{si } y = b. \end{cases} $$ Par dérivabilité de \(g\) en \(b\), \(\tau(y) \to g'(b) = \tau(b)\) quand \(y \to b\), donc \(\tau\) est continue en \(b\). Par définition, \(g(y) - g(b) = \tau(y) (y - b)\) pour tout \(y \in J\) (le cas \(y = b\) donne \(0 = 0\)).
Substituons \(y = f(a + h)\) pour \(h\) tel que \(a + h \in I\) : $$ g(f(a + h)) - g(f(a)) = \tau(f(a + h)) \, (f(a + h) - f(a)). $$ Pour \(h \ne 0\), divisons par \(h\) : $$ \tau_a^{g \circ f}(h) = \tau(f(a + h)) \cdot \tau_a^f(h). $$ Quand \(h \to 0\) : \(f(a + h) \to b\) par P1.2, \(\tau\) continue en \(b\) donne \(\tau(f(a + h)) \to g'(b)\) ; \(\tau_a^f(h) \to f'(a)\). Le produit tend vers \(g'(b) f'(a)\).
Substituons \(y = f(a + h)\) pour \(h\) tel que \(a + h \in I\) : $$ g(f(a + h)) - g(f(a)) = \tau(f(a + h)) \, (f(a + h) - f(a)). $$ Pour \(h \ne 0\), divisons par \(h\) : $$ \tau_a^{g \circ f}(h) = \tau(f(a + h)) \cdot \tau_a^f(h). $$ Quand \(h \to 0\) : \(f(a + h) \to b\) par P1.2, \(\tau\) continue en \(b\) donne \(\tau(f(a + h)) \to g'(b)\) ; \(\tau_a^f(h) \to f'(a)\). Le produit tend vers \(g'(b) f'(a)\).
I
Tribus et espaces probabilisés
Exemple
Calculer les dérivées de \((x^3 + 1)^5\) et \(\sqrt{x^2 + 1}\) sur \(\mathbb{R}\) par dérivation en chaîne.
Pour \(f(x) = (x^3 + 1)^5\) : poser \(u(x) = x^3 + 1\) et \(v(y) = y^5\). La règle de chaîne donne \(f'(x) = 5 (x^3 + 1)^4 \cdot 3 x^2 = 15 x^2 (x^3 + 1)^4\).
Pour \(g(x) = \sqrt{x^2 + 1}\) : poser \(u(x) = x^2 + 1\) (\(u'(x) = 2x\)), \(v(y) = \sqrt{y}\) définie sur \(y > 0\). Dérivée de \(v\) en \(a > 0\) : pour \(h \ne 0\) avec \(a + h > 0\), $$ \frac{\sqrt{a + h} - \sqrt{a}}{h} = \frac{(\sqrt{a + h} - \sqrt{a})(\sqrt{a + h} + \sqrt{a})}{h (\sqrt{a + h} + \sqrt{a})} = \frac{1}{\sqrt{a + h} + \sqrt{a}}. $$ Quand \(h \to 0\), cela tend vers \(1/(2 \sqrt{a})\), donc \(v'(a) = 1/(2 \sqrt{a})\). Alors \(g'(x) = v'(u(x)) \cdot u'(x) = (2 x)/(2 \sqrt{x^2 + 1}) = x/\sqrt{x^2 + 1}\).
Pour \(g(x) = \sqrt{x^2 + 1}\) : poser \(u(x) = x^2 + 1\) (\(u'(x) = 2x\)), \(v(y) = \sqrt{y}\) définie sur \(y > 0\). Dérivée de \(v\) en \(a > 0\) : pour \(h \ne 0\) avec \(a + h > 0\), $$ \frac{\sqrt{a + h} - \sqrt{a}}{h} = \frac{(\sqrt{a + h} - \sqrt{a})(\sqrt{a + h} + \sqrt{a})}{h (\sqrt{a + h} + \sqrt{a})} = \frac{1}{\sqrt{a + h} + \sqrt{a}}. $$ Quand \(h \to 0\), cela tend vers \(1/(2 \sqrt{a})\), donc \(v'(a) = 1/(2 \sqrt{a})\). Alors \(g'(x) = v'(u(x)) \cdot u'(x) = (2 x)/(2 \sqrt{x^2 + 1}) = x/\sqrt{x^2 + 1}\).
I.1
Tribu et espace probabilisable
Proposition — Dérivée d'une fonction réciproque
Soit \(I\) un intervalle, \(f : I \to \mathbb{R}\) continue strictement monotone sur \(I\), \(J = f(I)\). Supposons \(f\) dérivable en \(a \in I\) avec \(f'(a) \ne 0\). Alors \(f^{-1} : J \to I\) est dérivable en \(b = f(a)\) et $$ \textcolor{colorprop}{(f^{-1})'(b) = \frac{1}{f'(a)} = \frac{1}{f'(f^{-1}(b))}}. $$ - Étape 1 : \(f^{-1}\) continue en \(b\). Par le théorème de la bijection (Limites et continuité T7.2), \(f^{-1} : J \to I\) est continue et strictement monotone sur \(J\).
- Étape 2 : limite du taux d'accroissement inverse. Prenons \(k\) tel que \(b + k \in J\) et \(k \ne 0\), et posons \(h = f^{-1}(b + k) - a\), donc \(a + h = f^{-1}(b + k) \in I\) et \(h \ne 0\) (stricte monotonie de \(f^{-1}\)). Alors \(f(a + h) = b + k\), donc \(f(a + h) - f(a) = k\), d'où $$ \tau_b^{f^{-1}}(k) = \frac{f^{-1}(b + k) - f^{-1}(b)}{k} = \frac{h}{f(a + h) - f(a)} = \frac{1}{\tau_a^f(h)}. $$ Quand \(k \to 0\), \(h = f^{-1}(b + k) - a \to 0\) par continuité de \(f^{-1}\) en \(b\) (étape 1) ; donc \(\tau_a^f(h) \to f'(a) \ne 0\) et \(1/\tau_a^f(h) \to 1/f'(a)\).
- Étape 3 : conclusion. \(f^{-1}\) est dérivable en \(b\) et \((f^{-1})'(b) = 1/f'(a) = 1/f'(f^{-1}(b))\).
Figure --- symétrie des graphes de \(f\) et \(f^{-1}\)
Exemple
Montrer que \(g : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\), \(g(y) = \sqrt[3]{y} = y^{1/3}\), est dérivable sur \(\mathbb{R} \setminus \{0\}\) et calculer \(g'(b)\) pour \(b \ne 0\).
\(g\) est la réciproque de \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\), \(f(x) = x^3\) (continue, strictement croissante sur \(\mathbb{R}\)). \(f\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) avec \(f'(x) = 3 x^2\), qui ne s'annule qu'en \(x = 0\). Pour \(b \ne 0\), posons \(a = g(b) = \sqrt[3]{b} \ne 0\) ; alors \(f'(a) = 3 a^2 \ne 0\) et P2.5 donne $$ g'(b) = \frac{1}{f'(a)} = \frac{1}{3 a^2} = \frac{1}{3 (\sqrt[3]{b})^2}. $$ En \(b = 0\) : \(f'(0) = 0\), l'hypothèse de P2.5 est en défaut ; \(g\) admet une tangente verticale en \(0\).
Anticipation. La même méthode, avec \(f = \exp\), \(f = \sin_{|[-\pi/2 \,;\, \pi/2]}\), \(f = \tan_{|]-\pi/2 \,;\, \pi/2[}\), donnera rigoureusement \((\ln)' = 1/x\), \((\arcsin)' = 1/\sqrt{1 - x^2}\), \((\arctan)' = 1/(1 + x^2)\) dans Fonctions usuelles.
Anticipation. La même méthode, avec \(f = \exp\), \(f = \sin_{|[-\pi/2 \,;\, \pi/2]}\), \(f = \tan_{|]-\pi/2 \,;\, \pi/2[}\), donnera rigoureusement \((\ln)' = 1/x\), \((\arcsin)' = 1/\sqrt{1 - x^2}\), \((\arctan)' = 1/(1 + x^2)\) dans Fonctions usuelles.
Méthode — Calculer une dérivée par la boîte à outils
Pour une fonction \(f\) construite à partir de briques élémentaires : - Identifier les briques (polynôme, rationnelle, \(\sqrt{\cdot}\), composition, …).
- Appliquer linéarité / produit / quotient / chaîne / réciproque dans l'ordre suggéré par la structure.
- Simplifier et préciser le domaine de validité (où les dénominateurs ne s'annulent pas, etc.).
Compétences à pratiquer
- Exprimer des événements par des opérations ensemblistes
I.2
Probabilité et espace probabilisé
Ex 3
Ex 4
Ex 5
Ex 6
En un point intérieur de \(I\) où \(f\) est dérivable, un extremum local impose \(f'(a) = 0\) : c'est le théorème de Fermat, charnière entre dérivabilité et les théorèmes globaux de la section suivante sur Rolle et le théorème des accroissements finis. La notion lycéenne de « point stationnaire » devient ici « point critique ». Crucial : l'hypothèse « intérieur » est essentielle, et la réciproque est fausse.
Compétences à pratiquer
- Appliquer la \(\sigma\)-additivité
II
Propriétés et théorèmes limites
Définition — Extremum local
\(f : I \to \mathbb{R}\), \(a \in I\). On dit que \(a\) est un maximum local (resp. minimum local) de \(f\) s'il existe \(\eta > 0\) tel que pour tout \(x \in I \cap [a - \eta \,;\, a + \eta]\), \(f(x) \le f(a)\) (resp. \(\ge\)). Un extremum local est un maximum ou minimum local.
II.1
Propriétés élémentaires d'une probabilité
Définition — Point critique
\(f : I \to \mathbb{R}\) dérivable en \(a \in I\). On dit que \(a\) est un point critique de \(f\) si \(\textcolor{colordef}{f'(a) = 0}\). Theorem — Fermat
Soit \(f : I \to \mathbb{R}\) et \(a\) un point intérieur de \(I\) où \(f\) est dérivable. Si \(a\) est un extremum local de \(f\), alors \(\textcolor{colorprop}{f'(a) = 0}\).
Traitons le cas d'un maximum local ; le cas minimum est symétrique (remplacer \(f\) par \(-f\)). Soit \(\eta > 0\) tel que \([a - \eta \,;\, a + \eta] \subset I\) (possible car \(a\) intérieur) et \(f(a + h) \le f(a)\) pour tout \(h \in [-\eta \,;\, \eta]\).
Pour \(0 < h \le \eta\), on a \(f(a + h) \le f(a)\), donc $$ \tau_a(h) = \frac{f(a + h) - f(a)}{h} \le 0. $$ Passage à la limite quand \(h \to 0^+\) (passage à la limite d'une inégalité large pour les limites de fonctions, Limites et continuité P4.1) : \(f'_d(a) \le 0\).
Pour \(-\eta \le h < 0\), on a encore \(f(a + h) \le f(a)\), mais \(h < 0\), donc $$ \tau_a(h) = \frac{f(a + h) - f(a)}{h} \ge 0. $$ Passage à la limite quand \(h \to 0^-\) : \(f'_g(a) \ge 0\).
Comme \(f\) est dérivable au point intérieur \(a\), les deux dérivées latérales valent \(f'(a)\). D'où \(f'(a) \le 0\) et \(f'(a) \ge 0\), donc \(f'(a) = 0\).
Pour \(0 < h \le \eta\), on a \(f(a + h) \le f(a)\), donc $$ \tau_a(h) = \frac{f(a + h) - f(a)}{h} \le 0. $$ Passage à la limite quand \(h \to 0^+\) (passage à la limite d'une inégalité large pour les limites de fonctions, Limites et continuité P4.1) : \(f'_d(a) \le 0\).
Pour \(-\eta \le h < 0\), on a encore \(f(a + h) \le f(a)\), mais \(h < 0\), donc $$ \tau_a(h) = \frac{f(a + h) - f(a)}{h} \ge 0. $$ Passage à la limite quand \(h \to 0^-\) : \(f'_g(a) \ge 0\).
Comme \(f\) est dérivable au point intérieur \(a\), les deux dérivées latérales valent \(f'(a)\). D'où \(f'(a) \le 0\) et \(f'(a) \ge 0\), donc \(f'(a) = 0\).
Exemple
Contre-exemple 1 --- la réciproque de Fermat est fausse. Montrer que \(f(x) = x^3\) vérifie \(f'(0) = 0\) mais que \(0\) n'est pas un extremum local de \(f\).
\(f'(x) = 3 x^2\) donc \(f'(0) = 0\). Mais pour tout \(\eta > 0\), \(f(-\eta/2) = -\eta^3/8 < 0 < \eta^3/8 = f(\eta/2)\), et \(f(0) = 0\), donc \(0\) n'est ni maximum ni minimum local. C'est un point critique mais pas un extremum (point d'inflexion à tangente horizontale).
Compétences à pratiquer
- Calculer avec les propriétés d'une probabilité
II.2
Continuité monotone et sous-additivité
Exemple
Contre-exemple 2 --- l'hypothèse « intérieur » est essentielle. Soit \(f : [0 \,;\, 1] \to \mathbb{R}\), \(f(x) = x\). Le maximum est atteint en \(1\), une borne (non intérieure), donc Fermat ne s'applique pas. De fait, pour \(h < 0\) avec \(1 + h \in [0 \,;\, 1]\), $$ \tau_1(h) = \frac{f(1 + h) - f(1)}{h} = \frac{(1 + h) - 1}{h} = 1. $$ Donc \(f'_g(1) = 1 \ne 0\). Theorem — Rolle
Soient \(a < b\) et \(f : [a \,;\, b] \to \mathbb{R}\) continue sur \([a \,;\, b]\), dérivable sur l'intervalle ouvert \(]a \,;\, b[\), avec \(f(a) = f(b)\). Alors il existe \(c \in \,]a \,;\, b[\) tel que \(\textcolor{colorprop}{f'(c) = 0}\).
Par le théorème des bornes atteintes (Limites et continuité T7.1), \(f\) admet un maximum \(M\) et un minimum \(m\) sur \([a \,;\, b]\). Deux cas.
- Cas 1 : \(M = m\). Alors \(f\) est constante sur \([a \,;\, b]\), donc \(f' \equiv 0\) sur \(]a \,;\, b[\), et tout \(c \in \,]a \,;\, b[\) convient.
- Cas 2 : \(M \ne m\). Alors \(M > m\). Si les deux extrêmes n'étaient atteints qu'aux bornes \(a\) et \(b\), ils vaudraient tous deux \(f(a) = f(b)\), contredisant \(M \ne m\). Donc l'un des deux est atteint en un point intérieur \(c \in \,]a \,;\, b[\). Alors \(c\) est un extremum local (en fait global), intérieur, et \(f\) dérivable en \(c\), donc par Fermat T3.1, \(f'(c) = 0\).
Exemple
Trois contre-exemples isolant chaque hypothèse de Rolle. - Continuité aux bornes en défaut : \(f : [0 \,;\, 1] \to \mathbb{R}\), \(f(x) = x\) pour \(x \in [0 \,;\, 1[\) et \(f(1) = 0\). \(f(0) = f(1) = 0\), \(f\) dérivable sur \(]0 \,;\, 1[\), mais non continue en \(1\) ; \(f'(x) = 1\) ne s'annule pas.
- Dérivabilité intérieure en défaut : \(f(x) = |x - 1/2|\) sur \([0 \,;\, 1]\) : continue, \(f(0) = f(1) = 1/2\), mais non dérivable en \(1/2\) ; \(f'\) ne s'annule nulle part sur \(]0 \,;\, 1[ \setminus \{1/2\}\).
- \(f(a) \ne f(b)\) : \(f(x) = x\) sur \([0 \,;\, 1]\) ; continue et dérivable, mais \(f(0) = 0 \ne 1 = f(1)\), et \(f'(x) = 1\) ne s'annule pas.
Compétences à pratiquer
- Appliquer la continuité monotone
II.3
Événements négligeables et systèmes complets
Remarque --- Rolle est faux sur \(\mathbb{C}\)
Rolle n'a PAS d'analogue complexe. Ce contre-exemple sera repris dans la section sur l'extension complexe pour expliquer pourquoi la forme égalité du TAF n'a pas d'analogue complexe.
Theorem — Théorème des accroissements finis (TAF égalité)
Soient \(a < b\) et \(f : [a \,;\, b] \to \mathbb{R}\) continue sur \([a \,;\, b]\) et dérivable sur \(]a \,;\, b[\). Alors il existe \(c \in \,]a \,;\, b[\) tel que $$ \textcolor{colorprop}{f(b) - f(a) = f'(c) (b - a)}. $$
Soit \(d : [a \,;\, b] \to \mathbb{R}\) la fonction affine de la corde : $$ d(x) = f(a) + \frac{f(b) - f(a)}{b - a} (x - a), \qquad d(a) = f(a), \quad d(b) = f(b). $$ Posons \(\varphi(x) = f(x) - d(x)\). Alors \(\varphi\) est continue sur \([a \,;\, b]\), dérivable sur \(]a \,;\, b[\) avec \(\varphi'(x) = f'(x) - (f(b) - f(a))/(b - a)\), et \(\varphi(a) = \varphi(b) = 0\). Par Rolle T4.1 appliqué à \(\varphi\), \(\exists c \in \,]a \,;\, b[\) avec \(\varphi'(c) = 0\), soit \(f'(c) = (f(b) - f(a))/(b - a)\).
Figure --- TAF
Trois conséquences de TAF : l'IAF --- borne lipschitzienne à partir d'une borne sur \(|f'|\) ; le lien signe de \(f'\) \(\leftrightarrow\) monotonie ; le théorème de la limite de la dérivée --- prolongement \(C^1\) rigoureux en un point délicat. L'IAF + contraction \(k < 1\) donne aussi la vitesse de convergence des suites récurrentes de Suites réelles.
Compétences à pratiquer
- Manipuler les événements négligeables et presque sûrs
III
Probabilité conditionnelle et indépendance
Theorem — IAF --- inégalité des accroissements finis
Soit \(I\) un intervalle et \(f : I \to \mathbb{R}\) continue sur \(I\), dérivable sur \(\mathring{I}\) (l'intérieur de \(I\)). Si \(|f'(x)| \le K\) pour tout \(x \in \mathring{I}\), alors \(f\) est \(K\)-lipschitzienne sur \(I\) : $$ \textcolor{colorprop}{\forall (x, y) \in I^2, \quad |f(y) - f(x)| \le K |y - x|}. $$
Pour \(x, y \in I\), traitons \(x \ne y\) (si \(x = y\), l'inégalité est \(0 \le 0\)). Sans perte de généralité \(x < y\). Alors \([x \,;\, y] \subset I\), \(f\) continue sur \([x \,;\, y]\) et dérivable sur \(]x \,;\, y[ \subset \mathring{I}\). Par TAF T4.2, \(\exists c \in \,]x \,;\, y[\) avec \(f(y) - f(x) = f'(c) (y - x)\). Donc $$ |f(y) - f(x)| = |f'(c)| \cdot |y - x| \le K |y - x|. $$
III.1
Probabilité conditionnelle
Méthode — Lipschitzianité à partir d'une borne sur \(f'\)
Pour montrer que \(f\) est \(K\)-lipschitzienne sur un intervalle \(I\) : - vérifier que \(f\) est continue sur \(I\) et dérivable sur \(\mathring{I}\) ;
- majorer \(|f'(x)| \le K\) pour \(x \in \mathring{I}\) ;
- conclure par T5.1.
Exemple
Montrer que \(f : [0 \,;\, +\infty[ \to \mathbb{R}\), \(f(x) = \sqrt{x + 1}\), est \((1/2)\)-lipschitzienne.
\(f\) est continue sur \([0 \,;\, +\infty[\) et dérivable sur \(]0 \,;\, +\infty[\) avec \(f'(x) = 1/(2 \sqrt{x + 1})\). Pour \(x > 0\), \(\sqrt{x + 1} > 1\) donc \(|f'(x)| \le 1/2\). Par T5.1, \(f\) est \((1/2)\)-lipschitzienne.
Méthode — Contraction --- pont vers les suites récurrentes de Suites réelles
Cadre. \(f : [a \,;\, b] \to [a \,;\, b]\) continue (donc \([a \,;\, b]\) stable par \(f\)), dérivable sur \(]a \,;\, b[\), avec \(|f'(x)| \le k\) sur \(]a \,;\, b[\) pour un \(k \in [0 \,;\, 1[\). Alors \(f\) admet un unique point fixe \(\ell \in [a \,;\, b]\), et pour tout \(u_0 \in [a \,;\, b]\) la suite récurrente \(u_{n+1} = f(u_n)\) reste dans \([a \,;\, b]\) et converge géométriquement vers \(\ell\) avec \(|u_n - \ell| \le k^n |u_0 - \ell|\). Recette type : - Existence. Poser \(g(x) = f(x) - x\) sur \([a \,;\, b]\). La stabilité donne \(g(a) \ge 0\) et \(g(b) \le 0\) ; le théorème des valeurs intermédiaires (Limites et continuité T6.1) fournit \(\ell \in [a \,;\, b]\) avec \(f(\ell) = \ell\).
- Stabilité de \((u_n)\). Récurrence : \(u_0 \in [a \,;\, b]\) ; si \(u_n \in [a \,;\, b]\), alors \(u_{n+1} = f(u_n) \in f([a \,;\, b]) \subset [a \,;\, b]\).
- Vitesse géométrique. Appliquer T5.1 avec \(K = k\) sur \([\min(u_n, \ell) \,;\, \max(u_n, \ell)] \subset [a \,;\, b]\) : \(|u_{n+1} - \ell| \le k |u_n - \ell|\), d'où \(|u_n - \ell| \le k^n |u_0 - \ell| \to 0\).
- Unicité. Si \(\ell'\) est un autre point fixe, prendre \(u_0 = \ell'\) : la suite constante égale à \(\ell'\) converge vers \(\ell\), donc \(\ell' = \ell\).
Proposition — Monotonie stricte --- complément utile
Sous les hypothèses de P5.1, \(f\) est strictement croissante sur \(I\) \(\iff\) \(\textcolor{colorprop}{f' \ge 0}\) sur \(\mathring{I}\) et \(f'\) n'est identiquement nulle sur aucun sous-intervalle non trivial de \(\mathring{I}\). - \((\Rightarrow)\) Si \(f\) est strictement croissante, alors \(f' \ge 0\) sur \(\mathring{I}\) par P5.1(b). De plus, si \(f' \equiv 0\) sur un sous-intervalle non trivial \(J \subset \mathring{I}\), alors \(f\) serait constante sur \(J\) par P5.1(a), contredisant la stricte monotonie.
- \((\Leftarrow)\) De \(f' \ge 0\) sur \(\mathring{I}\) on déduit \(f\) croissante sur \(I\) (P5.1(b)). Supposons par l'absurde \(f(x) = f(y)\) pour \(x < y\) dans \(I\). Comme \(f\) est croissante, ceci force \(f \equiv f(x)\) sur \([x \,;\, y]\) ; alors \(f' \equiv 0\) sur \(]x \,;\, y[\) par P5.1(a), contradiction.
Remarque --- \(I\) doit être un intervalle
L'hypothèse « \(I\) intervalle » est essentielle dans P5.1. Contre-exemple : \(D = \,]-\infty \,;\, 0[ \,\cup\, ]0 \,;\, +\infty[ = \mathbb{R}^*\) (qui n'est pas un intervalle --- le même domaine épointé qui apparaît naturellement dans l'exemple de Heaviside ci-dessous). Posons \(f : D \to \mathbb{R}\) par \(f(x) = 0\) pour \(x < 0\) et \(f(x) = 1\) pour \(x > 0\). Alors \(f' \equiv 0\) sur \(D\) (constante par morceaux) mais \(f\) n'est pas constante sur \(D\).
Exemple
Étudier les variations de \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\), \(f(x) = x/(1 + x^2)\).
\(f\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) avec $$ f'(x) = \frac{1 - x^2}{(1 + x^2)^2}. $$ Signe : \(f'(x) > 0\) pour \(x \in \,]-1 \,;\, 1[\), \(f'(x) < 0\) ailleurs. Par P5.1, \(f\) croissante sur \([-1 \,;\, 1]\), décroissante sur \(]-\infty \,;\, -1]\) et \([1 \,;\, +\infty[\). Maximum global \(f(1) = 1/2\), minimum global \(f(-1) = -1/2\).
Compétences à pratiquer
- Calculer des probabilités conditionnelles
III.2
Les formules des probabilités composées\(\virgule\) totales et de Bayes
Theorem — Théorème de la limite de la dérivée
Soit \(I\) un intervalle, \(a \in I\), \(f : I \to \mathbb{R}\) continue sur \(I\) et dérivable sur \(I \setminus \{a\}\). Supposons \(f'(x) \to \ell \in \overline{\mathbb{R}}\) quand \(x \to a\) (\(x \in I \setminus \{a\}\)). Alors : - Si \(\ell \in \mathbb{R}\) : \(f\) est dérivable en \(a\) et \(\textcolor{colorprop}{f'(a) = \ell}\). Si de plus \(f'\) est continue sur \(I \setminus \{a\}\), alors \(f' : I \to \mathbb{R}\) (avec \(f'(a) := \ell\)) est continue en \(a\), donc \(f\) est \(C^1\) sur un voisinage de \(a\) dans \(I\).
- Si \(\ell = \pm \infty\) : \(\tau_a(h) \to \ell\) quand \(h \to 0\), et le graphe admet une (demi-)tangente verticale en \(a\).
- Cas fini \(\ell \in \mathbb{R}\). Soit \(h \ne 0\) tel que \(a + h \in I\). Par TAF T4.2 appliqué à \(f\) sur le segment d'extrémités \(a\) et \(a + h\) (continue sur le segment fermé, dérivable sur le segment ouvert \(\subset I \setminus \{a\}\)), il existe \(c_h\) strictement entre \(a\) et \(a + h\) tel que $$ \tau_a(h) = \frac{f(a + h) - f(a)}{h} = f'(c_h). $$ Quand \(h \to 0\), \(c_h\) est encadré entre \(a\) et \(a + h\), donc \(c_h \to a\). Par hypothèse \(f'(c_h) \to \ell\) (composition de limites), donc \(\tau_a(h) \to \ell\). Ainsi \(f\) est dérivable en \(a\) avec \(f'(a) = \ell\). Si \(a\) est une extrémité de \(I\), le même argument s'applique avec \(h\) du seul côté qui rentre dans \(I\), et la conclusion vaut en dérivée unilatérale.
- Cas \(\ell = \pm \infty\). Le même argument donne \(\tau_a(h) = f'(c_h)\) avec \(c_h \to a\) quand \(h \to 0\). Donc \(\tau_a(h) \to \pm \infty\), ce qui signifie que le graphe admet une tangente verticale en \(a\) (avec la convention \(f'(a) = \pm \infty\), et non une dérivée réelle).
Remarque --- la continuité de \(f\) est essentielle
À distinguer de « prolonger \(f'\) ». L'hypothèse « \(f\) continue en \(a\) » dans T5.2 est essentielle. Contre-exemple : la fonction de Heaviside \(H(x) = 0\) pour \(x < 0\) et \(H(x) = 1\) pour \(x \ge 0\). Alors \(\lim_{x \to 0^-} H(x) = 0 \ne 1 = H(0)\) : \(H\) est discontinue en \(0\) et l'hypothèse de T5.2 tombe. La conclusion naïve « il suffit de poser \(\lim H' = 0\) » serait fausse : bien que \(H' \equiv 0\) sur \(\mathbb{R}^* = \mathbb{R} \setminus \{0\}\), donc \(H'(x) \to 0\) quand \(x \to 0\), le taux d'accroissement en \(0\) reflète la discontinuité : $$ \tau_0(h) = \frac{H(0 + h) - H(0)}{h} = \frac{H(h) - 1}{h} \to \begin{cases} +\infty & (h \to 0^-) \\
0 & (h \to 0^+) \end{cases} $$ donc \(H\) n'est pas dérivable en \(0\). Toujours vérifier la continuité de \(f\) en \(a\) avant d'invoquer T5.2.
Exemple
Montrer que \(f : \mathbb{R} \to \mathbb{R}\) définie par \(f(x) = x^2\) pour \(x \le 0\) et \(f(x) = x^3\) pour \(x > 0\) est dérivable en \(0\), par la méthode M5.2.
Continuité en \(0\) : \(\lim_{x \to 0^-} x^2 = 0 = f(0)\) et \(\lim_{x \to 0^+} x^3 = 0 = f(0)\), donc \(f\) continue en \(0\).
Dérivabilité sur \(\mathbb{R}^*\) : \(f\) est polynomiale sur chaque demi-droite ouverte, donc dérivable avec \(f'(x) = 2x\) pour \(x < 0\) et \(f'(x) = 3x^2\) pour \(x > 0\).
Limite de \(f'\) : \(\lim_{x \to 0^-} 2x = 0\) et \(\lim_{x \to 0^+} 3x^2 = 0\), donc \(\lim_{x \to 0} f'(x) = 0\) (finie).
Application T5.2 : les hypothèses de T5.2 sont vérifiées (\(f\) continue sur \(\mathbb{R}\), dérivable sur \(\mathbb{R}^*\), \(f'\) admet une limite finie en \(0\)), donc \(f\) est dérivable en \(0\) avec \(f'(0) = 0\).
Dérivabilité sur \(\mathbb{R}^*\) : \(f\) est polynomiale sur chaque demi-droite ouverte, donc dérivable avec \(f'(x) = 2x\) pour \(x < 0\) et \(f'(x) = 3x^2\) pour \(x > 0\).
Limite de \(f'\) : \(\lim_{x \to 0^-} 2x = 0\) et \(\lim_{x \to 0^+} 3x^2 = 0\), donc \(\lim_{x \to 0} f'(x) = 0\) (finie).
Application T5.2 : les hypothèses de T5.2 sont vérifiées (\(f\) continue sur \(\mathbb{R}\), dérivable sur \(\mathbb{R}^*\), \(f'\) admet une limite finie en \(0\)), donc \(f\) est dérivable en \(0\) avec \(f'(0) = 0\).
Compétences à pratiquer
- Appliquer les formules des probabilités composées\(\virgule\) totales et de Bayes
III.3
Indépendance d'événements
Ex 16
Ex 17
Ex 18
Ex 19
Ex 20
Ex 21
Compétences à pratiquer
- Démontrer l'indépendance d'événements
IV
Espaces probabilisés discrets
On itère la dérivation. La classe \(C^k\) formalise la régularité. On énonce et démontre d'abord la formule de Leibniz (calcul direct), puis on en déduit la stabilité de \(C^k\) sous produit. Les stabilités sous composition et réciproque sont admises à ce niveau.
IV.1
Distributions discrètes et support
Définition — Dérivée \(n\)-ième
Définition récursive : \(f^{(0)} = f\). Si \(f^{(n)}\) est définie et dérivable sur \(I\), alors \(f^{(n+1)} = (f^{(n)})'\). \(f\) est dite \(n\) fois dérivable sur \(I\) si \(f^{(n)}\) existe sur \(I\). Définition — Classes \(C^k\) et \(C^\infty\)
Pour \(k \in \mathbb{N}\), \(f\) est de classe \(C^k\) sur \(I\) si \(f^{(k)}\) existe sur \(I\) et est continue sur \(I\). \(f\) est de classe \(C^\infty\) sur \(I\) si \(f\) est \(C^k\) pour tout \(k \in \mathbb{N}\). Notation : \(\textcolor{colordef}{C^k(I, \mathbb{R})}\), \(\textcolor{colordef}{C^\infty(I, \mathbb{R})}\). Exemple
Les polynômes sont \(C^\infty\) sur \(\mathbb{R}\).
Pour \(P(x) = x^n\), par récurrence \(P^{(k)}(x) = n (n-1) \cdots (n - k + 1) x^{n-k}\) pour \(k \le n\), \(P^{(k)} \equiv 0\) pour \(k > n\). Chaque \(P^{(k)}\) est un polynôme, donc continue sur \(\mathbb{R}\). Idem pour \(\sum c_k x^k\) par linéarité. Anticipation : \(\exp\), \(\sin\), \(\cos\) sont aussi \(C^\infty\) sur \(\mathbb{R}\) ; preuves dans Fonctions usuelles.
Theorem — Formule de Leibniz
Soient \(f, g\) \(n\) fois dérivables sur \(I\). Alors \(f g\) est \(n\) fois dérivable sur \(I\) et $$ \textcolor{colorprop}{(f g)^{(n)} = \sum_{p = 0}^{n} \binom{n}{p} f^{(p)} g^{(n - p)}}. $$
Récurrence sur \(n\).
- Base \(n = 0\). \((f g)^{(0)} = f g = \binom{0}{0} f^{(0)} g^{(0)}\), formule vraie.
- Hérédité. Supposons la formule vraie au rang \(n\) pour toutes fonctions \(n\) fois dérivables, et soient \(f, g\) \((n+1)\) fois dérivables. En particulier \(f, g\) sont \(n\) fois dérivables, donc \((f g)^{(n)} = \sum_{p = 0}^{n} \binom{n}{p} f^{(p)} g^{(n - p)}\). Dériver une fois de plus, par linéarité (P2.1) et règle du produit (P2.2) : $$ \begin{aligned} (f g)^{(n+1)} &= \sum_{p = 0}^{n} \binom{n}{p} \big( f^{(p+1)} g^{(n - p)} + f^{(p)} g^{(n - p + 1)} \big) \\ &= \underbrace{\sum_{p = 0}^{n} \binom{n}{p} f^{(p+1)} g^{(n - p)}}_{S_1} + \underbrace{\sum_{p = 0}^{n} \binom{n}{p} f^{(p)} g^{(n - p + 1)}}_{S_2}. \end{aligned} $$ Réindexer \(S_1\) par \(q = p + 1\) (\(q\) varie de \(1\) à \(n + 1\)), puis renommer \(q\) en \(p\) : $$ S_1 = \sum_{p = 1}^{n+1} \binom{n}{p - 1} f^{(p)} g^{(n + 1 - p)}. $$ Garder \(S_2\) tel quel. En sommant \(S_1 + S_2\) : le terme \(p = 0\) provient de \(S_2\) seul (coefficient \(\binom{n}{0} = 1 = \binom{n+1}{0}\)), le terme \(p = n + 1\) de \(S_1\) seul (coefficient \(\binom{n}{n} = 1 = \binom{n+1}{n+1}\)), et pour \(1 \le p \le n\) la relation de Pascal \(\binom{n}{p - 1} + \binom{n}{p} = \binom{n + 1}{p}\) (chapitre Sommes, produits et coefficients binomiaux) regroupe les deux contributions. D'où $$ (f g)^{(n+1)} = \sum_{p = 0}^{n+1} \binom{n+1}{p} f^{(p)} g^{(n + 1 - p)}, $$ qui est la formule au rang \(n + 1\).
Compétences à pratiquer
- Identifier une distribution discrète
IV.2
La correspondance distribution--probabilité
Proposition — Stabilité de la classe \(C^k\)
Soient \(f, g \in C^k(I, \mathbb{R})\), \(\lambda, \mu \in \mathbb{R}\). Alors : - \(\textcolor{colorprop}{\lambda f + \mu g \in C^k(I)}\) ;
- \(\textcolor{colorprop}{f g \in C^k(I)}\) ;
- si \(g\) ne s'annule pas sur \(I\), \(\textcolor{colorprop}{f / g \in C^k(I)}\) ;
- si \(\varphi : J \to I\) est \(C^k\), alors \(\textcolor{colorprop}{f \circ \varphi \in C^k(J)}\) ;
- si \(k \ge 1\), \(f \in C^k(I, \mathbb{R})\) avec \(f : I \to f(I)\) bijective et \(f'\) ne s'annulant pas sur \(I\), alors \(\textcolor{colorprop}{f^{-1} \in C^k(f(I), \mathbb{R})}\).
- Combinaison linéaire. Récurrence sur \(k\). Base \(k = 0\) : \(\lambda f + \mu g\) est continue (somme de fonctions continues). Hérédité \(k \to k + 1\) : si \(f, g\) sont \(C^{k+1}\), elles sont dérivables et \(f', g'\) sont \(C^k\) ; par P2.1, \((\lambda f + \mu g)' = \lambda f' + \mu g'\) est \(C^k\) par hypothèse de récurrence, donc \(\lambda f + \mu g\) est \(C^{k+1}\).
- Produit. Même récurrence. Base \(k = 0\) : \(f g\) continue. Hérédité : \(f, g\) sont \(C^{k+1}\), donc \((f g)' = f' g + f g'\) (P2.2). Chaque terme est un produit de fonctions \(C^k\), donc \(C^k\) par récurrence ; leur somme est \(C^k\) par linéarité ; donc \(f g\) est \(C^{k+1}\).
- Quotient. On démontre d'abord par récurrence sur \(k\) que si \(g\) est \(C^k\) et ne s'annule pas sur \(I\), alors \(1/g\) est \(C^k\) sur \(I\). Base \(k = 0\) : \(1/g\) continue (continuité de \(g\) et non-annulation). Hérédité : si \(g\) est \(C^{k+1}\), alors \((1/g)' = -g'/g^2\) (P2.3) ; par le cas produit \(g^2\) est \(C^k\), \(g^2\) ne s'annule pas, donc par hypothèse de récurrence \(1/g^2\) est \(C^k\), et \(-g'/g^2 = -g' \cdot (1/g^2)\) est \(C^k\) comme produit ; d'où \(1/g\) est \(C^{k+1}\). Alors \(f/g = f \cdot (1/g)\) est \(C^k\) comme produit.
- Composition et réciproque : preuves admises. Les démonstrations relatives à la composition et à la réciproque ne sont pas exigibles à ce niveau. Les résultats eux-mêmes restent dans le cadre et s'utilisent librement.
Méthode — Calculer une dérivée d'ordre supérieur
Trois schémas classiques : - Pattern A --- \(P(x) \cdot \exp(a x)\). Appliquer Leibniz ; seuls les \(\deg P + 1\) premiers termes sont non nuls.
- Pattern B --- fraction rationnelle. Décomposer en éléments simples (chapitre Fractions rationnelles), puis utiliser \((1/(x - a))^{(n)} = (-1)^n n! / (x - a)^{n + 1}\) --- prouvé par récurrence directe.
- Pattern C --- puissance trigonométrique. Linéariser d'abord (chapitre Trigonométrie), puis dériver l'expression linéarisée terme à terme.
Exemple
Calculer \(\big(1/(x^2 - 1)\big)^{(n)}\) sur \(\mathbb{R} \setminus \{-1 \,;\, 1\}\) par Pattern B.
Éléments simples : \(1/(x^2 - 1) = (1/2) \big(1/(x - 1) - 1/(x + 1)\big)\). Avec \((1/(x - a))^{(n)} = (-1)^n n! / (x - a)^{n + 1}\) et linéarité : pour tout \(x \in \mathbb{R} \setminus \{-1 \,;\, 1\}\) (autrement dit, sur chaque intervalle du domaine), $$ \left(\frac{1}{x^2 - 1}\right)^{(n)} = \frac{(-1)^n n!}{2} \left( \frac{1}{(x - 1)^{n + 1}} - \frac{1}{(x + 1)^{n + 1}} \right). $$
Compétences à pratiquer
- Définir une probabilité par sa distribution
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